CE Qu’Il Faut Savoir
Des tensions militaires croissantes au Tigré, en Éthiopie, mettent en péril l’accord de paix de 2022. Les forces fédérales et régionales se rassemblent, suscitant des inquiétudes quant à un nouvel affrontement. Les experts appellent à des efforts internationaux pour éviter une escalade du conflit. La situation reste volatile et préoccupante.
Africa-Press. Les tensions de conflit refont surface dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie, avec des rapports faisant état de mouvements militaires massifs entre l’armée fédérale éthiopienne et les forces du Tigré. Cette situation menace l’accord de paix de Pretoria, fragile, qui a mis fin en 2022 à l’une des guerres les plus sanglantes du XXIe siècle.
Une source diplomatique, citée par une agence de presse locale, a déclaré que “les forces de défense nationale éthiopiennes encerclent le Tigré”, tout en notant que les forces régionales “se déploient également vers leurs frontières”.
La présence d’un si grand nombre de troupes face à face “n’est pas un bon signe”. Parallèlement, une source locale dans le Tigré a confirmé la présence de grandes concentrations des deux côtés, avertissant que le risque de guerre augmentera si la communauté internationale n’exerce pas de pression pour résoudre les différends par le dialogue.
Ces développements surviennent alors que l’accord de paix, qui a mis fin à la guerre civile (2020-2022), n’a pas été entièrement mis en œuvre, et après des affrontements entre l’armée fédérale, soutenue à l’époque par des milices locales et l’armée érythréenne, et les forces du Tigré en janvier dernier.
La guerre précédente a fait au moins 600 000 morts, selon des estimations de l’Union africaine. Cette tension militaire coïncide avec une détérioration des relations régionales entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Après avoir combattu ensemble contre les forces du Tigré, les liens entre les deux pays se sont récemment détériorés, l’Éthiopie accusant le gouvernement érythréen de fournir des armes aux rebelles, ce que le gouvernement érythréen dément.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a appelé la semaine dernière les parties au conflit à prendre des mesures urgentes pour désamorcer la situation “avant qu’il ne soit trop tard”.
Il convient de rappeler que l’Érythrée a obtenu son indépendance de l’Éthiopie en 1993 et que les deux pays ont mené une guerre frontalière entre 1998 et 2000, qui a fait des dizaines de milliers de morts.
Pour comprendre les complexités de la crise croissante, il est essentiel d’examiner les principaux acteurs impliqués dans le conflit et leurs évolutions récentes:
Le gouvernement fédéral (Addis-Abeba): dirigé par le pouvoir central sous la présidence d’Abiy Ahmed, il s’appuie sur l’armée fédérale éthiopienne comme bras armé pour mettre en œuvre ses stratégies.
Les forces de défense du Tigré (TDF): représentant l’aile militaire du Front de libération du peuple du Tigré, elles défendent les frontières de la région et les zones contestées (comme Tselimti), utilisant des techniques de brouillage pour contrer la supériorité aérienne fédérale.
L’Érythrée (l’acteur imprévisible): elle est passée d’un allié stratégique d’Abiy Ahmed en 2020 à un “adversaire suspect” en 2026, Addis-Abeba l’accusant de s’allier secrètement avec ses anciens ennemis du Tigré pour entraver les ambitions régionales de l’Éthiopie.
Les milices locales: parmi lesquelles la milice amharique “Fano”, qui contrôle des territoires contestés, rendant le conflit interconnecté entre les ambitions du pouvoir central et les conflits ethniques sur la terre et les ressources.
L’Éthiopie a connu un conflit majeur entre le gouvernement fédéral et les forces du Tigré, qui a débuté en 2020 et a duré jusqu’en 2022, entraînant la mort de centaines de milliers de personnes. L’accord de paix signé en 2022 a mis fin à cette guerre, mais son application reste incomplète, et des tensions subsistent entre les différents acteurs de la région.
L’indépendance de l’Érythrée en 1993 a également marqué un tournant dans les relations entre les deux pays, qui ont connu une guerre frontalière de 1998 à 2000. Ces conflits historiques continuent d’influencer la dynamique actuelle entre l’Éthiopie, le Tigré et l’Érythrée, exacerbant les tensions régionales.





