Africa-Press – Burkina Faso. L’Union des résidents de la cité de Bassinko (URCB) a animé une conférence de presse, ce samedi 14 février 2026, à Ouagadougou, à la Cité de la Solidarité de Bassinko. L’objectif est d’exprimer son soutien ferme à l’implantation déjà en cours d’un pylône de téléphonie mobile dans leur quartier, un projet jugé « vital » pour le développement local.
« Aujourd’hui, notre quartier souffre d’un grave déficit de réseau. Les appels passent difficilement, l’accès à Internet est instable, et même les urgences peuvent être entravées », ont expliqué les résidents. Face à la croissance démographique de la cité et à l’augmentation des besoins sociaux et économiques, ils estiment que l’installation du pylône constitue une réponse concrète à des difficultés quotidiennes qui affectent l’éducation, le commerce et la sécurité des familles.
Une opposition jugée minoritaire et non représentative
Les membres de l’URCB ont également tenu à clarifier le débat autour du projet. Selon eux, l’opposition à l’implantation du pylône est portée par « une poignée de cinq personnes », dont les craintes ne reposeraient pas sur des données scientifiques établies.
Ils rappellent que des institutions telles que l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) et les autorités environnementales ont déjà apporté des assurances sur la sécurité et la conformité du projet.
Selon les résidents, en février 2025, une rencontre avait d’ailleurs été organisée sous l’égide de l’ancien ministre de l’Environnement, Roger Baro, pour tenter de rapprocher les positions. Malgré les efforts de sensibilisation, le blocage persiste.
Des garanties scientifiques sur les risques sanitaires
Pour rassurer les populations, les experts nationaux ont souligné que les rayonnements émis par les pylônes de téléphonie au Burkina Faso sont largement inférieurs aux normes internationales de sécurité. Selon les données présentées, les ondes dites non ionisantes ne présentent, à ce jour, aucune preuve scientifique de conséquences sanitaires significatives.
Le projet bénéficie en outre d’un arrêté ministériel validant sa faisabilité environnementale ainsi que d’une autorisation délivrée par la mairie de l’arrondissement 8.
Appel aux autorités et à l’opérateur Orange
Pour les résidents, l’accès aux télécommunications n’est plus un luxe, mais un droit fondamental et un levier de développement. « Sans réseau fiable, nos élèves sont désavantagés, nos jeunes peinent à être compétitifs et nos activités économiques restent limitées », ont-ils martelé. À leurs yeux, refuser ce pylône reviendrait à maintenir Bassinko dans un isolement numérique incompatible avec les ambitions d’un pôle urbain moderne.
Les habitants ont lancé un appel solennel aux autorités administratives et communales afin de garantir la poursuite du projet et d’empêcher toute obstruction injustifiée. Ils ont également interpellé l’opérateur Orange Burkina Faso, l’invitant à finaliser les travaux dans les plus brefs délais et à renforcer le dialogue avec les populations. Selon eux, l’essentiel des travaux d’assemblage est déjà réalisé, et il ne reste que l’installation des équipements techniques pour rendre le pylône opérationnel.
Les doléances des résidents de la Cité de Bassinko
Au-delà de la question du pylône, les résidents ont réaffirmé leur vision d’un quartier moderne, connecté et attractif. Ils ont insisté sur la cohésion sociale au sein de la cité et ont tenu à rassurer les autorités administratives et religieuses sur le climat de paix qui y règne. Dans cette dynamique, ils ont formulé plusieurs doléances prioritaires. L’on note notamment la construction de voies d’accès dans la cité, l’ouverture de l’hôpital de Bassinko, annoncée depuis 2018, la réalisation d’infrastructures éducatives (préscolaires, primaires et secondaires) et la création d’aires de loisirs
Les habitants ont appelé à la responsabilité citoyenne et au triomphe de l’intérêt général. « La Cité de la Solidarité de Bassinko mérite mieux que l’immobilisme. Elle mérite la connectivité, la dignité et l’avenir », ont-ils affirmé. Tout en remerciant les autorités et l’ensemble des résidents pour leur mobilisation, ils ont invité les décideurs à accompagner activement les projets structurants de la cité.
Hamed Nanéma
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