Le Congo Propose Ses Riches Mines de Tantale aux États‑Unis

22
Le Congo Propose Ses Riches Mines de Tantale aux États‑Unis
Le Congo Propose Ses Riches Mines de Tantale aux États‑Unis

CE Qu’Il Faut Savoir

La République démocratique du Congo a inclus la mine de Rubaya, contrôlée par des rebelles, dans une liste d’actifs stratégiques proposée aux États-Unis. Cette initiative vise à renforcer les investissements américains dans le secteur minier congolais, malgré les défis liés à la sécurité et à la gouvernance dans la région.

Africa-Press. La République démocratique du Congo a ajouté la mine de Rubaya, contrôlée par des rebelles, à une liste restreinte d’actifs stratégiques qu’elle propose aux États-Unis dans le cadre d’une coopération minière, selon un document gouvernemental consulté par une source locale.

Un responsable congolais de haut niveau et un diplomate américain ont confirmé l’inclusion de Rubaya dans la liste présentée lors d’une réunion entre la République démocratique du Congo et les États-Unis à Washington le 5 février, visant à renforcer leur partenariat stratégique dans le secteur minier, convenu en décembre. Ils ont parlé sous condition d’anonymat en raison de la sensibilité du sujet.

Cette démarche place la mine de Rubaya – bien qu’elle soit contrôlée par les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda – dans les efforts de Kinshasa pour attirer des investissements américains dans l’est de la RDC, riche en minéraux mais en proie à des conflits.

Cela pourrait permettre à Washington d’accéder au tantale, un métal résistant à la chaleur extrait du minerai de coltan, utilisé dans la fabrication de semi-conducteurs, de composants aéronautiques, d’ordinateurs, de téléphones mobiles et de turbines à gaz.

Le document indique que la RDC estime que la mine de Rubaya nécessite entre 50 et 150 millions de dollars pour être relancée et augmenter sa production commerciale, avec un retour rapide sur investissement en raison de la demande mondiale croissante pour le tantale.

Les États-Unis cherchent à accéder à une variété de ressources naturelles dans leur quête pour contrer la domination de la Chine en Afrique et établir un stock stratégique de minéraux essentiels.

Le document du gouvernement de la République démocratique du Congo affirme que Rubaya pourrait fournir des approvisionnements en tantale “totalement traçables et exemptes de conflits” et conformes aux règles d’achat américaines.

La mine de Rubaya produit 15 % de la production mondiale de coltan. Située au Nord-Kivu, elle contient plusieurs milliers de tonnes de coltan avec des concentrations de tantale variant entre 20 et 40 %. Cette mine représente environ 15 % de la production mondiale de coltan et est entièrement extraite à la main par des habitants pauvres qui gagnent quelques dollars par jour.

L’ONU a rapporté dans un rapport l’année dernière que la mine et les collines environnantes restent sous le contrôle des rebelles du M23, dont l’occupation a contribué à l’essor des réseaux de contrebande organisés vers le Rwanda.

L’ONU estime que les rebelles, que le Rwanda nie soutenir, collectent au moins 800 000 dollars par mois grâce aux taxes imposées sur la production et le commerce du coltan de Rubaya.

Le M23 et son allié politique, l’Alliance du fleuve Congo, sont soumis à des sanctions américaines et ne sont pas parties à l’accord de paix en difficulté entre la RDC et le Rwanda, médié par le président américain Donald Trump en décembre. Les affrontements se poursuivent malgré l’accord.

Les deux parties ont critiqué le cadre minier, le qualifiant de “gravement défectueux”, et ont souligné la nécessité pour Kinshasa de s’abstenir de négocier de nouveaux partenariats miniers tant que les combats persistent.

Un responsable de haut niveau du groupe a déclaré à une source locale que l’objectif du M23 “n’est pas les mines, mais la libération de notre peuple”. Il a ajouté que Kinshasa, en proposant la mine de Rubaya à Washington malgré son absence de contrôle, vise à inciter les États-Unis à rétablir militairement la région au profit du gouvernement congolais.

Le responsable, qui a demandé à rester anonyme en raison de la sensibilité des discussions, a précisé qu’une entité privée – et non l’État congolais – détient le droit d’exploitation minière, et que tout conflit futur démontrera que le président Félix Tshisekedi “ne contrôle pas tous les sites miniers”. Il a évité de donner des détails sur la propriété de la mine.

Le département d’État américain a informé une source locale que la RDC avait officiellement présenté la liste préliminaire des réserves d’actifs stratégiques lors d’une réunion tenue le 5 février, mais le département n’a pas divulgué ces actifs.

En vertu de l’accord-cadre, les entreprises américaines bénéficieront d’un accès prioritaire aux actifs, ce que Washington affirme viser à promouvoir des investissements transparents, à créer des emplois et à contribuer à établir une stabilité à long terme en République démocratique du Congo.

Le département d’État américain a ajouté que les entreprises du secteur privé qualifiées sont désormais invitées à demander la liste des actifs prioritaires et à exprimer leur intérêt pour des projets éligibles.

Parmi les autres projets figurant sur la liste des priorités de la RDC pour les investisseurs américains, on trouve la mine géante de lithium de Manono en Tanganyika et le complexe de Shituru pour le cuivre et le cobalt.

Les projets proposés incluent les projets Hot Katanga et Lualaba, l’expansion du projet STL pour le germanium et le gallium à Lubumbashi, et trois raffineries de cobalt.

La liste comprend également des projets hydroélectriques liés à la société minière publique Gécamines, ainsi que la part de la RDC dans le corridor ferroviaire de Lobito – un projet visant à transporter des minéraux essentiels d’Afrique centrale vers l’ouest – et des sites d’exploration majeurs pour l’or, tels que Kibalé Sud et Moku Biverandi, selon le document.

La RDC et plusieurs entreprises américaines ou alliées ont signé des accords d’approvisionnement préliminaires dans le cadre de l’accord de sécurité minière, dans le cadre des efforts plus larges de Washington pour réduire la domination chinoise sur les minéraux essentiels congolais. Le document gouvernemental ne précise pas les noms des entreprises américaines qui ont été contactées, ni ne confirme le début de négociations officielles.

La République démocratique du Congo (RDC) est riche en ressources minérales, notamment le coltan, qui est essentiel pour l’industrie technologique. Cependant, la région est marquée par des conflits armés et des luttes de pouvoir, ce qui complique l’exploitation de ces ressources. Les groupes rebelles, comme le M23, contrôlent certaines mines, ce qui entraîne des problèmes de gouvernance et de droits de l’homme.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici