CE Qu’Il Faut Savoir
La justice mozambicaine a interrogé d’anciens responsables, dont un ancien chef de police et un ancien ministre de l’Intérieur, dans le cadre d’une enquête sur des violences survenues après les élections de 2024-2025. Ces interrogatoires font suite à une plainte d’une ONG concernant des violations des droits humains. Les familles des victimes seront également entendues.
Africa-Press. La justice mozambicaine a interrogé le précédent chef de la police, Bernardino Rafael, et l’ancien ministre de l’Intérieur, Pascoal Ronda, dans le cadre d’enquêtes sur des violences survenues après les élections entre octobre 2024 et mars 2025.
Cette démarche fait suite à une plainte déposée par l’organisation de la société civile “Disaid” en avril dernier, accusant les anciens responsables d’être impliqués dans des décès et des violations des droits humains liés à la crise. Cet interrogatoire est le deuxième pour les deux hommes depuis le début de l’enquête.
Les anciens responsables ont été présents pendant moins d’une heure au bureau du procureur. Selon une source proche de l’affaire, “c’est normal, l’objectif principal était de les informer des prochaines étapes de l’enquête”.
Au cours des dernières semaines, le parquet a tenu une série d’auditions, impliquant des responsables du ministère de l’Intérieur, des membres du commandement de la police et des agents des forces de l’ordre à Maputo et dans plusieurs provinces.
Alors que les procédures avancent, le parquet se prépare maintenant à entendre les familles des victimes et des survivants, ainsi que des représentants d’organisations de la société civile. Le procureur devrait prendre une décision finale sur l’éventuelle transmission de l’affaire à la justice après ces auditions.
Dans ce contexte, Wilker Dias, coordinateur de la plateforme “Disaid”, a exprimé son optimisme quant à l’enquête, déclarant: “Je suis très confiant, l’affaire se dirige vers un procès”.
Malgré les critiques répétées de l’organisation concernant ce qu’elle considère comme un manque d’indépendance du système judiciaire au Mozambique, Dias souligne que ce qui se passe représente “une occasion unique de prouver que le système judiciaire peut fonctionner”, insistant sur le fait que “la recherche de justice est une étape essentielle dans le processus de réconciliation nationale.”
Depuis les élections de 2024, le Mozambique a été secoué par des violences qui ont soulevé des préoccupations sur les droits humains. Les tensions politiques, exacerbées par des accusations de fraude électorale, ont conduit à des affrontements entre les partisans des différents partis. Les enquêtes en cours visent à établir les responsabilités et à restaurer la confiance dans le système judiciaire du pays.





