jusqu’à fin 2020, Reckya Madougou ne figurait pas sur les listes électorales

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Africa-PressBenin. Ancienne ministre au Bénin, avant de devenir conseillère du président togolais, Faure Gnassingbé, Reckya Madougou, aujourd’hui candidate des Démocrates à la présidentielle, a dû saisir la Cour constitutionnelle pour pouvoir s’inscrire sur les listes électorales.

Sa désignation comme candidate du parti Les Démocrates pour faire face à Patrice Talon, qui brigue un second mandat, a d’autant plus surpris le landerneau politique béninois que cette ancienne ministre de Thomas Boni Yayi était, depuis mai 2017, conseillère spéciale d’un chef d’État étranger, en l’occurrence le président togolais, Faure Gnassingbé. Face aux soupçons de conflit d’intérêts, son entourage affirme qu’elle a démissionné, bien qu’elle ne l’ai pas annoncé officiellement.

Ministre de la Microfinance et de l’Emploi des jeunes et des femmes de Thomas Boni Yayi, puis ministre de la Justice jusqu’en 2013, Reckya Madougou conseillait déjà officieusement le président togolais sur les questions d’économie sociale, dont elle est une spécialiste, depuis 2015.

Décision de la Cour constitutionnelle

Fin 2017, elle avait également été chargée par Faure Gnassingbé de mettre en place une stratégie de communication de crise pour faire face aux contestations de l’opposition. Le président togolais était à l’époque confronté à une vague de manifestations réclamant son départ. Reckya Madougou avait donc monté une équipe de « cyber-activistes », dont certains avaient été recrutés à Cotonou, chargés de contrer la communication de l’opposition. Reckya Madougou, lors d’un meeting de l’UNIR, le parti présidentiel togolais, en février 2020 à Lomé. © DR

Désireuse de se présenter à la présidentielle béninoise, Reckya Madougou a cependant dû prendre les devants il y a plusieurs mois. Jusqu’à la fin de l’année 2020, elle ne figurait pas sur les listes électorales. Après avoir vainement demandé à l’Agence nationale de traitement (ANT) de l’inscrire, elle a saisi la Cour constitutionnelle par une requête datée du 5 octobre 2020. Présidée depuis 2018 par Joseph Djogbenou, l’ancien avocat de Patrice Talon, la Cour a fait droit à sa demande dans une décision rendue le 8 octobre.

Celle-ci a ordonné « l’inscription dans le fichier électoral national et sur la liste électorale permanente informatisée de madame Rékiatou Madougou », lit-on dans cette décision que Jeune Afrique a pu consulter. Une décision qui a ensuite été notifiée au président du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (COS-LEPI) et à l’ANT.

Contactée par Jeune Afrique, la candidate des Démocrates, le parti créé par Thomas Boni Yayi après sa rupture avec les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), confirme avoir bel et bien fait ces démarches, mais explique s’être rendue compte qu’elle avait été retirée des listes électorales lorsqu’elle a souhaité se rendre aux urnes, lors des législatives de 2019, élections lors desquelles les FCBE n’avaient pu présenter de candidat.

Une explication mise en doute par l’entourage de Patrice Talon, qui affirme que l’intéressée ne figurait sur aucune liste électorale avant son inscription, « y compris lorsqu’elle était ministre en exercice ».

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