Africa-Press. Quatre-vingt-quatre soldats des forces armées de la République démocratique du Congo se présentent devant le tribunal militaire, accusés de “mutinerie”, “refus de combattre” et “détournement de munitions”, suite à des événements survenus plus tôt cette année dans la ville de Kisangani, capitale de la province de Tshopo.
Les faits remontent au mois de février dernier dans la localité de Binga, située dans la province de Walikale au Nord-Kivu, où les soldats concernés ont refusé de participer aux combats, justifiant leur décision par le non-paiement de leurs droits financiers, y compris les primes liées aux opérations militaires.
Ce refus a entraîné des échanges de tirs au sein de la localité, un comportement strictement prohibé au sein de l’institution militaire. Ces développements interviennent dans un contexte de tensions persistantes liées à la guerre contre les rebelles du mouvement du 23 mars, également connu sous le nom de “Alliance des forces pour le changement”, que les autorités congolaises accusent de recevoir un soutien de l’armée rwandaise, ce qui complique davantage le paysage sécuritaire de la région.
Les audiences du procès ont débuté devant le tribunal militaire de la garnison de Kisangani, la première session étant consacrée à l’identification des accusés, tandis que la phase d’enquête officielle commencera le lundi suivant. Le commandant de la troisième zone de défense a renvoyé l’affaire devant la justice militaire, soulignant que ce procès vise à servir de modèle dissuasif pour les autres troupes.
Pour sa part, l’avocat de la défense a évoqué ce qu’il a qualifié de manque de preuves, estimant que les procédures judiciaires pourraient nuire à la stabilité de l’armée. Les soldats accusés sont détenus depuis environ deux mois dans la prison militaire de Kisangani et risquent des peines pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité en cas de condamnation.





