L’Angola Alimente le Marché depuis Cabinda

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L’Angola Alimente le Marché depuis Cabinda
L’Angola Alimente le Marché depuis Cabinda

Africa-Press. La nouvelle raffinerie de Cabinda en Angola a commencé à approvisionner le marché local en carburant, une étape qui reflète les efforts de Luanda pour réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers et renforcer ses capacités nationales en matière de raffinage et de sécurité énergétique.

Située dans la province pétrolière de Cabinda (au nord du pays), la raffinerie a entamé sa phase opérationnelle la semaine dernière, avec des prévisions indiquant qu’elle contribuera à alléger la pression sur la facture d’importation de carburant élevée en Angola.

Le projet est également perçu comme une partie d’un plan plus large visant à réduire les milliards de dollars dépensés chaque année pour l’importation de carburant, transformant l’Angola en un futur centre régional de raffinage dans la région de l’Afrique australe.

Un rapport a indiqué que l’unité de traitement principale de la raffinerie a commencé sa production, permettant ainsi le début de l’approvisionnement en carburant raffiné aux consommateurs locaux.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de Luanda visant à diminuer la dépendance au carburant importé et à renforcer sa présence sur le marché énergétique de l’Afrique australe.

Bien que l’Angola soit l’un des plus grands producteurs de pétrole brut en Afrique, elle a longtemps dépendu des importations de produits pétroliers raffinés en raison de ses capacités de raffinage limitées.

Les responsables estiment que l’expansion de la capacité de raffinage locale est un élément essentiel pour protéger l’économie des fluctuations des prix du carburant à l’échelle mondiale et réduire les pressions résultant du soutien aux combustibles.

La raffinerie de Cabinda devrait jouer un rôle important dans cette transformation. Un rapport précédent a indiqué que la première phase du projet était conçue pour traiter environ 30 000 barils de pétrole brut par jour, avec des plans pour augmenter la capacité à 60 000 barils par jour à l’avenir.

La raffinerie est gérée avec le soutien d’une société d’investissement britannique, ainsi que de la société pétrolière nationale angolaise.

Cette dernière fournit à la raffinerie le pétrole brut, tandis que l’installation, dans sa première phase, se concentre sur la production de diesel, de naphta (un carburant hautement inflammable) et de carburant pour avions.

Le lancement du projet intervient à un moment critique pour l’économie angolaise, alors que le gouvernement continue de travailler à l’élimination progressive des subventions sur le carburant, une étape politique sensible qui a déjà suscité des manifestations dans plusieurs régions du pays.

L’expansion du secteur du raffinage coïncide également avec un intérêt régional croissant pour le projet de raffinerie de Lobito, alors que les pays voisins cherchent des chaînes d’approvisionnement en carburant plus stables.

Malgré le démarrage de la raffinerie de Cabinda, le projet de la raffinerie de Lobito, de plus grande envergure, reste un pilier de la stratégie à long terme de Luanda dans le secteur de l’énergie.

La raffinerie en construction dans la province de Benguela devrait atteindre une capacité de raffinage d’environ 200 000 barils par jour à son achèvement, ce qui en fera l’une des plus grandes installations de raffinage de la région de l’Afrique australe.

Les autorités affirment que le projet a déjà réalisé environ 25 % de ses travaux de construction, tandis que la société pétrolière nationale a investi plus de 1,5 milliard de dollars dans le projet jusqu’à présent.

Cependant, le financement reste un défi majeur, alors que la société pétrolière nationale cherche à obtenir un financement supplémentaire d’environ 4,8 milliards de dollars, y compris des négociations avec des institutions financières chinoises pour compléter les prochaines phases de construction.

Les responsables affirment que le projet se poursuivra même sans investisseurs étrangers, et Luanda prévoit de conserver une participation majoritaire dans le projet dans le cadre de toute future collaboration.

La raffinerie de Lobito a suscité l’intérêt de plusieurs pays voisins à la recherche d’approvisionnements stables en carburant, notamment le Botswana et la Zambie, alors que les économies de l’Afrique australe cherchent à réduire leur dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés.

Les analystes estiment que l’expansion de l’Angola dans le secteur du raffinage reflète une tendance plus large en Afrique, où les gouvernements accordent une priorité croissante à la fabrication locale plutôt qu’à l’exportation de pétrole brut et à l’importation de carburant raffiné à des coûts élevés.

Le président angolais a défendu à plusieurs reprises la stratégie de son pays d’élargir ses capacités de raffinage, affirmant que les tensions géopolitiques mondiales et les perturbations des marchés de l’énergie soulignent l’importance de renforcer la production locale de carburant.

Lors d’une déclaration la semaine dernière dans la capitale Luanda, il a déclaré que les récentes perturbations au Moyen-Orient avaient mis en évidence la nécessité d’augmenter les capacités de raffinage et d’assurer un accès stable au carburant.

Des experts en énergie estiment que l’expansion de l’Angola dans les projets de raffinage pourrait à l’avenir lui permettre de devenir un fournisseur régional de produits pétroliers, réduisant ainsi la dépendance des pays de la région aux importations en provenance d’Europe et d’Asie, et soutenant la croissance industrielle en Afrique australe d’ici 2026 et au-delà.

Bien que l’Angola demeure l’un des principaux producteurs de pétrole brut en Afrique, elle continue d’importer une grande partie de ses besoins en carburant raffiné, ce qui reflète l’ampleur des ambitions que le pays cherche à réaliser dans le secteur du raffinage.

Actuellement, le fonctionnement réussi de la raffinerie de Cabinda représente une étape importante pour l’Angola, qui cherche à se transformer d’un simple fournisseur de pétrole brut en un producteur intégré d’énergie.

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