Africa-Press. Les autorités de la région de Puntland en Somalie ont annoncé qu’elles ne faisaient plus partie de l’armée somalienne, jusqu’à ce qu’un accord global soit atteint avec le gouvernement fédéral concernant les questions conflictuelles liées à la structure de l’État et au secteur de la sécurité.
Cette décision fait suite à une réunion gouvernementale présidée par le président de la région, Said Abdullahi Deni, dans la capitale Garowe, consacrée à l’examen des conditions de sécurité et politiques dans l’État. Les autorités ont décidé de suspendre leur participation à l’armée nationale jusqu’à ce que tous les points de désaccord avec le gouvernement central soient résolus, notamment le mécanisme de construction des forces armées au niveau fédéral.
La présidence de la région a confirmé avoir donné des instructions à toutes les institutions de sécurité qui lui sont rattachées de ne pas permettre à des forces ou des véhicules ne relevant pas des agences de la région de rester ou de circuler sur le territoire de l’État sans l’approbation des autorités locales. Cette décision reflète une montée des tensions entre Garowe et Mogadiscio dans un contexte de désaccords croissants concernant les modifications constitutionnelles et la répartition des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les États membres de l’union somalienne.
Le président de la région de Puntland avait précédemment déclaré qu’il ne reconnaissait pas la légitimité du président somalien, Hassan Sheikh Mohamud, considérant que les récentes modifications constitutionnelles adoptées par le parlement fédéral avaient été faites de manière unilatérale et n’avaient pas bénéficié d’un consensus national. Ces développements surviennent après des mois de tensions politiques et sécuritaires entre les deux parties, incluant des affrontements armés limités entre les forces de l’État et les forces fédérales, suscitant des craintes d’une aggravation des divisions au sein de l’État somalien.
Des observateurs estiment que la décision de Puntland représente un nouveau défi pour le gouvernement fédéral à un moment où le pays fait face à des défis sécuritaires complexes, notamment la guerre contre le groupe Al-Shabaab, en plus des désaccords persistants avec la région du Somaliland qui continue de revendiquer sa reconnaissance en tant qu’État indépendant.
Il convient de noter que ces dernières années, les désaccords entre le gouvernement de la région et le gouvernement fédéral se sont intensifiés concernant le partage des pouvoirs, des ressources et les modifications constitutionnelles. La décision récente intervient alors que Mogadiscio cherche à restructurer les institutions de sécurité et à renforcer l’autorité de l’État central, tandis que certaines régions s’accrochent à leurs larges prérogatives dans le cadre du système fédéral.





