Fermeture des Gares STAF et Afflux vers Autres Gares

Fermeture des Gares STAF et Afflux vers Autres Gares
Fermeture des Gares STAF et Afflux vers Autres Gares

Africa-Press – Burkina Faso. À la suite de la suspension temporaire des activités de transport de la Société de transport Aorèma et frères (STAF), de nombreux voyageurs se tournent vers d’autres compagnies. Dans d’autres gares de Ouagadougou, l’affluence est palpable et les conditions d’embarquement parfois éprouvantes, notamment pour les passagers chargés de bagages.

Dans un communiqué diffusé le 12 février 2026, le ministère en charge de la mobilité a annoncé la suspension temporaire des activités de transport routier de personnes de la Société de transport Aorèma et frères (STAF), à compter du lundi 16 février 2026. En cause: le non-respect récurrent des prescriptions relatives au code de la route et aux limitations de vitesse.

En application de cette décision, l’ensemble des gares de la société ont fermé leurs portes. Si les activités de STAF sont momentanément interrompues, les voyageurs, eux, doivent trouver d’autres solutions pour assurer leurs déplacements, non sans difficultés.

Il est 11 heures lorsque notre équipe sillonne, ce mercredi 18 février 2026, plusieurs gares routières de Ouagadougou afin de constater la situation. Sur place, l’affluence est visible. À l’accueil, des passagers patientent, billets en main. D’autres, assis à même leurs bagages, attendent sous un soleil de plomb. Tous nourrissent le même espoir: regagner leur domicile, retrouver leurs proches et reprendre le cours de leurs activités.

Venue à Komsilga pour consulter une guérisseuse, Aminata Sawadogo s’inquiète de ne pas pouvoir rentrer à Ouahigouya. « Je suis venue à la gare depuis hier. J’ai même déjà acheté mon ticket de retour, mais hélas, il n’y a pas de car. Notre retard ici joue aussi sur nos différentes activités », confie-t-elle.

Habituée des lieux, elle précise toutefois que sa présence n’est pas liée à la fermeture des gares de STAF, compagnie qu’elle dit ne jamais avoir empruntée. Alors qu’elle explique sa situation, un car fait son entrée dans la cour. Immédiatement, un employé lance à haute voix: « Que ceux qui n’ont pas de bagages approchent ! » Face au volume important de colis transportés par certains voyageurs, les responsables ont décidé de faire embarquer en priorité les passagers non chargés. Les autres sont invités à patienter.

Une nuit à la gare

Dans une autre gare de la capitale, Mahamadou Sawadogo, agriculteur basé en Côte d’Ivoire, affirme s’être tourné vers cette compagnie en raison de la fermeture de STAF. « Je suis venu ici car la gare de STAF est fermée. J’y ai même passé la nuit avec ma famille puisque nous venons de Côte d’Ivoire. C’est ce matin très tôt que nous avons pu acheter nos tickets, mais on nous a fait savoir que le car sera disponible à partir de 14 heures », explique-t-il.

Malgré cette attente prolongée et un départ incertain, il reconnaît ne pas avoir exploré d’autres options. Il souligne également que, contrairement à STAF, cette compagnie ne dessert pas directement sa localité. Il devra donc effectuer une escale à Ouahigouya avant de poursuivre son trajet en mini-car, communément appelé « Dina ».

Assise seule, la main posée sur le menton, Safoura Sawadogo attend, visiblement préoccupée. Commerçante à Gourcy, elle était venue se ravitailler à Ouagadougou. Elle a acheté un ticket pour le départ de 11 heures, mais n’a toujours pas pu embarquer en raison de ses nombreux bagages. « Nous avons attendu ici depuis hier, en vain. Ce matin encore, nous espérions avoir un car. Mais lorsqu’un véhicule est disponible, ce sont les voyageurs sans bagages que l’on invite à avancer. Quant à nous, qui sommes chargés, nous patientons toujours », déplore-t-elle.

Elle précise que son amie, avec qui elle avait effectué le déplacement, a finalement rejoint Gourcy à moto, faute de place dans un car. « Ma copine a été conduite à Gourcy à moto puisqu’elle n’avait pas beaucoup de bagages. Mais pour moi, c’est impossible. J’ai trop de marchandises. Je ne peux pas rentrer sans elles », ajoute-t-elle, le visage crispé.

Dans l’attente d’un retour progressif à la normale, chaque journée ressemble désormais à une épreuve pour les voyageurs. Entre incertitudes, retards et solutions de fortune, la suspension de STAF continue de peser sur la mobilité de nombreux usagers.

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