Africa-Press – Benin. Archéologues et historiens ont longtemps situé le berceau de la civilisation chinoise dans la plaine centrale, vaste région traversée par le fleuve Jaune, où se sont succédé de grandes dynasties. Mais depuis une quarantaine d’années, des découvertes apportent la preuve que l’histoire de la Chine trouve aussi sa source dans des cultures de l’âge de bronze, plus éloignées de ce « croissant fertile ». Celle de Sanxingdui, à 1.000 kilomètres au sud-ouest de la plaine centrale, dans la région du Sichuan, fait figure d’exemple.
En 2019, six fosses emplies de milliers de pièces de bronze et de jade sont venues s’ajouter aux trésors découverts trente ans plus tôt dans deux premières excavations. « Les fouilles étaient retransmises en direct à la télévision », raconte Huei-Chung Tsao, chargée des collections Chine au Musée national des arts asiatiques Guimet à Paris, pour souligner l’importance accordée par l’État chinois à la construction d’un grand récit national.
Reconstituer des structures de plusieurs mètres de haut
Les archéologues ont mis au jour des vases, des visages masqués au regard perçant, des animaux fantastiques, des statues d’homme-oiseau… « Nous arrivons maintenant à superposer ces différentes pièces et à reconstituer des structures de plusieurs mètres de haut, probablement utilisées lors de rituels sacrés, rapporte la spécialiste. Ces ensembles en trois dimensions, très expressifs, sont comme des scènes de théâtre qui racontent une histoire. Ils remplacent l’écriture, qui n’existe pas dans la culture de Sanxingdui. »
Cette civilisation du 2e millénaire avant notre ère s’est également enrichie de nombreuses influences venues de Mésopotamie (comme en témoigne l’usage de l’or), de l’océan Indien (avec des vases remplis de cauris, une variété de coquillages) ou encore d’Asie du Sud-Est et de l’Inde (de nombreuses défenses d’éléphant ont été retrouvées).
Toutes ces pièces sont aujourd’hui exposées dans un musée, ouvert en juillet 2023, qui jouxte Sanxingdui et a accueilli pas moins de 12 millions de visiteurs en deux ans. En 2028, le site rejoindra peut-être la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.





