Salah Rasas: le Darfour Restera une Partie du Soudan

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Salah Rasas: le Darfour Restera une Partie du Soudan
Salah Rasas: le Darfour Restera une Partie du Soudan

Africa-Press. Dans un contexte où les analyses internationales sur les scénarios de “division du Soudan” se multiplient après la prise de contrôle par les forces de soutien rapide de vastes parties des États de la région du Darfour, un membre du Conseil de souveraineté de transition, Salah al-Din Adam Tour, connu sous le nom de “Salah Rassas”, affirme que la région est un “ligne rouge” et ne deviendra pas une “État dans un État”, soulignant que les Darfouriens sont une partie intégrante du tissu soudanais et qu’ils n’accepteront pas la séparation de la région ou la prise d’une partie de celle-ci.

Les déclarations de Rassas interviennent alors que les forces armées soudanaises et la force conjointe continuent de remporter des victoires sur le terrain dans l’ouest du Darfour, ayant réussi à libérer des zones stratégiques telles que “Abu Qumra” et “Kulbus”, et à progresser vers “Jebel Mun” dans une étape qui pave la voie à la libération de Geneina, la capitale de l’ouest du Darfour.

Rassas a révélé des opérations militaires à grande échelle visant à “briser l’os” des forces de soutien rapide, affirmant que les forces armées et la force conjointe, composées de mouvements armés au Darfour, avancent avec détermination jusqu’à vaincre les forces de soutien rapide et sécuriser l’ensemble du pays. Il a précisé que l’accord de paix de Juba pour le Soudan stipule qu’il doit y avoir “une seule armée” dans le pays après la fin de la guerre.

Après plus de trois ans de guerre, comment évaluez-vous la situation actuelle dans la région du Darfour?

La guerre menée par les forces de soutien rapide contre le Darfour n’est pas simplement un conflit militaire, mais une guerre d’extermination systématique contre les civils dans une région qui vit des conditions humanitaires catastrophiques, notamment avec le déplacement de centaines de milliers de personnes et l’effondrement total des services essentiels.

Cependant, grâce à la résistance du peuple du Darfour et aux sacrifices de nos forces armées, nous commençons à percevoir des signes de victoire sur le terrain. Ce qui se passe au Darfour n’est pas simplement un conflit militaire, mais une guerre contre les civils eux-mêmes, visant à détruire les infrastructures et à forcer les populations à fuir.

Il y a des rapports faisant état de scénarios de division du Soudan, quelle est votre position sur ces appels?

Les habitants du Darfour sont une partie intégrante du peuple soudanais, et leur histoire est brillante et connue pour l’unité du pays. Le Darfour est une ligne rouge, et nous ne permettrons à personne de le transformer en un État dans un État. Ces appels ne sont que des illusions propagées par certaines parties dans le but de déstabiliser le pays, et ils ne représentent en aucun cas la volonté des Darfouriens. Quiconque pense qu’il peut séparer le Darfour du Soudan se trompe, car le sang versé au Darfour a toujours été pour préserver l’unité de ce pays.

Certains estiment que la formation d’un gouvernement “de fondation” à Nyala et les rapports sur l’émission de passeports et de monnaie parallèle sont des étapes concrètes vers la division, comment le gouvernement compte-t-il y faire face?

Ce qui se passe à Nyala n’est pas l’œuvre des forces de soutien rapide, mais des impositions extérieures visant à déchirer l’unité du Soudan. Ces tentatives sont désespérées et vouées à l’échec. Le gouvernement légitime, représenté par le Conseil de souveraineté, les forces armées et le Conseil des ministres, a des plans clairs pour récupérer chaque pouce du territoire soudanais, et nous ne permettrons à personne de diviser le pays.

L’avenir sera meilleur, et la victoire est proche, si Dieu le veut. Ce qui se passe à Nyala est une tentative désespérée de gagner en légitimité en exploitant la souffrance des civils.

Comment répondez-vous à ceux qui estiment que le modèle libyen est applicable au Darfour?

Le modèle libyen ne peut pas être appliqué au Soudan, car le Soudan n’est pas la Libye, et le Darfour n’est pas Benghazi ou Tripoli. L’expérience libyenne a été une catastrophe pour le peuple libyen, n’ayant engendré que le chaos et la destruction. Nous rejetons toute tentative de reproduire ce modèle échoué et affirmons que le Darfour restera une partie indivisible du Soudan, peu importe les sacrifices que cela nécessitera.

Les Darfouriens eux-mêmes rejettent ce modèle, et ils sont prêts à défendre l’unité de leur pays. Quiconque tente d’appliquer le modèle libyen au Darfour ne lit pas bien l’histoire, car la Libye n’a pas connu de stabilité depuis la division, mais est devenue un champ de bataille sanglant.

En février dernier, la mission d’enquête des Nations Unies a conclu que les pratiques des forces de soutien rapide à El Fasher s’apparentent à un “génocide”. Le 23 juin dernier, le Conseil de sécurité international a imposé des sanctions à quatre dirigeants de ces forces. Quelle est votre opinion sur ces descriptions internationales? Pensez-vous qu’elles changeront la position de la communauté internationale sur la guerre au Darfour?

Ce qui a été rapporté dans les rapports des Nations Unies n’est pas nouveau pour ceux qui connaissent la réalité de ce qui se passe au Darfour ; les forces de soutien rapide ont commis et continuent de commettre les pires formes de violations contre les civils, comme le confirment les rapports internationaux.

Les sanctions imposées par le Conseil de sécurité sont un pas dans la bonne direction, mais elles ne sont pas suffisantes. Nous demandons à la communauté internationale de prendre des mesures plus strictes contre les dirigeants de la milice. Les crimes commis au Darfour ne sont pas moins horribles que ceux de n’importe quel conflit armé dans le monde, et les responsables des forces de soutien rapide doivent être tenus responsables.

Une note officielle présentée par le gouvernement soudanais aux Nations Unies le 13 juin dernier a révélé la détention de plus de 21 000 personnes dans les prisons de Daqris et Shala dans des conditions qualifiées de “catastrophiques”, incluant la torture systématique et le refus de soins, ainsi que des rapports sur le trafic d’organes humains. Quelle est votre position sur ces rapports, et avez-vous des plans pour libérer ces détenus après la fin de la guerre?

Ce qui se passe dans les prisons des forces de soutien rapide est un crime complet ; la détention de dizaines de milliers de civils dans des conditions inhumaines, leur torture, et le refus de leurs droits les plus élémentaires, ainsi que le trafic de leurs organes, placent les forces de soutien rapide dans la catégorie des groupes terroristes.

Le gouvernement soudanais dispose d’un dossier complet sur ces violations et travaillera à les documenter en vue de poursuivre les responsables. La libération de ces détenus est l’une de nos priorités, et nous travaillerons à cela, tout en ouvrant une enquête indépendante sur toutes les violations qui ont eu lieu dans ces prisons.

Un rapport des Nations Unies en juin dernier a également documenté 546 incidents de violence sexuelle liés au conflit, et les rapports ont évoqué des ciblages ethniques systématiques, notamment contre certaines composantes. Comment le gouvernement traite-t-il ce dossier de ces crimes, et y aura-t-il des procès pour les personnes impliquées après la fin de la guerre?

Ces chiffres documentés par les Nations Unies font partie d’une tragédie plus grande ; le viol et la violence sexuelle ont été utilisés par les forces de soutien rapide comme arme de guerre pour humilier les communautés et détruire le tissu social. Ce n’est pas simplement une violence passagère, mais une politique systématique visant à détruire la dignité humaine au Darfour.

Le gouvernement soudanais est déterminé à tenir responsables tous ceux qui ont été impliqués dans ces crimes, et nous ne permettrons pas que ces violations passent sans punition. La justice transitionnelle sera l’un des dossiers les plus importants de l’après-guerre, et nous travaillerons avec la communauté internationale pour garantir que les coupables soient tenus responsables.

Qu’en est-il des opérations militaires en cours sur le terrain?

Les forces armées et la force conjointe mènent actuellement des opérations militaires à grande échelle sur différents fronts, visant à briser l’os des forces de soutien rapide et à les chasser de leurs bastions dans la région. La force conjointe sait comment combattre la milice, et se distingue par sa rapidité et sa capacité à manœuvrer. Les résultats commencent déjà à se manifester, et nous continuerons à faire pression jusqu’à atteindre nos objectifs complets. La guerre ne s’arrêtera pas tant que chaque pouce du Darfour ne sera pas libéré et que les déplacés ne seront pas rentrés chez eux.

Parlez-nous des dernières évolutions sur le terrain dans l’ouest du Darfour… Quelles sont les principales réalisations réalisées par l’armée et les forces conjointes ces derniers jours?

Au cours des derniers jours, l’armée soudanaise et les forces conjointes ont réalisé des avancées militaires significatives dans l’ouest du Darfour, se traduisant par la reprise de plusieurs zones stratégiques qui étaient sous le contrôle des forces de soutien rapide, dans un développement qui redessine la carte du conflit dans la région.

Dans l’État du Darfour-Nord, nos forces ont mené des opérations précises dans la région d’Abu Qumra, infligeant de lourdes pertes en vies humaines et en matériel à la milice, et ont réussi à la libérer complètement. Les forces ont également repris le contrôle d’autres zones dans la localité de Karnoi, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à sécuriser les zones frontalières avec le Tchad.

Dans l’État du Darfour-Ouest, la plus grande bataille a eu lieu dans la ville stratégique de Kulbus, située à environ 160 kilomètres au nord de Geneina. Des combats violents ont eu lieu, au cours desquels nos forces ont pu établir un contrôle total sur la ville et la localité, après que les forces de soutien rapide ont subi de lourdes pertes en vies humaines et en matériel.

Nos forces continuent de progresser sur différents axes dans une étape visant à resserrer l’étau autour des derniers bastions des forces de soutien rapide dans la région.

Entre le 15 et le 30 juin dernier, nos forces ont détruit de nombreux véhicules de combat appartenant aux forces de soutien rapide, en plus de faire tomber un drone stratégique. Ces réalisations sur le terrain confirment que les forces armées et conjointes avancent avec détermination et volonté jusqu’à vaincre la milice et sécuriser l’ensemble du pays.

Après la guerre, à quoi ressemblera l’armée soudanaise?

L’accord de paix de Juba pour le Soudan stipule qu’il doit y avoir une seule armée dans le pays, et c’est ce à quoi nous travaillons. La force conjointe avance dans cette direction, et cette tendance sera bientôt achevée. Il n’y a pas de place pour des forces armées en dehors de l’institution militaire régulière. C’est le seul chemin pour garantir la stabilité et l’unité du pays.

Le président du Conseil de souveraineté a appelé à un dialogue soudanais inclusif, quelles garanties le Conseil peut-il fournir pour réussir ce dialogue?

L’appel à un dialogue soudanais-soudanais inclusif est une proposition émanant du sommet de l’État, et le Conseil de souveraineté de transition est soucieux de réussir ce dialogue. Toutes les dispositions et garanties nécessaires seront fournies pour assurer le succès du processus. Le dialogue est le seul moyen de surmonter la crise actuelle et de construire un avenir radieux pour le Soudan, et nous tendons la main à tous ceux qui souhaitent le bien de ce pays.

Un dernier mot que vous souhaitez adresser au peuple soudanais et aux habitants du Darfour en particulier.

Je dis au peuple soudanais et à nos compatriotes du Darfour: ayez confiance que la victoire est proche, et que votre État ne vous abandonnera pas. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour rétablir la sécurité et la stabilité dans chaque pouce du territoire soudanais.

L’unité est notre destin, et la division ne sera pas. Le Darfour est une ligne rouge, et nous ne permettrons à personne de la franchir. Le Soudan restera un et indivisible, malgré toutes les conspirations qui se trament contre lui.

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