Burkina Faso: 2e Journée Nationale Sur L’Investissement

Burkina Faso: 2e Journée Nationale Sur L'Investissement
Burkina Faso: 2e Journée Nationale Sur L'Investissement

Africa-Press – Burkina Faso. Institutions publiques et privées, investisseurs, entrepreneurs, experts, représentants de la société civile et organisations multilatérales et bilatérales ont répondu présents à la deuxième édition de la Journée nationale sur l’investissement d’impact (JNII) ce 24 février 2026 à Ouagadougou. La JNII, portée par Impact Investing Burkina Faso (IIBF), partenaire national accrédité de GSG Impact, ambitionne de promouvoir l’investissement d’impact tout en posant les bases d’une structuration cohérente et inclusive du secteur. L’objectif est de faire émerger, au niveau national, une vision concertée des enjeux, défis et opportunités liés à cette approche qui combine rentabilité financière et effets sociaux et environnementaux mesurables.

Cette deuxième édition est placée sous le haut patronage du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, représenté par son chargé de mission François Xavier Bambara. La JNII 2026 se veut une étape décisive vers l’institutionnalisation du mouvement. Le patron de la cérémonie a rappelé l’intérêt stratégique que porte le gouvernement à cette initiative. L’investissement d’impact, a-t-il souligné en substance, s’inscrit dans la dynamique des orientations nationales en matière de relance économique et de développement endogène, en favorisant des investissements orientés vers les secteurs prioritaires définis par l’État.

Cet alignement avec les priorités nationales a été largement mis en avant au cours de la journée car il s’agit de canaliser les capitaux vers des secteurs à forte valeur ajoutée, générateurs d’emplois décents, contribuant à la diversification productive, à l’industrialisation inclusive, mais aussi à l’amélioration des services sociaux de base comme l’éducation et la santé.

Pour Job Zongo, président de Néré Capital, organisation hôte de Investing Impact Burkina Faso, l’enjeu dépasse la simple recherche de rentabilité financière. « La rentabilité économique est importante, mais nous voulons aller au-delà », a-t-il affirmé. Il a insisté sur la nécessité d’intégrer, dès la conception des projets, une intentionnalité claire en matière d’impact social et environnemental, assortie d’indicateurs mesurables et suivis dans le temps. L’objectif est d’évaluer, au-delà du rendement financier, les effets réels des investissements sur les populations et les territoires. Comparant la première et la deuxième édition, il a relevé un engouement croissant autour de la thématique. « Nous avons même dû limiter volontairement le nombre de participants », a-t-il indiqué, tout en précisant que cette édition marque l’institutionnalisation d’Impact Investing Burkina Faso, après une année de concertations approfondies et la commande d’une étude structurante.

Une étude pour cartographier et structurer l’écosystème

Honoré Kietyeta, lead consultant au sein d’Innovative Finance for Africa, a présenté le rapport d’étude de cartographie et d’analyse de l’écosystème de l’investissement d’impact au Burkina Faso. L’étude, menée auprès d’un large éventail d’acteurs, propose d’abord une définition contextualisée de l’investissement d’impact. Selon les résultats présentés, 88,9 % des personnes interrogées partagent une vision proche de celle promue par GSG Impact, fondée sur trois axes, dont l’intentionnalité de l’impact, la recherche d’un rendement financier et la mesurabilité des résultats sociaux et environnementaux. Cette définition, selon lui, s’aligne également sur les priorités nationales, notamment la souveraineté économique, la prospérité, le développement durable et le bien-être collectif. L’étude met en lumière également cinq piliers structurants de l’écosystème: les régulateurs et l’État, l’offre de capitaux, les intermédiaires, la demande de capitaux (notamment les PME à impact) et les facilitateurs ou organisations de soutien.

Du côté de l’offre de capitaux, l’étude note une disponibilité réelle de ressources, mais aussi une forte aversion au risque. Les intermédiaires qualifiés « d’architectes » de l’écosystème jouent un rôle clé dans la structuration des transactions et l’accompagnement des entreprises. Quant à la demande, elle se caractérise par un vivier dynamique d’entrepreneurs souvent freinés par un accès limité au financement, une insuffisance de garanties, un déficit de structuration interne. Enfin le rapport indique que le réseau des facilitateurs apparaît dense, mais fragmenté, ce qui souligne la nécessité d’une meilleure coordination. Les recommandations formulées visent à positionner le Burkina Faso comme une terre propice à l’investissement d’impact, à travers un écosystème structuré, attractif et capable de mobiliser des capitaux nationaux et internationaux.

Des partenaires d’impact

La présence de la représentante Afrique de GSG Impact, Atieno Toglondo, a donné une dimension internationale à l’événement. Elle a rappelé que GSG Impact œuvre à la construction d’économies d’impact à travers le monde, en fédérant investisseurs, gouvernements, entrepreneurs et acteurs de la société civile. Au Burkina Faso, a-t-elle expliqué, le travail engagé avec des partenaires locaux, notamment Néré Capital, a permis de rassembler des organisations intervenant aussi bien du côté de l’offre que de la demande de capital, ainsi que des institutions publiques et d’autres acteurs de marché. L’objectif est de définir une stratégie commune pour développer l’écosystème local. Elle a salué la publication du rapport de cartographie, qui servira de base aux prochaines priorités stratégiques. Pour elle, le Burkina Faso occupe une place particulière: il est le premier pays francophone d’Afrique à former officiellement le mouvement GSG Impact. Une dynamique qui pourrait s’étendre prochainement à d’autres pays de la sous-région, notamment la Côte d’Ivoire et le Sénégal, avec la perspective de créer un cadre de coopération sous-régionale.

Partenaire de l’événement, l’ambassade du Japon a exprimé sa satisfaction quant à la mise en œuvre effective de cette dynamique. Jun Nagashima, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Japon au Burkina Faso, a souligné l’importance de la technologie et de l’innovation dans le développement économique, rappelant que ces leviers ont été identifiés comme essentiels par les autorités japonaises pour accompagner la croissance des pays africains. Il s’est réjoui de voir réunis, autour de la JNII, investisseurs, régulateurs et intermédiaires, dans une logique de synergie. Pour le Japon, a-t-il dit, soutenir l’amélioration des capacités technologiques et financières du Burkina Faso constitue un axe stratégique de coopération, au service d’un développement durable et inclusif.

Au-delà des panels et des échanges techniques, la deuxième édition de la JNII a marqué formellement Impact Investing Burkina Faso. Après une année de discussions, de consultations et de travaux préparatoires, l’initiative entre dans une phase plus structurée. Il s’agit désormais de passer d’un mouvement de sensibilisation à un cadre institutionnel stable, capable de coordonner les acteurs, d’influencer les politiques publiques et de développer des instruments financiers adaptés au contexte national. L’ambition est de faire de l’investissement d’impact un levier central de transformation économique et sociale. Cela suppose de renforcer la confiance entre investisseurs et entrepreneurs, d’améliorer la qualité des projets, de réduire les risques perçus et de mettre en place des mécanismes de suivi rigoureux des impacts. Les participants entendent transformer les recommandations en actions concrètes, afin que l’impact ne soit pas seulement une intention, mais une réalité mesurable au service du développement du Burkina Faso.

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