La CEMAC Suspend Ses Activités Face à une Crise Financière

20
La CEMAC Suspend Ses Activités Face à une Crise Financière
La CEMAC Suspend Ses Activités Face à une Crise Financière

Africa-Press. La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a annoncé la suspension temporaire de ses activités en raison d’une grave crise financière causée par une pénurie aiguë de ressources, plaçant l’institution régionale face à des défis sans précédent menaçant sa pérennité.

Une note interne fait état d’une « dégradation continue de la situation financière » de la Commission, ayant atteint un niveau critique mettant en péril l’existence même de l’institution. Selon la Commission, la décision de suspension vise à réduire immédiatement les dépenses, avec l’arrêt des réunions administratives et des missions officielles non essentielles prévues dans le budget 2026. Le président de la Commission, Baltazar Engonga, a indiqué que cette mesure s’inscrit dans une politique d’austérité, la qualifiant de décision administrative interne nécessaire à ce stade critique.

La CEMAC avait déjà pris une série de mesures à Brazzaville afin d’éviter un « choc majeur » susceptible de perturber son fonctionnement, dans le cadre d’efforts visant à contenir la détérioration financière.

De son côté, l’économiste Djimadoum Mandikor, ancien cadre à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), a estimé que la situation n’était pas surprenante, notant que certains responsables institutionnels n’avaient pas perçu leurs salaires depuis deux mois. Il a ajouté que le vice-président de la Commission avait effectué une tournée dans quatre pays pour mobiliser des financements, sans succès, laissant la Commission dans une « situation extrêmement difficile ».

Les origines de la crise financière remontent à des défaillances dans la collecte de la taxe communautaire d’intégration, principale source de revenus de la CEMAC. Mandikor a expliqué que cette taxe sur les importations « n’est pas automatiquement versée », les États membres conservant les recettes sans les transférer à la Commission, ce qui reflète également les tensions de trésorerie auxquelles chaque pays est confronté.

La Commission exhorte les États membres à mettre en place un mécanisme indépendant de collecte de cette taxe en tant que ressource dédiée et distincte des budgets nationaux. À ce jour, le Gabon est le seul pays à avoir appliqué ce mécanisme, ayant transféré 10,5 milliards de livres sterling en 2025, tandis qu’aucune donnée financière récente n’est disponible pour les autres États. Les estimations indiquent que la Commission n’a perçu l’an dernier que moins de la moitié du montant dû au titre de la taxe d’intégration.

Dans ce contexte de crise persistante, la Commission maintiendra une suspension temporaire de plusieurs de ses activités, ce qui, selon les experts, devrait entraîner des retards dans les projets d’infrastructures régionales, entraver la libre circulation des personnes et ralentir le processus d’intégration économique en Afrique centrale.

Toutefois, la Commission poursuivra la mise en œuvre des activités classées comme « hautement stratégiques », notamment celles liées à la souveraineté monétaire et aux engagements internationaux des États membres.

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) vise à promouvoir la paix et un développement harmonieux entre ses États membres dans le cadre de la création d’une union économique et monétaire. Elle regroupe le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici