Africa-Press – Burkina Faso. L’École nationale de la garde de sécurité pénitentiaire (ENGSP) a procédé, ce jeudi 9 avril 2026, au lancement officiel des soutenances des élèves inspecteurs de la promotion 2024-2026. Placée sous la présidence du secrétaire général du ministère de la Justice et des droits humains, cette cérémonie marque une étape décisive dans la formation de ces futurs cadres appelés à renforcer l’administration pénitentiaire burkinabè.
Après deux années de formation alliant rigueur académique et discipline professionnelle, cinq élèves inspecteurs se présentent devant un jury pour défendre leurs travaux de recherche, conformément aux exigences académiques de l’ENGSP. Le directeur général de l’ENGSP, Abdoulaye Sidibé, a rappelé l’importance de cet exercice: « La soutenance constitue une étape essentielle dans le processus d’évaluation académique. Elle permet aux candidats de présenter de manière structurée les résultats de leurs travaux et de démontrer les compétences acquises. »
Il a également salué l’engagement des encadreurs et du jury, tout en soulignant que deux articles scientifiques issus de la promotion précédente sont en cours de soumission pour publication, preuve de la qualité de la formation dispensée.
Les travaux portent sur des problématiques majeures liées aux missions de l’administration pénitentiaire comme la contribution de l’administration pénitentiaire à l’offensive agro-pastorale, l’impact de la lutte contre le terrorisme sur les missions de la GSP (enjeux sécuritaires et droits humains), la formation initiale en contexte de crise sécuritaire, la réinsertion sociale des détenus condamnés pour terrorisme et le système de protection rapprochée de l’administration pénitentiaire.
Selon le directeur général, ces thématiques traduisent une volonté d’ancrer la formation dans les réalités sécuritaires et socio-économiques du Burkina Faso.
Présidant la cérémonie, le secrétaire général du ministère de la Justice et des droits humains, Harouna Kadio, a insisté sur la portée stratégique de cet exercice: « La soutenance est l’épreuve de vérité, celle où le savoir acquis se confronte à l’analyse critique et où l’élève devient acteur de la transformation de notre système pénitentiaire. »
Il a salué la pertinence du thème inaugural, en lien avec l’offensive agro-pastorale, qu’il considère comme une contribution directe à la souveraineté alimentaire et à la réinsertion des détenus. Il a par ailleurs ajouté que: « Les thèmes développés sont en adéquation avec la vision des autorités. Ils montrent que l’administration pénitentiaire est un corps dynamique, doté de cadres capables de contribuer au développement national. »
Ouvrant le bal des soutenances, l’élève inspecteur Nabi Souleymane Baro a présenté son mémoire intitulé: « La contribution de l’administration pénitentiaire à la mise en œuvre de l’offensive agro-pastorale au Burkina Faso ».
Dans son exposé, il a mis en évidence le potentiel productif des établissements pénitentiaires, notamment à travers la disponibilité d’une main-d’œuvre carcérale importante, l’existence de terres exploitables et l’engagement des autorités en faveur de la production pénitentiaire.
Il a également relevé plusieurs insuffisances, dont le manque d’équipements modernes, les contraintes foncières et le déficit de ressources humaines qualifiées, avant de proposer des pistes d’amélioration concrètes.
Président du jury, Emilien Bakoné, directeur général de la production animale, au niveau du ministère de l’Agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques a salué la qualité du travail présenté: « Le candidat a su identifier les difficultés majeures et proposer des solutions concrètes, tant sur le plan infrastructurel que sur le plan des ressources humaines. » Ces éléments ont valu à l’impétrant la note de 17/20, avec la mention Excellent.
Nabi Souleymane Baro a expliqué que son travail s’inscrit dans la vision des autorités visant à faire des établissements pénitentiaires de véritables pôles de production: « Les résultats enregistrés, avec plus de 350 tonnes produites en 2025, démontrent que les établissements pénitentiaires peuvent contribuer à la production nationale. »
Il a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer les capacités pour optimiser cette contribution, notamment à travers la modernisation des équipements et le développement de partenariats.
À travers ces soutenances, les autorités entendent renforcer les capacités des futurs cadres et promouvoir une administration pénitentiaire moderne, efficace et respectueuse des droits humains.
Comme l’a souligné Harouna Kadio: « Nous réaffirmons notre engagement pour une administration pénitentiaire efficace, humaine et adaptée aux défis actuels. »
Anita Mireille Zongo
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