Africa-Press – Burkina Faso. C’est en 2023 que le solaire a véritablement démarré en France. Boosté par l’explosion du prix de l’énergie, le secteur est passé de moins de 1 gigawatt (GW) installé pour toute l’année 2021 à 3,1 GW en 2023. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit un total cumulé de 35 à 40 GW en 2028, contre 15 en 2022.
Pour atteindre cet objectif ambitieux, il faudra de la place: 1 mégawatt (MW) de puissance nécessite en effet un hectare. Selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), plus de 3.000 hectares devront ainsi être alloués chaque année au photovoltaïque. Une surface a priori disponible sans empiéter sur d’autres usages.
Car le solaire conquiert des espaces parfois inattendus et intéresse de plus en plus de producteurs d’électricité entreprises, ou particuliers en autoconsommation. En 2023, le gestionnaire du réseau de distribution Enedis a ainsi raccordé 200.000 d’entre eux. Plus de 500.000 toits de maisons sont à l’heure actuelle équipés de panneaux photovoltaïques, dont la production est soit vendue à EDF, soit utilisée sur place.
Et les initiatives d’autoconsommation collective se comptent désormais par centaines. Selon les habitudes de consommation et l’efficacité des appareils ménagers, la facture d’électricité peut diminuer de 15 à 40 %. Le raccordement au réseau n’est par ailleurs pas obligatoire. On trouve facilement sur le marché des panneaux solaires que l’on peut brancher directement sur son installation électrique.
Sur le toit des bâtiments neufs ou rénovés
Le panneau en toiture est un grand classique du photovoltaïque. Selon les calculs de l’Ademe, l’agence de la transition écologique, l’ensemble des toits de France pourrait accueillir une puissance de production de 364 GW. La loi relative à l’accélération des énergies renouvelables dite loi Aper impose le solaire sur 30 % des toitures des bâtiments neufs en 2023, 40 % en 2026, 50 % en 2027. Les immeubles entreprenant des rénovations lourdes sont aussi concernés.
Les promoteurs gardent cependant le choix entre l’installation de panneaux ou la végétalisation de la toiture pour rafraîchir le bâtiment et diminuer ses besoins en climatisation. Cependant, la liste des exceptions est longue. Les bâtiments ne pouvant supporter le poids des panneaux sont exemptés, ainsi que ceux qui ne peuvent être équipés à des conditions économiques acceptables, ce qui ouvre la voie à des contestations techniques et juridiques nombreuses.
Sur les friches industrielles et les parkings
En 2019, l’Ademe a estimé que 17.764 sites de métropole pouvaient accueillir une centrale photovoltaïque. Le gisement est estimé à 53 GW, à 93 % sur les sites délaissés et 7 % sur les parkings. Ces friches sont pour un quart des dépôts d’hydrocarbures désaffectés, loin devant les anciens sites de commerce, d’artisanat et d’industrie mécanique, et de stockage de déchets. Pour des raisons réglementaires, tous ne sont pas exploitables. Ainsi, une modification de la loi Littoral n’autorise pas la construction de parcs solaires sur les sites pollués. Des projets surprenants émergent: le groupe agroalimentaire Roullier a ainsi couvert les 4 hectares d’un ancien circuit de motocross, en Ille-et-Vilaine, de 9.500 panneaux, pour une puissance de 4 MW.
La loi Aper oblige à équiper d’ombrières photovoltaïques toutes les surfaces artificialisées des parkings de plus de 1.500 mètres carrés. « À 11,5 mètres carrés par emplacement de voiture, cela signifie que tous les parkings de 80 places et plus sont éligibles ! se réjouit Alexandre Roesch, délégué général du SER. Ceux des supermarchés, des hôpitaux, de bon nombre d’entreprises ».
Ainsi, le groupe Carrefour vient de s’associer au développeur d’énergie GreenYellow pour équiper d’ici 2027 ses 350 parkings de France, pour une capacité de 350 MW. Mais la règle est, là encore, copieusement truffée d’exceptions portant notamment sur des règles municipales ou d’urbanisme commercial.
Au bord des autoroutes et des voies de chemin de fer
Il est désormais possible d’implanter des panneaux solaires sur les « délaissés » des autoroutes, des routes nationales et des lignes de chemin de fer, c’est-à-dire les terrains nus non utilisés situés aux abords de ces voies. Auparavant, pour des raisons de pollution atmosphérique et sonore, toute construction était interdite sur une distance de 100 mètres. Désormais, les panneaux pourront même être installés à deux mètres seulement des rails de chemin de fer.
Selon une étude commandée par la société d’autoroute Vinci en 2021, le gisement estimé est de 18 à 24 GW si l’on équipe les 12.000 kilomètres d’autoroutes. Ce sera loin d’être le cas, pour des raisons techniques (ensoleillement insuffisant, orientation des pentes, etc.) et de protection de la biodiversité. Ainsi, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) a signé avec les gestionnaires d’autoroutes des accords de protection des espèces fréquentant les talus vierges de pesticides, coincés entre les champs et la route. Autre crainte parfois exprimée: que les panneaux n’éblouissent les conducteurs. Il existe cependant des verres non réfléchissants qui résolvent le problème.
Dans les exploitations agricoles
La loi définit l’agrivoltaïsme comme l’installation, sur des parcelles agricoles, de panneaux photovoltaïques dont la production permet de maintenir les cultures, voire favorise leur croissance. Ces panneaux ne doivent pas couvrir plus de 40 % de la surface d’un champ, et toute installation doit être démontable facilement. Les rendements énergétiques sont moindres car les panneaux sont escamotés quand les plantes ont besoin de lumière.
À l’inverse, ils protègent celles-ci des températures excessives et des précipitations. Des centaines d’installations sont en cours de développement, dont celles de regroupements d’exploitants comme Terr’Arbouts, dans les Landes, le plus important de France: 732.000 panneaux pour une production estimée à 650 gigawattheures par an. Les surfaces concernées par l’agrivoltaïsme au niveau national représentent 60.000 hectares, sur 29 millions d’hectares de surface agricole utile.
Au-dessus des flots
L’avantage des centrales solaires en mer, c’est que la place ne manque pas… Le photovoltaïque marin ne connaît en France qu’une réalisation un démonstrateur situé à Sète, dans l’Hérault. Les panneaux sont posés à sept mètres au-dessus de la surface sur des flotteurs assemblés par des liaisons souples qui amortissent la houle, le tout étant ancré au fond de l’eau.
Les concepteurs estiment que le parc d’un hectare qui remplacera ce démonstrateur, et dont la mise en service est prévue pour 2025, pourra affronter des vagues de 10 mètres. Situé à deux kilomètres du littoral, il alimentera le port de commerce de Sète.
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