Africa-Press. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a fermement rejeté les accusations portées contre elle concernant une ingérence dans les affaires intérieures de la Guinée-Bissau, affirmant que son rôle se limite à soutenir les efforts de médiation et d’accompagnement politique conformément au mandat collectif émis par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, dans un contexte de tensions politiques persistantes liées à la phase de transition et aux conséquences de la crise électorale dans le pays.
Cette position de la CEDEAO fait suite aux allégations soulevées par la commission électorale du candidat présidentiel précédent Fernando Dias da Costa, qui a accusé l’organisation régionale d’interférer dans le processus politique interne. La CEDEAO a réaffirmé son rejet catégorique de ces accusations, soulignant qu’elle n’interfère pas dans les affaires souveraines des États membres et que toutes ses actions se déroulent dans le cadre du mandat qui lui est accordé par les États membres.
L’organisation a précisé que sa mission en Guinée-Bissau se limite à mener des consultations techniques avec les autorités de transition concernant l’élaboration d’une feuille de route politique pour le retour à l’ordre constitutionnel, affirmant qu’elle n’a pas annoncé ni approuvé d’arrangements ou de mesures de nature constitutionnelle, et que ce qui a été réalisé ne dépasse pas le cadre des consultations techniques visant à soutenir le processus politique.
La Commission de la CEDEAO a insisté sur le fait que ces consultations ne doivent pas être interprétées comme une tentative d’influencer le cadre institutionnel de l’État ou d’imposer des orientations politiques, affirmant que toutes les décisions concernant l’avenir du pays relèvent de la compétence exclusive des institutions nationales de Guinée-Bissau et de la volonté de son peuple.
L’organisation a appelé toutes les parties politiques à faire preuve de retenue et à s’engager dans un dialogue constructif et responsable visant à renforcer la stabilité nationale et à préserver la cohésion interne, tout en préparant les conditions nécessaires pour ancrer le processus démocratique et réussir la phase de transition.
Ce débat survient alors que la crise politique qui a suivi le coup d’État du 26 novembre 2025 se poursuit, ayant entraîné la suspension du processus électoral avant l’annonce officielle de ses résultats finaux, plongeant le pays dans une phase de transition dirigée par l’institution militaire.
La phase de transition est actuellement dirigée par le général Horta Enta-A Na Man, en tant que chef de la haute direction militaire pour le rétablissement de la sécurité nationale et de l’ordre public, aux côtés d’un gouvernement de transition présidé par le Premier ministre Elídio Vieira T. Les autorités militaires ont justifié leur prise de pouvoir par l’existence d’une crise politique aiguë après les élections, ce qu’elles considéraient comme une menace pour la stabilité du pays, ce qui les a conduites à suspendre le fonctionnement des institutions de l’État et à adopter un calendrier pour la phase de transition.
La CEDEAO et l’Union africaine ont déjà condamné le changement anticonstitutionnel de pouvoir en Guinée-Bissau et ont décidé de suspendre l’adhésion du pays à plusieurs mécanismes régionaux, tout en poursuivant leurs efforts diplomatiques et de médiation visant à préparer les conditions nécessaires pour restaurer l’ordre constitutionnel.
En conclusion de son communiqué, la CEDEAO a réaffirmé son engagement à continuer de soutenir un processus politique pacifique et inclusif dirigé par les acteurs nationaux en Guinée-Bissau, contribuant ainsi à la réussite de la phase de transition et à la tenue des élections générales prévues en décembre 2026, considérées comme une étape clé pour restaurer l’ordre constitutionnel et la stabilité politique dans le pays.





