Le phosphate devient une arme stratégique… La Tunisie et le Maroc au cœur de l’équation mondiale

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Dans un rapport conjoint publié par une source locale, rédigé par des chercheurs, il a été conclu que la Tunisie et le Maroc possèdent une opportunité historique de redéfinir la carte de la sécurité alimentaire mondiale, après que la Chine a poussé les États-Unis à reconsidérer radicalement leurs chaînes d’approvisionnement en phosphate, qui est aujourd’hui classé parmi les minéraux stratégiques pour la sécurité nationale américaine.

Le rapport considère que la décision de Pékin de suspendre les exportations de phosphate jusqu’en août 2026 n’était pas simplement une mesure commerciale, mais un message géopolitique révélant la fragilité de la dépendance des États-Unis à un seul fournisseur pour sécuriser l’un des principaux composants de la production alimentaire.

Un choc chinois qui a secoué Washington

La crise a commencé lorsque les exportations de phosphate de la Chine, le plus grand producteur d’engrais au monde, sont tombées d’environ 950 000 tonnes en mars 2025 à seulement 13 000 tonnes en un mois, avant que les autorités chinoises n’annoncent officiellement en décembre 2025 la suspension des exportations jusqu’en août 2026.

Cette décision a entraîné une augmentation des prix de l’engrais phosphate diammonique de 28 % en un an, plaçant les agriculteurs américains face à une crise sans précédent à l’approche de la saison des semences.

Les rédacteurs du rapport estiment que Pékin a prouvé qu’il était prêt à utiliser les ressources naturelles comme une arme stratégique, tout comme il l’a fait auparavant avec les exportations de métaux rares.

Washington reconnaît son erreur

Le rapport note que la réponse américaine est venue tardivement, puisque l’Institut géologique américain a annoncé en novembre 2025 l’inclusion du phosphate pour la première fois dans la liste des “minéraux critiques” nécessaires à la sécurité économique et nationale des États-Unis.

Cela signifie que le phosphate n’est plus considéré simplement comme une matière première pour la production d’engrais, mais est devenu un élément stratégique touchant à la sécurité alimentaire et à la souveraineté nationale.

Cependant, les chercheurs soulignent que le simple classement du phosphate comme minéral critique ne résout pas le problème, car les États-Unis ne disposent pas de réserves suffisantes pour couvrir leurs besoins agricoles.

Pourquoi les États-Unis ne peuvent-ils pas compter sur eux-mêmes?

Le rapport explique que les États-Unis possèdent déjà des mines de phosphate dans des États comme la Floride, l’Idaho et la Caroline du Nord, mais que la production américaine est en déclin continu depuis des décennies en raison de:

– L’augmentation des coûts d’extraction.

– Le renforcement des réglementations environnementales.

– La dégradation de la qualité des réserves restantes.

– L’incapacité de la production locale à répondre à la demande agricole.

– De plus, les alliés traditionnels de Washington comme le Canada, l’Australie et l’Union européenne ne disposent pas de réserves capables de combler ce déficit.

Dès lors, le rapport affirme que la recherche de nouveaux partenaires est devenue une nécessité stratégique et non un choix économique.

Le Maroc… le géant mondial du phosphate

Le rapport indique que le Maroc constitue la pierre angulaire de toute nouvelle stratégie occidentale, car il détient environ 70 % des réserves mondiales connues de phosphate, un pourcentage exceptionnel qui n’a guère d’égal sur le marché des matières premières.

Au cours des trois dernières décennies, l’Office chérifien des phosphates a réussi à établir un système industriel intégré comprenant:

– L’extraction du phosphate.

– Sa transformation en engrais de haute valeur.

– La création d’usines modernes.

– Le développement de ports et de logistiques mondiales.

– L’investissement dans la sécurité alimentaire en Afrique.

Le rapport ajoute que le port de Tanger Med a fait du Maroc un centre logistique reliant l’Europe, l’Afrique et les marchés mondiaux.

La Tunisie… le maillon manquant

Malgré la domination du Maroc, le rapport considère que la dépendance à un seul fournisseur reste un risque stratégique, ce qui fait de la Tunisie, selon les chercheurs, “le maillon manquant” dans la construction d’un système de phosphate plus sûr.

Le rapport souligne que la Tunisie possède environ 2,5 milliards de tonnes de réserves de phosphate, mais n’a pas investi suffisamment en raison de:

– Des troubles politiques.

– L’interruption de la production due aux manifestations.

– Un faible investissement.

– Une infrastructure vieillissante.

Les rédacteurs de l’étude estiment que ces défis ne représentent pas seulement une faiblesse, mais constituent également une grande opportunité pour lancer des projets de modernisation avec le soutien américain et européen.

Selon le rapport, la Tunisie bénéficie de plusieurs avantages stratégiques difficiles à remplacer:

– Une position géographique au centre de la mer Méditerranée.

– Une proximité directe avec les marchés européens.

– Une expérience historique dans l’industrie du phosphate.

– Des ports capables de développer les exportations d’engrais.

– Une base industrielle pouvant être modernisée rapidement.

Les chercheurs proposent que la Tunisie devienne une extension industrielle du Maroc, où le Maroc fournirait l’expertise, les capacités industrielles et le financement, tandis que la Tunisie offrirait des réserves supplémentaires et une position géographique garantissant la diversification des chaînes d’approvisionnement.

Un nouveau projet américain

Le rapport suggère de lancer un partenariat américano-maghrébin sous le titre “phosphate contre infrastructure” basé sur un financement international d’institutions telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et l’Agence américaine pour le développement international, incluant:

– La modernisation des mines de phosphate tunisiennes.

– Le développement des chemins de fer.

– La modernisation des ports.

– La création de nouvelles usines de production d’engrais.

– L’introduction de technologies respectueuses de l’environnement.

– La numérisation des chaînes d’approvisionnement marocaines et tunisiennes.

– La formation d’ingénieurs et de techniciens pour réduire l’émigration des compétences.

La dimension politique

Le rapport ne néglige pas la dimension politique, notant que la Tunisie fait face à des défis liés au climat d’investissement et à la gouvernance.

Les chercheurs estiment que tout investissement américain à grande échelle doit s’accompagner de:

– Le renforcement de la transparence.

– L’amélioration du cadre juridique.

– La garantie de la stabilité des lois régissant l’investissement.

– L’élévation du niveau de gouvernance.

Cependant, ils avertissent en même temps de ne pas se contenter d’une politique de pressions politiques et de lier la coopération économique uniquement à des conditions démocratiques, considérant que l’investissement économique lui-même peut devenir un outil pour renforcer la stabilité et la réforme progressive.

Concurrence avec la Chine et la Russie

Le rapport met en garde que l’Afrique du Nord est devenue un terrain de compétition entre les grandes puissances, où les investissements chinois dans les ports et les infrastructures se sont étendus, tandis que la Russie a renforcé son influence au sud du Sahara, avec une présence croissante de l’Iran et de la Turquie.

Dans ce contexte, les chercheurs estiment que l’investissement américain dans le secteur du phosphate ne concerne pas seulement la sécurité alimentaire, mais représente également un moyen de consolider l’influence occidentale dans la région méditerranéenne.

Un nouveau corridor stratégique

Le rapport conclut que la création d’un corridor industriel marocain-tunisien pour le phosphate générera des bénéfices mutuels pour les deux parties.

Pour le Maroc, cela renforcera sa position en tant que plus grande puissance mondiale dans l’industrie des engrais et en tant que porte stratégique entre l’Afrique et l’Europe.

Quant à la Tunisie, elle bénéficiera d’un afflux d’investissements, de la modernisation de son infrastructure, du rétablissement de sa production historique de phosphate et de la reconquête de la confiance des investisseurs.

Les rédacteurs du rapport estiment que ce projet ne doit pas être considéré comme une concurrence entre Rabat et Tunis, mais comme un partenariat qui rend les deux pays plus importants pour les États-Unis et l’Europe, établissant le premier corridor industriel maghrébin capable de protéger la sécurité alimentaire occidentale dans un monde de plus en plus compétitif sur le plan géopolitique.

Le rapport se termine par un message clair indiquant que la bataille du phosphate n’est plus seulement une question d’engrais, mais fait désormais partie de l’équation de la sécurité nationale, et que celui qui contrôle ses chaînes d’approvisionnement sera mieux à même de protéger son économie et sa nourriture dans les décennies à venir.

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