Africa-Press – Benin. L’être humain est généralement assez fier de son pouce opposable, qui lui procure un beau sentiment de supériorité sur les autres espèces. Sauf que le principe a des limites. Une équipe de chercheurs en génie mécanique et en robotique de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL, Suisse) est en tout cas partie de ce constat pour concevoir une main robotique bien plus habile qu’une main humaine.
Le projet est détaillé dans un article de Nature en janvier 2026. Il consiste en une structure ronde faisant office de paume et autour de laquelle sont disposés quatre, cinq ou six doigts de tailles identiques, l’extrémité de la dernière phalange étant couverte d’un embout en silicone garant d’une préhension efficace.
Opposables les uns aux autres
Premièrement, au lieu d’être tous opposables au pouce, ces doigts sont capables de pivoter de manière à être tous opposables les uns aux autres, comme on peut le voir dès le début de la vidéo de démonstration ci-dessous.
Ensuite, les articulations des phalanges sont réversibles, permettant un mouvement du doigt à 90 degrés dans un sens et à 90 degrés dans l’autre. C’est-à-dire que les doigts peuvent se plier de manière parfaitement symétrique sous ou au-dessus de la paume (laquelle est en fait à la fois la paume et le dos de la main).
Résultat: cette main robotique peut opérer plusieurs actions de préhension simultanées en sollicitant plusieurs jeux de doigts indépendamment, et ce d’un même côté ou des deux côtés de la paume. Un humain, lui, aurait besoin de ses deux mains ou de prendre successivement un objet puis un autre.
Les limitations du bras humain
Mais le projet ne s’arrête pas là. « La main est fixée au bout du bras, ce qui restreint sa mobilité et limite l’espace auquel elle peut accéder », explique l’équipe de l’EPFL dans son article de recherche. C’est la raison pour laquelle, par exemple, aller chercher des objets sous un meuble n’est pas toujours facile. L’idéal serait d’avoir une main détachable qui puisse aller où elle veut… Et c’est exactement ce que les chercheurs ont développé !
Leur main robotique peut se désolidariser du bras articulé qu’elle termine. Elle tombe à plat sur le sol puis les doigts se plient et s’actionnent pour lui permettre de se déplacer. Les chercheurs se sont inspirés d’animaux comme la pieuvre qui utilise ses bras aussi bien pour attraper des coquillages que pour avancer sur le sol marin. De la même manière, les doigts de la main prennent les faux airs de pattes d’araignée pour aller saisir en bout de course un objet et revenir se rattacher au bras.
Potentielle prothèse
Les limites énoncées pour une main humaine sont en fait valables pour un robot industriel: un système préhensile est lui aussi limité par le fait d’être fixé à un bras articulé et par son rayon d’action. Le nouveau concept de l’EPFL pourrait donc être appliqué dans des machines en usine, dans des entrepôts.
Mais l’équipe voit encore un autre usage, comme le dit l’article: « Même si cette main robotique n’est pas anthropomorphe, nous n’excluons pas une potentielle adaptation pour servir de prothèse. En outre, son design offre des possibilités en matière d’applications de membre augmenté. »
Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL)





