Africa-Press. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a déclaré que l’« extermination » du peuple palestinien devait cesser, alors que des dizaines de chefs d’État se réunissaient à Addis-Abeba pour le 39e sommet de l’Union africaine.
« Au Moyen-Orient, la Palestine et la souffrance de son peuple interpellent aussi nos consciences. L’extermination de ce peuple doit s’arrêter », a déclaré Youssouf samedi.
Il a ajouté que le droit international et le droit international humanitaire doivent rester le socle de la communauté internationale, et a appelé à la levée du blocus israélien sur les biens humanitaires entrant dans le territoire palestinien assiégé.
La guerre d’Israël contre Gaza a fait au moins 72 045 morts et 171 686 blessés depuis octobre 2023, et se poursuit malgré un « cessez-le-feu ».
Conflits à travers l’Afrique
Youssouf a également évoqué plusieurs conflits sur le continent, appelant à « faire taire les armes ».
« Du Soudan au Sahel, en passant par l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la Somalie et ailleurs, nos peuples continuent de payer le lourd tribut de l’instabilité », a-t-il déclaré.
Le sommet a réuni, sur deux jours, des dirigeants des 55 États membres de l’Union africaine. La réunion devait se concentrer sur les guerres et la sécurité, les défis de gouvernance, les menaces pesant sur la démocratie et le changement climatique — ainsi que sur des priorités telles que l’assainissement et les chocs climatiques liés à l’eau.
Message de l’ONU et réforme du Conseil de sécurité
Dans son discours au sommet, le secrétaire général des Nations unies a décrit l’Union africaine comme un « vaisseau amiral du multilatéralisme » à un moment de « division et de méfiance » à l’échelle mondiale.
Il a aussi renouvelé ses appels en faveur d’un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU, estimant que l’absence de représentation permanente est « indéfendable ».
« Nous sommes en 2026, pas en 1946. Quelles que soient les décisions concernant le monde africain qui se prennent autour de la table, l’Afrique doit être à la table », a-t-il déclaré.
Eau, développement et pressions régionales
Le thème du sommet de cette année était centré sur l’eau et l’assainissement. Le Premier ministre éthiopien a mis en avant la préservation de l’eau comme un enjeu central du développement.
« L’eau est plus qu’une simple ressource. Elle est le fondement du développement, de l’innovation et de la stabilité », a-t-il déclaré. « Ici, en Éthiopie, nous avons appris qu’une gestion responsable de l’eau est essentielle pour orienter le développement avec sagesse. »
À travers l’Afrique, les tensions liées à l’eau se croisent avec des différends entre États — comme les tensions autour du Nil — mais aussi avec des conflits internes, notamment des affrontements entre agriculteurs et éleveurs pour l’accès aux terres arables, des manifestations contre l’échec des services publics, et des flambées épidémiques après de grandes inondations et sécheresses.
Malgré la place centrale de l’eau, des questions non résolues depuis l’an dernier — comme la réduction de l’aide mondiale — restent préoccupantes, avec des avertissements indiquant que les financements n’atteignent pas les populations dans le besoin.
Développements sécuritaires sur le terrain
Plusieurs conflits majeurs devaient également figurer en bonne place à l’ordre du jour, notamment la guerre en RDC, qui a entraîné déplacements massifs et famine, la guerre au Soudan depuis près de trois ans, ainsi que la reprise des combats dans le Soudan du Sud voisin.
À l’ouverture du sommet samedi, au moins quatre explosions ont été signalées près d’une base militaire alignée sur le gouvernement à Dilling, dans le Kordofan du Sud, après que des drones des Forces de soutien rapide (RSF) ont visé la ville.
Démographie et instabilité politique
L’Afrique représente environ un cinquième de la population mondiale, avec une estimation de 1,4 milliard d’habitants, dont environ 400 millions âgés de 15 à 35 ans.
Dans le même temps, le continent compte parmi les dirigeants les plus anciens et les plus longtemps en poste au monde — souvent critiqués comme déconnectés — un déséquilibre que certains analystes relient à une hausse des prises de pouvoir militaires et d’autres dérives antidémocratiques, notamment dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest, dont le Mali, le Burkina Faso, la Guinée, le Niger et la Guinée-Bissau.
Selon certains observateurs, le sommet pourrait offrir une occasion d’aligner les priorités continentales avec des partenaires internationaux, dans un contexte de débats plus larges sur un « nouvel ordre mondial », de recomposition des alliances et d’attention accrue portée à la Chine.





