Africa-Press – Gabon. Au ministère des Eaux et Forêts, la valorisation de l’okoumé est parmi les principaux sujets de réflexion. Ce lundi 9 février s’est tenue une réunion de travail avec la société BIOKOUME à l’issue de laquelle le ministre Maurice Ntossui Ollogo a annoncé des avancées scientifiques prometteuses autour de la résine de cet arbre phare du patrimoine forestier gabonais. Entre cosmétique, santé et création d’emplois ruraux, l’État ambitionne désormais de structurer une véritable filière de bio-industrie forestière.
Le Gabon cherche à franchir une nouvelle étape dans la transformation locale de ses ressources naturelles. Dans une publication rendue publique sur ses réseaux sociaux, le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Ollogo, a annoncé avoir conduit une séance de travail avec l’équipe de BIOKOUME autour de la recherche appliquée sur l’okoumé, essence emblématique des forêts gabonaises.
Le membre du gouvernement indique avoir présidé «une séance de travail (…) consacrée à la valorisation scientifique et économique de l’okoumé et de sa résine». Selon lui, les travaux de recherche ont franchi un cap décisif. «Après deux années de recherche (phase I), les résultats confirment le fort potentiel de plusieurs extraits à usage cosmétique et santé, avec un premier actif désormais prêt à la commercialisation», a-t-il souligné.
Cette orientation marque un tournant: l’okoumé n’est plus envisagé uniquement comme bois d’exportation destiné au placage ou au contreplaqué, mais comme matière première pour la chimie verte et la biotechnologie.
Vers une bio-industrie forestière
Au-delà de la recherche, la rencontre a également permis d’esquisser la suite du programme. Le ministre explique que la phase II du projet portera sur «la croissance de la filière, la protection de la ressource génétique, la traçabilité [et] la durabilité». L’enjeu est double: sécuriser la ressource forestière et créer de la valeur ajoutée locale.
Le membre du gouvernement insiste aussi sur la dimension sociale: la filière doit favoriser «la création d’emplois, en particulier au profit des femmes et des jeunes impliqués dans la collecte de la résine».
Une logique alignée sur la politique de transformation locale
Depuis l’interdiction d’exporter les grumes en 2010, le Gabon s’efforce de passer d’une économie d’extraction à une économie de transformation. Jusqu’ici, l’effort s’est concentré sur le sciage et le contreplaqué, notamment dans la Zone économique spéciale de Nkok.
La valorisation de la résine d’okoumé ouvre une perspective différente: produire non seulement des matériaux, mais aussi des molécules à haute valeur ajoutée destinées aux industries cosmétique, pharmaceutique et nutraceutique.
Si les essais industriels confirment les résultats scientifiques annoncés, l’okoumé pourrait devenir, au-delà du bois, l’une des premières bases d’une véritable bio-économie forestière gabonaise.





