FT: Mille Tonnes D’Uranium Nigérien Visées par Daech

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FT: Mille Tonnes D’Uranium Nigérien Visées par Daech
FT: Mille Tonnes D’Uranium Nigérien Visées par Daech

CE Qu’Il Faut Savoir

Les autorités militaires du Niger ont transféré près de 1 000 tonnes d’uranium vers Niamey, mais la vente est bloquée par des complications juridiques avec la France. Une attaque récente sur une base aérienne a exacerbé les tensions, tandis que le pays cherche des acheteurs potentiels, notamment en Russie, malgré les risques de sécurité.

Africa-Press. La presse a rapporté que les autorités militaires au pouvoir au Niger ont transféré depuis novembre dernier près de 1 000 tonnes d’uranium des mines d’Arlit, dans le nord du pays, vers la capitale Niamey, en vue de les proposer à la vente sur les marchés internationaux.

La valeur de la cargaison est estimée à environ 240 millions de dollars, mais elle n’a pas encore été vendue en raison de complications juridiques avec la France, ainsi que de graves risques de sécurité liés à des menaces de l’État islamique.

La cargaison est actuellement stockée dans une base aérienne près de l’aéroport de Niamey, qui a subi fin janvier une attaque armée surprise visant la base et l’aéroport, ciblant des drones, revendiquée par l’État islamique. Cependant, le Niger a accusé la France d’être derrière cette attaque.

Un responsable occidental a déclaré que l’attaque avait été un coup embarrassant pour le pouvoir militaire, qui a pris le contrôle par un coup d’État en 2023 et a promis de rétablir la stabilité dans le pays, ajoutant: “Niamey était censée être sûre, mais ce n’est plus le cas.”

Les raisons pour lesquelles le Niger n’a pas pu vendre la cargaison sont liées à des tensions juridiques avec la France, selon le rapport. La société Orano, qui gérait les mines d’uranium pendant des décennies avant la nationalisation de ses actifs en juin dernier, a déclaré que l’action du Niger constituait une tentative de s’approprier une ressource stratégique valant des centaines de millions.

Orano a porté l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, qui a émis en septembre dernier un ordre interdisant au Niger de “vendre, transférer ou faciliter le transfert” du stock d’uranium, tout en affirmant que la société était prête à prendre “toutes les mesures nécessaires” même contre des tiers, selon le rapport.

En revanche, le ministre des Mines du Niger, le colonel Ousmane Abarchi, a déclaré: “Notre pays est libre de gérer ses richesses, et nous pouvons vendre à qui nous voulons, en discutant avec les Russes, les Chinois et les Américains”, soulignant que la vente ne se ferait qu’aux parties que le Niger considère comme responsables.

Cependant, des experts ont averti qu’il serait difficile de trouver un acheteur en raison des défis juridiques, le consultant Oulf Lasing ayant déclaré au journal: “Tout acheteur devra faire face à la France sur le plan juridique, donc le Niger a besoin d’un État voyou pour acheter la cargaison”, avec des analystes suggérant que la Russie pourrait être l’acheteur.

Parallèlement, des sources proches de la direction ont indiqué que le Niger avait un besoin urgent de vendre le stock pour compenser les caisses de l’État qui s’amenuisent, mais ont averti des risques liés à la dépendance à la Russie pour conclure la transaction sur le marché noir.

Le rapport a précisé que l’exportation de la cargaison est entourée de grands risques après la fermeture de la route traditionnelle via le Bénin suite au coup d’État de 2023, ce qui a poussé les autorités à envisager de transporter l’uranium par voie terrestre à travers le Burkina Faso jusqu’au port de Lomé au Togo, en passant par des zones à forte activité des groupes armés, ce qui pourrait nécessiter une protection militaire lourde, probablement russe, pour garantir le passage sécurisé de la cargaison.

Le Niger, riche en ressources naturelles, a longtemps été un acteur clé dans l’industrie de l’uranium, fournissant une part importante de l’approvisionnement mondial. Cependant, les récents changements politiques, notamment le coup d’État de 2023, ont entraîné des tensions avec des partenaires historiques comme la France, qui a des intérêts stratégiques dans le pays. La situation actuelle met en lumière les défis auxquels le Niger est confronté pour gérer ses ressources tout en naviguant dans un environnement international complexe.

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