CE Qu’Il Faut Savoir
Le Tchad a annoncé le renforcement de sa présence militaire à la frontière avec le Soudan, suite à des affrontements qui ont eu lieu du côté soudanais. Ce déploiement vise à prévenir toute nouvelle incursion et à protéger la sécurité des citoyens tchadiens, après des incidents ayant causé des pertes humaines.
Africa-Press. Dans des développements sécuritaires rapides à la frontière entre le Tchad et le Soudan, l’armée tchadienne a annoncé le renforcement de sa présence militaire dans la ville frontalière de Tine, suite à des affrontements survenus du côté soudanais qui ont affecté la sécurité sur le territoire tchadien.
L’armée tchadienne a déployé des chars et une série d’armes lourdes et légères le long du passage frontalier, par précaution contre une éventuelle nouvelle violation de la part du Soudan, où des combats armés se produisent parfois, ayant des répercussions sur le côté tchadien.
Ces mesures visent, selon le Tchad, à empêcher la répétition d’opérations qui ont précédemment entraîné la mort et des blessures de nombreux soldats tchadiens, ainsi que des victimes parmi les civils. L’armée tchadienne a affirmé son engagement à protéger ses frontières et à empêcher l’extension de la violence depuis le territoire soudanais vers sa ville frontalière de Tine.
Jusqu’à nouvel ordre
Tine est divisée en deux parties, l’une relevant de l’État du Nord-Darfour à l’extrême ouest du Soudan, et l’autre appartenant à l’État de Wadi Fira au Tchad. Un petit ravin appelé “Ab Soun” sépare les deux localités.
Le gouvernement tchadien a annoncé la fermeture de ses frontières avec le Soudan “jusqu’à nouvel ordre”, après ce qu’il a qualifié de “violations répétées commises par des forces soudanaises en conflit à l’intérieur du territoire tchadien”, selon un communiqué du ministère de l’Information tchadien.
Cette décision est intervenue deux jours après que l’armée soudanaise et les forces qui lui sont loyales au Darfour ont repoussé une attaque menée par les Forces de soutien rapide sur la ville de Tine, entraînant des affrontements frontaliers avec les forces tchadiennes.
Le Tchad avait déjà condamné en janvier dernier une précédente incursion de ces mêmes forces sur son territoire, qui avait causé la mort de sept militaires et le déplacement d’autres, considérant cet incident comme “une agression inacceptable et une violation grave et répétée de son intégrité territoriale et de sa souveraineté”.
Les Forces de soutien rapide ont reconnu l’incursion en territoire tchadien, mais ont qualifié l’incident de “non intentionnel” et ont déclaré qu’il était survenu en raison d’une “erreur”.
Impact de la fermeture sur les points de passage
La décision du Tchad de fermer les points de passage frontaliers avec le Soudan suspend également le mouvement des personnes et des marchandises, bien que des exceptions puissent être accordées pour des raisons humanitaires après obtention d’une autorisation des autorités compétentes.
La longueur de la frontière terrestre entre les deux pays est d’environ 1400 km, et elle compte quatre principaux points de passage: Adré, Tine, Am Dakhin et For Buranga, qui ont joué un rôle essentiel dans l’acheminement de l’aide humanitaire vers le Darfour au cours des derniers mois.
Le Tchad accueille également plus d’un million de réfugiés fuyant les conflits armés au Soudan, en République centrafricaine et au Cameroun, ce qui rend la situation frontalière sensible tant sur le plan humanitaire qu’en matière de sécurité.
La situation à la frontière entre le Tchad et le Soudan est tendue depuis plusieurs années, en raison de conflits armés récurrents dans la région du Darfour. Ces tensions ont souvent conduit à des incursions sur le territoire tchadien, provoquant des réactions militaires de la part de N’Djamena. En janvier dernier, des affrontements avaient déjà causé la mort de plusieurs soldats tchadiens, exacerbant les inquiétudes concernant la sécurité régionale.





