Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré
Culture : « Il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », préconise Dr Ignace Sangaré

Africa-PressBurkina Faso. « Culture et intégration des peuples ». C’est autour de ce thème que Dr Ignace Sangaré, enseignant en littérature orale à l’université Joseph Ki-Zerbo, a animé une conférence publique au profit des étudiants en faculté d’anglais de ladite université ce jeudi 22 avril 2021. Était présent à la conférence, le représentant de la ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Ousmane Djiguemdé, par ailleurs Secrétaire technique de l’Institut des peuples noirs (IPN).

« La crainte de Dieu, la sacralité de la vie, le respect des personnes âgées, l’esprit de solidarité et d’entraide, l’intégrité, l’amour du prochain et du travail, le pardon et l’humanisme sont autant de valeurs que possédaient les sociétés traditionnelles avant l’avènement des valeurs occidentales », a relevé le conférencier, Dr Ignace Sangaré. Pour lui, ces valeurs constituent les fondements de la société africaine. En plus, lors de l’exposé, il a affirmé que les contes, les mythes et les poésies étaient une sorte d’école à ciel ouvert. À l’entendre, la paix n’est pas naturelle, elle est le fruit d’une construction des sociétés. « Pour construire la paix et le vivre-ensemble, il a fallu mettre en place des institutions sociales, à commencer par la langue qui est facteur de dialogue, de communication ; la parenté ; le mariage ; la religion, etc. », a précisé Dr Ignace Sangaré. Puis de déclarer : « La culture est un corps qui naît, grandit et meurt si elle n’est pas bien entretenue ».

Comment adapter nos valeurs à celles étrangères ? A cette question, le conférencier du jour a fait savoir qu’aujourd’hui, l’école africaine est un modèle occidental, alors que nous avions l’école traditionnelle (soirée de contes à ciel ouvert). « Malheureusement, les Africains ont vite adopté la culture de l’autre avec l’arrivée de l’école occidentale, au détriment des nôtres », déplore-t-il. Tout compte fait, il a suggéré aux Etats africains d’intégrer la culture africaine dans le système éducatif comme une sorte de partenariat entre l’école traditionnelle et celle moderne au profit de l’enfant africain, pour qu’il soit en contact réel avec ses propres valeurs culturelles et celles occidentales afin de pouvoir créer un développement individuel, puis collectif. « L’Occident nous a envoyés vers un terrain solitaire et individualiste et aujourd’hui il est temps que les Africains retournent à la source pour pouvoir construire une nouvelle nation », a-t-il recommandé.

« Évitons d’être des étrangers chez nous »

Iliassa Rouamba, président de l’association « Intégration des peuples », quant à lui, a invité la jeune génération à retourner à la source pour s’abreuver et s’approprier les valeurs africaines avant afin de faciliter un meilleur rapprochement des peuples. « Évitons d’être des étrangers chez nous », prévient-t-il.

L’association « Intégration des peuples » a deux mois d’existence. Elle a pour objectif de rapprocher les peuples en organisant des ateliers d’échanges entre les groupes ethniques afin d’éviter les préjugés qui pèsent sur certaines communautés.
Romaric Dalla, étudiant en faculté d’anglais à l’université Joseph Ki-Zerbo, est convaincu que la culture occupe une place importante dans le développement de tout peuple. « Si le Burkina Faso a de la peine à se développer, c’est parce nous assistons de façon exponentielle à la perte de nos valeurs culturelles et sociétales », a-t-il affirmé. Pour lui, il faut une volonté politique pour faire rayonner la culture burkinabè à travers le monde. Il a, à ce propos, félicité le chef de l’Etat Roch Kaboré pour son attachement au Faso Danfani. Mais il trouve que cela reste insuffisant.

C’est dans cet optique qu’il a interpellé les autorités burkinabè à se pencher plus sur des initiatives d’éveil des consciences sur l’importance de la culture dans le développement du Burkina Faso en intégrant des programmes culturels dans l’éducation.

En plus, le citoyen lambda doit, pour sa part, poser des actes salutaires allant dans le cadre de la valorisation de nos cultures. A l’entendre, il va falloir que chaque ethnie, à un moment donné, accepte de mettre de l’eau dans son vin afin qu’on puisse de façon rationnelle et réaliste choisir une langue pour en faire notre langue à tous.

Dofinitta Augustin Khan

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