Africa-Press – Burkina Faso. La vie d’une personne n’a de sens que lorsque la qualité de celle-ci a un impact positif dans le cœur et la vie des autres. C’est au nom de cette qualité de vie dans le monde cinématographique, culturel, médiatique et événementiel que Ciné droit libre a décidé, le vendredi 10 décembre 2021, d’honorer la mémoire de Feu Moustapha Laabli Thiombiano par une projection à Ouagadougou.
« Laabli ou l’insaisissable » est le nom du film cinématographique de 90 minutes projeté le vendredi 10 décembre 2021 en soirée pour rendre hommage à un homme qui n’est plus de ce monde. Moustapha Laabli Thiombiano, puisque, c’est de lui qu’il s’agit, est un autodidacte exceptionnel selon le film et les intervenants.
Née en 1949, Moustapha Laabli Thiombiano meurt en 2020 à l’âge de 71 ans. Il gravit l’échelle du monde en se forgeant et se formant à l’école de la vie. Il n’avait que 14 ans quand son père est décédé. Il aura parcouru sa vie durant, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana et les Etats-Unis.
Passionné de culture, il est celui qui donna vie à « Miss Burkina » pour célébrer la valeur féminine de son pays. Amoureux de la liberté d’expression, il est le premier à ouvrir une radio privée en Afrique en 1986, dira Basile Guissou, ancien ministre de la communication sous le président Thomas Sankara. C’est également lui qui est à l’origine de la rue marchande du Fespaco. Ami de Thomas Sankara, il a également créé un groupe de musique pop auquel le « camarade président » venait participer lors des répétitions pour apprendre la guitare.
En 1986, il dit à Thomas Sankara qu’il veut ouvrir une radio privée. Et ce dernier de lui répondre : « pour me faire un coup d’Etat ? » Il répondra à son ami camarade président : « Je veux ouvrir une radio où on peut dire bonjour chérie, bisous, je t’embrasse ». Etonné, le président va le diriger vers son ministre de la communication, Basile Guissou, qui va lui octroyer un agrément. Il ouvrira sa radio avec 50 000 francs CFA, raconte-t-il dans une interview lors de la projection. C’est cette radio qui deviendra plus tard Horizon FM. En 1987, il va alors initier le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) sous le président Sankara et sera soutenu par celui-ci. Hélas, Sankara fut assassiné une semaine avant ledit salon. Mais comme « Tout ce qui sort de l’imaginaire de l’homme est réalisable par l’homme », selon Thomas Sankara, le salon va survivre malgré le décès de ce dernier.
Créatif, engagé et pragmatique, l’homme ne se reposait presque pas. A la question de savoir pourquoi il ne se reposait pas, il dira que ceux qui se reposent sont déjà dans l’au-delà. A la jeune génération, il disait toujours que la tête n’est pas faite pour porter des bagages mais plutôt pour réfléchir. Une manière pour lui de dire à la jeunesse d’être créative.
Safiatou Ouédraogo / Thiombiano, épouse de Moustapha, dira qu’elle est fière et honorée de l’hommage fait à ce grand homme. Elle va ensuite dire que Moustapha est un grand homme dans toutes les dimensions du terme. Elle va demander à la jeunesse de ne pas attendre d’avoir de grands moyens avant d’entreprendre comme le disait et faisait feu son mari, célébré ce jour. Elle dira que son mari disait souvent que ‘’le rêve est permis à tout le monde et tous les rêves sont réalisables’’.
Alpha Blondy, artiste-musicien, parrain de l’événement et ami de Moustapha Thiombiano, dira que celui-ci l’a conseillé et influencé pour qu’il ouvre sa radio dont il est fier aujourd’hui. « C’est lui qui venait me chercher à l’aéroport pour rester tout le temps avec moi à l’hôtel lorsque je venais au Burkina Faso pour mes concerts », confesse-t-il. Il va ensuite rendre un vibrant hommage à cet homme qui lui a suggéré de toujours dire un mot mooré lorsqu’il vient en concert au Burkina Faso. Ce mot dira-t-il c’est « Ya woto ». « La mort est le seul rendez-vous auquel personne n’échappera », conclut-il.
Pour Aboubacar Zida dit Sid Naaba, P-DG du groupe Savane, Moustapha Thiombiano est une université à ciel ouvert. Il rappelle que pour ses débuts aux côtés de l’homme, lors de son entretien, il avait 10 minutes pour parler afin d’être retenu ou non. Après l’écoulement du temps imparti, le promoteur de la radio Horizon FM va lui dire concernant le fait qu’il n’ait pas de diplôme : « ’je m’en fous du papier, tes connaissances dans la tête me suffisent ».
Abdoulaye Diallo, membre organisateur de Ciné droit libre dit être fier du résultat de cette édition. Il demande à la jeunesse de faire en sorte d’impacter positivement la société et de contribuer au développement du pays.
Pour Moussa Gabriel Dao, l’hommage rendu à l’homme est mérité. Il entendait parler de l’homme et se dit très ému après avoir suivi cette projection. Il lui a rendu hommage pour la culture de la liberté d’expression qu’il a apporté au Burkina Faso. Il invite la jeunesse burkinabè à prendre exemple sur celui-ci afin d’œuvrer pour le développement du pays. Inocent H. Alloukoutoui (Stagiaire)
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