Africa-Press. Le chef du Alliance démocratique (DA), deuxième parti politique d’Afrique du Sud, John Steenhuisen, a annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la tête du parti lors du congrès prévu en avril, une décision susceptible de fragiliser la coalition gouvernementale.
La DA est entrée en 2024 dans un gouvernement de coalition avec son rival historique, le Congrès national africain (ANC), après la perte de la majorité parlementaire de ce dernier.
À la tête du parti pro-entreprises depuis 2019, Steenhuisen occupe actuellement le poste de ministre de l’Agriculture dans le gouvernement du président Cyril Ramaphosa.
Âgé de 49 ans, il était largement pressenti pour se représenter, mais aurait renoncé à sa candidature en raison de plusieurs controverses.
« Pour le reste de ce mandat, je consacrerai toute mon énergie à mon rôle de ministre de l’Agriculture afin de lutter contre la pire épidémie de fièvre aphteuse jamais connue par notre pays », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Steenhuisen a entamé sa carrière politique à 22 ans, lorsqu’il a été élu au conseil municipal de la ville portuaire de Durban pour le Parti démocratique, ancêtre de la DA.
Il a progressivement gravi les échelons au sein du parti avant d’en prendre la direction près de vingt ans plus tard, à la tête d’une formation historiquement soutenue par une base électorale majoritairement blanche.
Alors qu’il devait initialement être candidat sans opposition, sa décision serait liée à plusieurs facteurs, notamment un différend avec l’ancien ministre de l’Environnement Dion George, ainsi qu’à des accusations d’abus de carte de crédit du parti, dont il a été blanchi en janvier.
Il a également été critiqué pour sa gestion de la crise de la fièvre aphteuse, des agriculteurs accusant son ministère d’entraver la réponse à l’épidémie, selon le site News24.
Malgré les tensions, la coalition entre la DA et l’ANC a tenu jusqu’à présent, illustrant un partenariat inédit depuis la fin de l’apartheid et la transition démocratique de 1994 sous Nelson Mandela.
Aucun candidat officiel n’a encore émergé pour lui succéder, mais le maire du Cap, Geordin Hill-Lewis, est souvent cité comme successeur potentiel, bien qu’il ait indiqué ne pas vouloir se présenter contre son ami proche.





