Africa-Press. Le Parlement européen a adopté, à une large majorité, une résolution non contraignante appelant à la libération « immédiate et inconditionnelle » du président élu du Niger, Mohamed Bazoum, détenu depuis le coup d’État militaire de juillet 2023.
Âgé de 66 ans, Bazoum avait été élu en 2021 avant d’être renversé lors d’un coup d’État mené par le général Abdourahamane Tiani en juillet dernier. Depuis, il est détenu avec son épouse dans une aile du palais présidentiel à Niamey.
La résolution, présentée par le groupe du Parti populaire européen et plusieurs autres groupes parlementaires, a été adoptée par 524 voix pour, contre 2 et 29 abstentions. Les députés ont estimé que la détention prolongée de Bazoum constitue « une arrestation arbitraire », avertissant que son maintien en détention au-delà de la fin officielle de son mandat, le 2 avril prochain, serait « un échec grave ».
Selon le Parlement européen, aucune information fiable sur la situation de Bazoum et de son épouse n’a été rendue publique depuis plus d’un an. Il serait privé de contact avec son avocat ou sa famille et ne recevrait qu’un accès limité aux soins médicaux. Cette situation suscite une inquiétude croissante parmi les députés européens, qui ont insisté sur la nécessité de respecter ses droits fondamentaux.
Dimensions internationales
Le député français Christophe Gomart, à l’origine de l’initiative, a souligné que Bazoum était « un partenaire clé des forces européennes au Sahel », notamment dans la lutte contre le terrorisme, le trafic d’armes et d’êtres humains, ainsi que pour la stabilité régionale.
Des observateurs estiment que cette résolution reflète l’inquiétude européenne face aux conséquences du coup d’État sur les efforts de lutte contre les groupes armés dans la région du Sahel, surtout après le retrait de certaines forces occidentales du Niger depuis l’arrivée au pouvoir du conseil militaire.
Bien que la résolution ne soit pas contraignante, elle met en lumière les pressions internationales croissantes exercées sur les autorités nigériennes pour libérer le président élu. À l’approche de la fin de son mandat constitutionnel, la position européenne soulève des questions sur l’avenir des relations entre Niamey et ses partenaires occidentaux, ainsi que sur la capacité du régime militaire à faire face à une isolement international grandissant.





