Africa-Press. Le gouvernement camerounais a rompu son silence concernant une affaire de décret présidentiel présumé déposé au siège de l’organisme de radiodiffusion et de télévision camerounais, confirmant qu’il y a eu une “tentative de diffusion d’un document falsifié” portant la nomination d’un vice-président de la République. Les interprétations varient entre ceux qui y voient une “tentative de coup d’État institutionnel” et ceux qui la considèrent comme une “mise en scène” pour détourner l’attention.
Détails de l’incident
Selon un communiqué officiel du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, une personne s’est présentée en juin dernier au siège de l’organisme à Yaoundé pour déposer une enveloppe fermée contenant un décret présidentiel présumé annonçant la nomination d’un vice-président de la République, portant les sceaux de la présidence et une signature attribuée au président Paul Biya.
Le communiqué précise que “les procédures de vérification internes au sein de l’organisme ont permis de détecter la falsification avant toute diffusion” et que le décret falsifié n’a été publié sur aucune des chaînes de l’institution publique. Il ajoute que le suspect a été arrêté et remis aux autorités compétentes, une enquête étant ouverte pour déterminer les circonstances de la tentative.
Le communiqué souligne que l’individu arrêté “n’appartient pas au personnel de la présidence de la République et n’a aucun mandat pour agir en son nom”. Bien que les autorités aient confirmé une tentative d’introduction d’un décret falsifié concernant la création du poste de vice-président de la République, elles n’ont pas fait mention d’un éventuel remaniement ministériel qui aurait été évoqué dans les récentes spéculations, appelant les citoyens à “se fier aux informations diffusées par les canaux officiels en attendant les conclusions de l’enquête judiciaire”.
Arrestation et enquête
Selon un rapport d’une source locale, le suspect a franchi les portes du siège de l’organisme en portant une enveloppe fermée contenant deux documents: le premier annonçant la nomination d’un vice-président de la République, et le second annonçant un large remaniement ministériel. La source a indiqué que les deux documents étaient “d’une qualité soignée”: sceaux officiels de la présidence, signature attribuée à Biya, et une présentation qui ne les distinguait pas immédiatement des décrets authentiques, l’objectif étant de les lire dans le bulletin d’information du soir sur la radio nationale.
Il a été rapporté qu’un journaliste de l’organisme a reçu l’enveloppe et a soupçonné son contenu, alertant ses supérieurs. Le directeur général a dû contacter certains collaborateurs du président présents à Genève pour vérifier, et la réponse a été que Biya n’avait signé aucun document. La source a ajouté que le suspect est “un diplômé d’une école des mines et appartient à une des confréries”, sans que ses motivations ou l’existence d’autres complices soient encore claires.
Interprétations variées
La source a présenté l’affaire comme oscillant entre “manipulation politique” et “tentative de coup d’État”, notant que le poste de vice-président, créé par la révision constitutionnelle d’avril dernier, est devenu “le poste de succession automatique”, et que la nomination d’une personne à ce poste, même par la falsification, aurait pu suggérer un héritier présumé.
En revanche, un académicien et homme politique, Jean Bahibek, a déclaré que “l’incident survenu au sein de l’organisme est probablement une mise en scène visant à détourner l’attention de l’opinion publique”, ajoutant que “si cela avait été réel, le pays aurait été en état de panique avec un renforcement de la sécurité et un couvre-feu”, rappelant que “le Cameroun dispose de l’un des meilleurs services de renseignement”.
Selon la même source, l’incident s’inscrit dans un contexte politique particulier, puisque Biya a annoncé le 31 décembre 2025 un remaniement ministériel qui n’a pas été mis en œuvre après six mois, dans un contexte de débat sur la question de la succession.





