Africa-Press. Le 5 mai 2026, l’Éthiopie a accusé les forces armées soudanaises de fournir des armes et un soutien financier aux combattants de la région du Tigré, dans une nouvelle escalade des tensions entre les deux pays. Cette accusation fait suite aux allégations de Khartoum concernant l’implication d’Addis-Abeba dans des frappes de drones visant l’aéroport de la capitale soudanaise.
Le ministère des Affaires étrangères éthiopien a déclaré que l’armée soudanaise soutenait ce qu’elle a qualifié de “mercenaires” liés au Front de libération du peuple du Tigré, une force politique et militaire importante dans la région nord. Il a été précisé que leurs activités au Soudan sont “bien connues” et qu’il existe “de nombreuses preuves fiables” indiquant que le Soudan est devenu un centre pour les mouvements hostiles à l’Éthiopie. Addis-Abeba a également fermement rejeté les accusations soudanaises concernant son implication dans l’attaque de l’aéroport de Khartoum, les qualifiant de “sans fondement”.
En réponse, les autorités soudanaises ont convoqué leur ambassadeur en Éthiopie pour des consultations, une démarche qui reflète l’intensification des tensions diplomatiques entre les deux parties. Un rapport d’un laboratoire de recherche de l’Université de Yale, publié début avril, a révélé des indications selon lesquelles une base militaire éthiopienne près de la frontière avec le Soudan aurait apporté un soutien aux Forces de soutien rapide soudanaises, ajoutant une nouvelle dimension aux complexités de la situation régionale.
Le porte-parole de l’armée soudanaise, soutenu par des documents, a présenté les trajectoires des drones qui ont ciblé Khartoum lundi, affirmant que certains avaient été interceptés.
Des vidéos ont montré que ces drones avaient décollé de l’aéroport de Bahir Dar, en Éthiopie, le même itinéraire emprunté par un drone intercepté en mars dernier, dont les données ont révélé qu’il avait décollé du même endroit.
L’armée soudanaise a indiqué que les drones utilisés étaient de type “Bayraktar Akıncı”, fabriqués en Turquie, et portaient des numéros de série liés aux Émirats arabes unis, ce qui soulève des accusations de soutien extérieur dans le conflit.
Pour sa part, Khartoum a accusé à la fois l’Éthiopie et les Émirats d’avoir violé la souveraineté nationale et le droit international, affirmant par la voix de son ministre des Affaires étrangères qu’elle ne cherche pas à initier une agression, mais a averti que “quiconque nous attaque fera face à une réponse”.
Cette escalade se produit alors que le Soudan est en guerre depuis avril 2023 entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide, tandis que les craintes en Éthiopie grandissent quant à un possible regain de conflit dans la région du Tigré, qui a émergé en 2022 d’une guerre civile sanglante ayant coûté la vie à au moins 600 000 personnes.





