Vaccin contre le Covid-19 : Un panel pour éclairer davantage l’opinion burkinabè

Vaccin contre le Covid-19 : Un panel pour éclairer davantage l’opinion burkinabè
Vaccin contre le Covid-19 : Un panel pour éclairer davantage l’opinion burkinabè

Africa-PressBurkina Faso. Le Service pastoral pour la formation et l’accompagnement des responsables (SEPAFAR) a tenu un panel ce dimanche 21 février 2021 à la cathédrale de Ouagadougou, sur le thème « Pour ou contre le vaccin anti-Covid-19 au Burkina ? ». Ce panel était animé par Pr Serge Sawadogo, Dr André Sawadogo, abbé Jean-Emmanuel Konvolbo et Dr Lassané Kaboré.

Un an après le début de la pandémie du Covid-19, ce sont 64 candidats vaccins qui ont été élaborés. Sur cette soixantaine de vaccins, celui du laboratoire Pfizer/BioNTech est le premier à être homologué par l’OMS le 31 décembre 2020. À peine cette étape franchie, que les États-Unis d’Amérique mais aussi l’Europe ont débuté la vaccination. Les cibles premières sont les personnes âgées et celles à risque. En Afrique, le Rwanda, le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, les Seychelles, l’Ile Maurice, le Zimbabwe ont déjà commencé à vacciner et le Sénégal qui vient de recevoir ses premières doses de vaccin devrait aussi rentrer dans la danse les jours à venir.

Au Burkina Faso, l’heure n’est pas encore à la vaccination, même si le pays s’y prépare. Cependant, les avis divergent sur la question. Le panel du SEPAFAR a donc été l’occasion pour les panélistes d’éclairer davantage l’opinion sur la question du vaccin contre le Covid-19.

Pr Serge Sawadogo, l’un des panélistes qui est enseignant-chercheur et immunologue, a indiqué qu’il est important de se faire vacciner, car même si le Covid-19 ne fait pas beaucoup de décès au Burkina comme en Europe, les personnes âgées sont néanmoins exposées et ont besoin d’être protégées. Il en est de même pour le personnel soignant. Ce que déplore le Pr Sawadogo, c’est que pour lui, la plupart des arguments avancés pour réfuter la nécessité de vacciner contre le Covid-19 sont fondés généralement sur des informations erronées, souvent publiées sur des sites dont on peut douter de la crédibilité.

Dans son exposé, il a indiqué qu’en un an, le Covid-19 aura généré plus de publications que le paludisme en plus de 70 ans de recherche. Ce sont plus d’une centaine de milliers d’articles qui ont été publiés sur le Covid-19, soit au moins douze articles par heure, en un an. Pour donc être au fait de toutes les informations, il faut avoir tout lu. Ce qui n’est pas possible.

Tout en reconnaissant que le profane n’a pas toujours accès à l’information scientifique pour se forger une opinion éclairée sur la question, il suggère de se référer aux sites d’informations sérieux pour avoir la vraie information sur le vaccin anti-Covid-19. Il conclut en affirmant que l’empathie voudrait qu’on se protège et que l’on protège les plus fragiles en acceptant de se faire vacciner.

Une position également partagée par Dr Lassané Kaboré qui estime en substance que c’est difficile pour les populations de respecter les mesures barrières. Il est donc judicieux de les vacciner. De plus, note-il, même si le vaccin peut avoir des inconvénients, ils sont négligeables, comparés aux bénéfices.

L’abbé Jean-Emmanuel Konvolbo aura à ce panel défendu sa position sur le vaccin Covid-19 détaillée dans l’article publié sur (lire https://lefaso.net/spip.php?article102204). Il suggère à ce panel que des solutions endogènes soient trouvées pour lutter contre le Covid-19, au lieu de se rabattre sur un vaccin conçu pour les populations vieillissantes de l’Europe.

Trouver un vaccin adapté à nos conditions climatiques

Dr André Sawadogo, pharmacien et logisticien de santé, lui, a abordé la question de la logistique entrant dans le cadre des vaccins. Il a indiqué que d’office, certains vaccins contre le Covid-19 ne peuvent être acheminés au Burkina Faso, car le pays ne dispose pas de la logistique nécessaire pour les stocker. C’est le cas du vaccin Pfizer/BioNTech qui doit être conservé à une température autour de -80 degrés. Il faudrait donc trouver les vaccins adaptés à notre contexte.

Une initiative à saluer

À ce panel, ont assisté une délégation du ministère de la Santé conduite par le secrétaire général, Dr Lionel Wilfrid Ouédraogo, des chercheurs, mais également des membres du Comité national de lutte contre la pandémie du Covid-19 avec à sa tête, son secrétaire exécutif, le colonel Naba Théodore Palé. Ils ont tous salué l’initiative du SEPAFAR qui permet d’éclairer davantage les populations sur la question du vaccin contre le Covid-19. Mais conclut le colonel Palé, « qu’on le veuille ou non, le Burkina Faso va vacciner contre le Covid-19. »

 

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