Africa-Press. Le gouvernement sud-africain a convoqué l’ambassadeur des États-Unis à Pretoria, Leo Brent Bozell III, à la suite de déclarations jugées « non diplomatiques », signe d’un élargissement du fossé entre les deux pays.
Le ministre des Affaires étrangères Ronald Lamola a indiqué que son pays avait demandé à l’ambassadeur d’expliquer ses récentes déclarations sur des violations présumées contre la minorité blanche, qui ont suscité une vive polémique. Il a souligné que « l’Afrique du Sud n’acceptera aucune tentative de ramener la société aux divisions raciales ».
Cette démarche intervient dans un contexte de pressions continues de l’administration du président américain Donald Trump sur le gouvernement du président Cyril Ramaphosa, fondées sur des accusations selon lesquelles la minorité blanche afrikaner serait victime de persécutions.
L’an dernier, Washington avait imposé des droits de douane de 30 % sur les exportations sud-africaines, avant qu’ils ne soient annulés par décision judiciaire. Les États-Unis ont également accordé le statut de réfugié à des Afrikaners blancs, tout en suspendant l’accueil de la plupart des autres catégories de réfugiés.
Des déclarations controversées
L’ambassadeur Bozell, connu pour sa proximité avec Trump et son activité dans les médias conservateurs, a suscité de vives critiques lors de sa première apparition publique devant des chefs d’entreprise. Il a qualifié un chant issu de la lutte contre l’apartheid de « discours de haine », alors que la justice sud-africaine l’avait auparavant considéré comme faisant partie du contexte de la lutte contre le régime de la minorité blanche.
Bien qu’il ait ensuite précisé sur la plateforme X qu’il s’agissait d’une « opinion personnelle », ses propos sur les politiques d’action positive en faveur des Noirs ont aggravé la crise, lorsqu’il les a comparées aux pratiques de l’apartheid — une comparaison fermement rejetée par le chef de la diplomatie sud-africaine.
Une tension plus large
La tension actuelle ne constitue pas un cas isolé. Des pays européens comme la France et la Belgique ont également convoqué des ambassadeurs américains ces derniers mois en raison de déclarations jugées contraires aux usages diplomatiques.
Selon certains observateurs, la nomination de personnalités controversées comme ambassadeurs reflète une tendance américaine à utiliser la diplomatie dans des batailles politiques et idéologiques, ce qui pourrait entraîner davantage de frictions avec des partenaires internationaux.
Alors que Pretoria insiste sur le fait que ses politiques visent à corriger l’héritage de l’apartheid et à promouvoir la justice sociale, les relations avec Washington semblent susceptibles de se tendre davantage, surtout si les déclarations américaines continuent de remettre en question la trajectoire sud-africaine depuis 1994.





