Africa-Press – Gabon. À l’ouverture de la 32e édition du forum Investing in African Mining Indaba, le ministre gabonais des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a défendu une vision souveraine et pragmatique des minerais critiques. Rejetant toute approche uniformisée, il a appelé les pays africains à définir eux-mêmes leurs priorités minières, en fonction de leurs réalités économiques et stratégiques, tout en mettant en avant l’attractivité et le potentiel minier du Gabon.
Intervenant ce lundi 9 février 2026 à l’ouverture de la 32e édition du forum Investing in African Mining Indaba, le ministre gabonais des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, a livré une analyse structurée et engagée sur la notion de minerais critiques, appelant à une lecture spécifiquement africaine de cet enjeu stratégique mondial.
Pour le membre du gouvernement, la désignation des minerais dits «critiques» ne saurait être uniforme ni dictée par des standards extérieurs. Elle doit, au contraire, reposer sur les priorités économiques, industrielles et stratégiques propres à chaque pays. «En Afrique, nous devons choisir nous-mêmes les minerais qui sont critiques pour nos économies. Ce choix doit dépendre de nos priorités nationales et de notre structure de production», a-t-il souligné devant un parterre de décideurs, d’industriels et d’investisseurs internationaux.
Illustrant son propos, Sosthène Nguema Nguema a rappelé que le manganèse constitue, pour le Gabon, un minerai critique de premier plan, au regard de son rôle central dans l’économie nationale et de la position du pays comme deuxième producteur mondial. Le ministre a également cité le minerai de fer, notamment à travers le projet d’exploitation du gisement de Bélinga, appelé à devenir un levier majeur de croissance et de transformation économiques.
Selon lui, un minerai ne devient véritablement critique que lorsqu’il est adossé à des enjeux nationaux clairs et mesurables, traduits par des indicateurs de développement. «Tant qu’il n’y a pas d’enjeux nationaux, on ne peut pas parler de minerai critique. C’est le caractère stratégique du minerai pour l’économie d’un pays qui lui confère ce statut», a-t-il insisté, précisant que cette approche est largement partagée dans les échanges tenus à Indaba Mining.
Le potentiel minier gabonais présenté à plusieurs investisseurs
En marge des débats stratégiques, le ministre a fait état de rencontres jugées fructueuses avec plusieurs investisseurs internationaux, à qui le potentiel minier gabonais a été présenté. Parmi les ressources suscitant un intérêt croissant figurent les terres rares, dont le Gabon dispose d’un potentiel encore peu connu. «Plusieurs investisseurs ont été agréablement surpris. Certains sont déjà en phase d’exploration et pourraient très prochainement passer à l’exploitation», a-t-il indiqué.
Réaffirmant l’attractivité du pays, Sosthène Nguema Nguema a rassuré sur la solidité du cadre institutionnel et juridique, rappelant que la politique géostratégique de l’État gabonais, tout comme la Constitution, garantit la sécurisation des investissements. Il a enfin mis en avant la transformation locale du manganèse, aujourd’hui estimée à environ 40 %, présentée comme un levier essentiel de création de valeur, d’emplois et de développement durable, en droite ligne de la vision portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
À travers sa participation à Indaba Mining 2026, le Gabon réaffirme ainsi son ambition de bâtir une industrie minière souveraine, stratégique et créatrice de richesse, tout en se positionnant comme une destination crédible pour les investisseurs responsables.





