Daech Renforce Son Influence dans le Nord du Mozambique

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Daech Renforce Son Influence dans le Nord du Mozambique
Daech Renforce Son Influence dans le Nord du Mozambique

Africa-Press. Un rapport émanant d’une source locale a révélé un changement notable dans la stratégie de l’organisation à travers le monde, en particulier dans le nord du Mozambique. Il a été confirmé que l’organisation se concentre désormais sur l’établissement de sa présence dans la province de Cabo Delgado en cherchant à obtenir ce qui a été qualifié de “légitimité sociale” au sein des communautés locales, plutôt que de s’appuyer sur la violence excessive qui a caractérisé ses opérations durant les premières années de la rébellion.

Le rapport, intitulé “Comment l’organisation renforce sa présence au Mozambique?”, indique que l’organisation est actuellement active dans une zone s’étendant sur plus de 100 kilomètres le long de la côte et environ 50 kilomètres à l’intérieur des terres. Elle cherche à établir un bastion côtier permanent à Cabo Delgado par un mélange de prosélytisme religieux, de coercition et de construction de relations avec les habitants.

Le rapport souligne que l’organisation a adopté ces dernières années une approche moins violente par rapport à la période précédant 2022, qui a été marquée par des attaques qualifiées de “brutales”, y compris un incident où près de cinquante civils ont été décapités dans la région de Moatide en 2020.

Ce changement a été attribué aux évolutions militaires survenues dans la région en 2021, lorsque des forces ont été déployées aux côtés d’une mission régionale, ce qui a conduit à la démantèlement de plusieurs bases de rebelles au sud de la ville de Mocímboa da Praia, les chassant de la ville et réduisant considérablement leurs effectifs. Cela a poussé l’organisation à réévaluer ses méthodes pour assurer sa survie et regagner de l’influence.

Le rapport mentionne également une autre explication à ce changement, à savoir l’émergence de critiques internes au sein de l’organisation, car un grand nombre de ses membres proviennent de villes et de villages de Cabo Delgado, ce qui a rendu l’usage de la violence contre les populations locales contestable au sein de ses rangs. Il a également été noté que le leader opérationnel actuel de l’organisation, Fredo Slimani, est originaire de la ville de Mocímboa da Praia, située près du centre de commandement du mouvement de libération de Moatide.

Le rapport indique que l’organisation a intensifié récemment ses efforts pour influencer les populations locales, notamment à travers les mosquées, où elle cherche à diffuser ses idées religieuses et à renforcer sa présence au sein des communautés. Selon des vidéos examinées par une source locale, les discours des membres de l’organisation se concentrent sur des questions de loyauté, l’application de la charia et l’avertissement contre l’établissement de relations avec des non-musulmans, dans une tentative de présenter l’organisation comme une autorité légitime alternative à l’État.

Il a été ajouté que l’organisation exploite le mécontentement populaire envers les autorités centrales à Maputo, ainsi que ce qui a été décrit comme une faiblesse des résultats des opérations militaires conjointes menées par les forces mozambicaines et rwandaises. Cela contribue, selon le rapport, à une diminution de la confiance de certains habitants envers le gouvernement et à un renforcement des sentiments d’hostilité envers les entreprises étrangères opérant dans le secteur gazier, notamment Total Energies.

Le rapport souligne également que les forces mozambicaines font face à des accusations répétées de violations des droits des civils lors des opérations militaires, ce qui est exploité par les groupes armés pour renforcer leur discours et gagner la sympathie de certains habitants.

Il cite le témoignage d’un habitant d’un village côtier donné en mars dernier, qui a déclaré: “Quand nous voyons les soldats, nos cœurs s’accélèrent. Il vaut mieux affronter les rebelles que les soldats”, soulignant un climat de peur et de méfiance qui prévaut dans certaines zones touchées par le conflit.

Le rapport se termine par une évaluation jugée particulièrement préoccupante, affirmant qu’aucune branche de l’organisation n’est parvenue à établir une influence sociale sur les populations civiles au même degré que ce qui est observé actuellement dans le nord du Mozambique, ce qui reflète une évolution qualitative dans ses méthodes et sa capacité à s’infiltrer au sein des communautés locales.

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