Africa-Press. L’Afrique a enregistré en 2025 la croissance la plus rapide jamais observée dans le solaire, portée par une vague de projets à l’échelle des services publics. Le continent pourrait ajouter plus de six fois la capacité annuelle installée l’an dernier d’ici 2029, selon un rapport sectoriel relayé par Bloomberg.
L’Afrique a ajouté environ 4,5 gigawatts (GW) de nouvelles capacités solaires en 2025, soit une hausse de 54 % par rapport à l’année précédente, dépassant le record établi en 2023 et les prévisions à moyen terme, d’après le Conseil mondial de l’énergie solaire, cité par Bloomberg.
Les ajouts ont été menés par l’Afrique du Sud avec 1,6 GW, suivie du Nigeria (803 mégawatts) et de l’Égypte (500 mégawatts).
Hausse attendue d’ici 2029 et besoins financiers
Selon les données rapportées par Bloomberg, l’Afrique pourrait installer plus de 33 GW de capacité solaire d’ici 2029, parallèlement à l’expansion des marchés des systèmes distribués et des projets à grande échelle dans un nombre croissant de pays.
Le rapport précise que la réalisation de cette trajectoire « dépend de l’alignement du financement, de la planification et de la réglementation avec la réalité du marché ».
Des dirigeants de plusieurs grandes entreprises de mini-réseaux solaires estiment qu’environ 46 milliards de dollars seront nécessaires d’ici 2030 pour atteindre les objectifs d’électrification dans 29 pays africains participant à un programme soutenu par la Banque mondiale, selon Bloomberg.
Ce montant se répartirait comme suit:
– environ 28 milliards de dollars de dette ;
– 14 milliards de dollars en fonds propres ;
– 4,6 milliards de dollars sous forme de dons et de subventions.
Deux trajectoires de transition énergétique
Bloomberg souligne que l’Afrique suit de facto deux transitions énergétiques parallèles:
– une transition pilotée par les gouvernements, axée sur des projets solaires raccordés au réseau et à grande échelle, financés par des fonds publics et de développement ;
– une transition portée par le secteur privé, fondée sur les installations en toiture, les projets commerciaux et les solutions distribuées adoptées par les ménages et les entreprises.
Toutefois, les cadres de financement « peinent à suivre le rythme », puisque près de 82 % des financements de l’énergie propre en Afrique proviennent encore de sources publiques et de développement, orientant les structures de capital principalement vers les grands projets.
« L’espoir de l’Afrique »
La directrice générale du Conseil mondial de l’énergie solaire, Sonia Dunlop, a déclaré — dans un communiqué accompagnant le rapport et cité par Bloomberg — que « le solaire et le stockage sont l’espoir de l’Afrique ».
Elle a ajouté: « Ce sont les technologies capables d’apporter l’accès à l’énergie, le développement durable, la croissance verte et la résilience face aux catastrophes naturelles ».
Au vu de ces chiffres, le déploiement du solaire s’accélère à un rythme sans précédent sur le continent, tandis que la concrétisation de son potentiel dépendra de la capacité des systèmes de financement et de régulation à suivre un marché en rapide mutation.





