Tchad Rejette Accusations de Répression de L’Opposition

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Tchad Rejette Accusations de Répression de L’Opposition
Tchad Rejette Accusations de Répression de L’Opposition

Africa-Press. Le gouvernement tchadien a répondu aux accusations portées contre lui concernant des pratiques répressives de la part des services de sécurité, à la suite des critiques soulevées lors de sessions internationales tenues à Genève.

Cette réponse, rendue publique le 12 mars, intervient après que plusieurs organisations de défense des droits humains ont exprimé leurs inquiétudes face à ce qu’elles décrivent comme une intensification des pressions sur l’opposition politique dans le pays.

Des organisations de la société civile avaient auparavant dénoncé, lors de réunions tenues début mars à Genève, une augmentation de ce qu’elles considèrent comme des pratiques répressives de la part de l’Agence nationale de sécurité de l’État au Tchad, un service de renseignement directement rattaché à la présidence de la République.

Parmi les organisations ayant soulevé ces accusations figurent la Ligue tchadienne des droits de l’homme et l’Organisation mondiale contre la torture, qui ont évoqué une intensification des pressions contre les opposants politiques et les militants.

En réponse à ces accusations, le ministre tchadien de la Justice et garde des sceaux chargé des droits humains, Youssouf Tom, a reconnu que certains abus pouvaient se produire occasionnellement, mais il a insisté sur le fait que le système judiciaire du pays intervient pour traiter ces cas lorsqu’ils sont avérés.

Il a expliqué que les affaires relevant de la compétence des tribunaux sont effectivement transmises à la justice pour enquête, soulignant qu’aucun État n’est dépourvu de services de renseignement, mais que le défi réside dans la bonne gestion de leur action.

Le ministre a ajouté qu’il est nécessaire d’aborder ces accusations avec objectivité, appelant toutes les parties — organisations de la société civile, journalistes et responsables — à s’en tenir aux faits lorsqu’elles traitent de ces questions.

Cette controverse intervient dans le contexte des critiques formulées les 5 et 6 mars devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, lors de l’examen du troisième rapport périodique présenté par le Tchad sur la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

Au cours de ces sessions, des organisations de défense des droits humains ont présenté une série d’accusations concernant une campagne de répression visant l’opposition politique dans le pays, qu’elles ont liée notamment aux actions des services de sécurité nationale.

Selon ces organisations, près de 200 cas de disparition forcée et 600 arrestations ont été enregistrés lors de ce qui est connu sous le nom de « Jeudi noir » au Tchad en 2022, une appellation donnée à la répression qui a accompagné les manifestations déclenchées le 20 octobre 2022 et les jours suivants. Les rapports indiquent qu’environ 80 mineurs figuraient parmi les personnes arrêtées.

Les ONG ont également affirmé que certains détenus ont été soumis à la torture et à des mauvais traitements, en plus d’être détenus dans des conditions qu’elles ont qualifiées d’inhumaines. Elles ont également signalé ce qu’elles considèrent comme des restrictions croissantes à la liberté d’expression et un rétrécissement de l’espace des libertés civiles au Tchad ces derniers temps.

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