Orana: Togbédji Ahokpa Ou Le Magnat De L’orange

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Orana: Togbédji Ahokpa Ou Le Magnat De L’orange
Orana: Togbédji Ahokpa Ou Le Magnat De L’orange

Africa-Press – Benin. Le soleil de l’industrialisation brille sur le continent africain depuis quelques années. La dynamique portée par des entrepreneurs africains semble très loin de connaître un coup d’arrêt tant l’Afrique y croit. Et depuis, un nom se révèle de plus en plus au monde : Togbédji Ahokpa, PDG de Orana S A, société de production, de transformation et de commercialisation d’oranges bio. Sur les traces d’Aliko Dangote, son idole, le jeune entrepreneur béninois lance bientôt la plus grande usine de production du jus d’orange naturel au Bénin.

Magnat de l’orange, Togbedji Ahokpa se range dans la catégorie de ces entrepreneurs qui refusent de faire les choses à moitié. Réussissant déjà à faire évoluer la conception de l’entrepreneuriat en agrumiculture, celui qu’il y a encore quelques années, était propriétaire d’une société laitière en France, se positionne désormais comme un maillon essentiel dans la marche vers l’industrialisation en Afrique. Si les traces indélébiles se font ressentir dans la sous-région, les échos parviennent déjà au monde. L’exemple d’Aliko Dangote sera pérennisé pour le bonheur de l’Afrique. Des “Dangote“ naîtront en Afrique et Togbédji Ahokpa, sans doute, en est un, tant par la vision incarnée que par l’audace dans l’investissement.

La rencontre du destin : l’expression semble décrire au mieux le choix porté par ce jeune entrepreneur béninois sur la filière orange. Alors qu’il était bien parti pour faire fortune avec sa société de production laitière en France, Togbédji Ahokpa céda sa société pour revenir au bercail, il y a quatre ans soit en 2018. “Je me promenais dans le zou quand je suis tombé par hasard sur l’orange…Je me suis renseigné et je me suis rendu compte qu’on en faisait pratiquement rien“ a-t-il confié. Conscient que le jus d’orange fait partie des jus de fruits les plus consommés au monde, il s’y lança en y mettant toutes ses économies. Et pour mieux évaluer le marché, l’homme confie avoir importé des jus de fruits qu’il a vendu un peu partout dans la sous-région pour s’assurer du niveau d’écoulement s’il installait une usine. « Au bout de deux ans, je me suis rendu compte, les ouest-africains francophones consomment du jus… » s’est-il réjoui.

Quatre ans après, rares sont ceux-là qui peuvent évoquer avec une certaine aisance les réalités et défis de la filière orange en Afrique que l’entrepreneur noir, Togbédji Ahokpa. Avec méthode et rigueur, la réorganisation de la filière a été enclenchée. De la mise en place des coopératives à l’installation du Cluster, Orana peut désormais s’appuyer sur le partenariat scellé avec plus de 6 000 producteurs provenant de près d’une cinquantaine de coopératives. Orana se révèle comme une marque déposée et une référence en ce qui concerne la production et la transformation d’oranges en Afrique. La société productrice et transformatrice d’orange nourrit de grandes ambitions qui vont bien au-delà de l’Afrique.

De grandes ambitions : un champion national à la conquête de l’Afrique…

De la disponibilité des matières premières au débouché, le jeune entrepreneur béninois n’avait qu’à oser mettre en place une usine. Et il osa écrire l’histoire en décidant d’investir pour installer la deuxième usine de production de concentré en Afrique. “Il fallait racheter les lignes de productions et ce sont des lignes de productions très coûteuses selon la commodité à transformer…Il fallait débourser des milliards de Francs Cfa“, admet celui qu’on surnomme déjà le “nouveau Dangote“. S’il suffit juste de presser l’ananas et pasteuriser le jus pour s’en servir, l’extraction du jus d’orange demeure plus complexe. D’abord, il faudra retirer la peau contenant d’huile et de l’acide, ensuite retirer les pépins avant d’avoir le jus. Toute chose qui justifie l’absence de firme produisant du jus d’orange naturel.

Conscient du fait qu’il faut offrir le jus au client à un prix abordable, ce qui implique une grosse cadence de production, Orana S A se lança à la quête du financement. Et sans hésiter, la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin (CDC BENIN) lui tendit la main ainsi que d’autres institutions financières dont la Banque internationale pour l’industrie et le commerce. “La Caisse des Dépôts et Consignations s’est révélée un véritable outil, propulseur de la dynamique d’industrialisation“, a-t-il reconnu avant de témoigner toute sa reconnaissance au Directeur général de la Caisse pour avoir cru au projet.

“ Nous sommes dans un pays où notre Président de la République, Patrice Talon est un homme très ambitieux. C’est un entrepreneur qui a réussi. C’est parce qu’il est très ambitieux pour son pays et qu’il est entouré de personnes ambitieuses comme le Ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui, la Ministre de l’Industrie et du Commerce, Shadiya Assouman qu’il a été mis en place la CDC BENIN, avec à sa tête, un Directeur Général ambitieux“ se réjouit Togbédji Ahokpa. Selon l’homme d’affaires, le projet pourrait ne jamais prendre corps s’il fallait recourir uniquement aux canaux classiques.

Le niveau relativement faible d’industrialisation de l’Afrique notamment francophone interpelle et le PDG d’Orana pointe du doigt un manque d’ambitions des entrepreneurs et des banques. Toutefois, il se dit optimiste quant à la réussite de la révolution industrielle en Afrique malgré le retard. “Quand le secteur privé se porte bien, le pays va bien“ argue-t-il avant de dire toute son admiration à Patrice Talon, un entrepreneur très ambitieux et bourré de talents. “C’est un entrepreneur qui s’investit corps et âme pour développer une filière. Patrice Talon, lui, il m’émerveille“ a-t-il confié.

Togbedji Ahokpa promet installer d’ici la fin de l’année 2022, la plus grande usine de production de concentré en Afrique après la compagnie egyptienne Nouna Juices and Concentrates. Notons que l’opérateur économique bénéficie de la confiance du gouvernement béninois. A titre illustratif, depuis le 27 Octobre 2021, le gouvernement a, décidé, en Conseil des ministres, de confier la relance de l’Unité de Transformation des Produits Agricoles, basée dans la commune de Za-Kpota à la société Orana. Outre la transformation des oranges en concentré, Orana entend produire du jus d’orange naturel et en faire la commercialisation. En attendant, des box à jus d’orange naturel et frais “Oréa Food & juice“ sont installés un peu partout dans la capitale économique du Bénin.

Les oranges bio d’Orana sont cultivées dans des conditions les plus naturelles possibles excluant l’utilisation des produits chimiques de synthèse, des OGM et limitant l’emploi des intrants. L’option d’une production basée sur des techniques culturales artisanales témoigne de la vision de la société d’offrir le meilleur fruit et jus à sa clientèle. Côté social, le PDG de la Société ORANA ambitionne de contribuer notablement au développement de la commune d’implantation de son usine par la création d’emplois directs et indirects, la réalisation d’infrastructures sociocommunautaires et l’atteinte de sa vision « zéro perte production.

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