Africa-Press – Burkina Faso. A l’occasion de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture, Bobo-Dioulasso a vibré dans l’après-midi du dimanche 26 avril 2026 au rythme de la fraternité et du vivre-ensemble. Le site du village artisanal a servi de cadre à la cérémonie officielle d’ouverture de la Semaine de la fraternité de l’Alliance des États du Sahel (AES), couplée au lancement du Village des communautés et de la Galerie de la gastronomie africaine. Placée sous la présidence du Premier ministre, représenté par le ministre des affaires étrangères et de la coopération, Karamoko Jean-Marie Traoré, cette cérémonie a été ainsi marquée par des allocutions, des prestations artistiques, la coupure symbolique du ruban et la visite des stands.
Considéré comme l’un des espaces les plus emblématiques de la Semaine nationale de la culture (SNC), le Village des communautés s’impose une fois de plus comme un véritable carrefour d’échanges et de découvertes. Fidèle à sa vocation, cet espace met en lumière la diversité culturelle du Burkina Faso et du continent africain, tout en valorisant le brassage entre peuples. Ici, chaque communauté présente ainsi ses traditions, son patrimoine et son identité, contribuant à faire du village une vitrine vivante du patrimoine culturel immatériel.
Dans ce creuset de diversité, les visiteurs découvrent les multiples facettes du vivre-ensemble burkinabè. Les pratiques sociales comme la parenté à plaisanterie, symbole fort de cohésion et de paix, y côtoient l’expression artistique à travers la musique et la danse traditionnelle. L’art culinaire n’est pas en reste, avec une variété de mets et de boissons traditionnelles qui témoignent du savoir-faire local et de la richesse des terroirs. Pour cette édition 2026, le Village des communautés rassemble 31 communautés burkinabè et 15 communautés africaines, confirmant son rôle de plateforme d’intégration et de solidarité.
Au-delà de sa dimension culturelle, le Village des communautés se veut également un espace ouvert et convivial. Il accueille des ressortissants africains vivant à Bobo-Dioulasso, renforçant ainsi les liens d’intégration sous-régionale. Plus qu’un simple espace d’exposition, il constitue un lieu de vie, de dialogue et de célébration de l’identité collective.
Dans son message, le président de la délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso, Laurent Kontogom, a souligné la portée symbolique de la tenue de la Semaine de la fraternité de l’AE, à l’occasion de cette 22e édition de la SNC. Il a rappelé que le choix de la ville de Sya pour abriter cette deuxième édition de la Semaine de la fraternité de l’AES, après Ségou, n’est pas fortuit. « Bobo-Dioulasso a toujours cultivé la fraternité, car elle constitue le socle de la cohésion sociale », a-t-il affirmé. Pour lui, accueillir la Semaine de la fraternité en marge de la SNC est une reconnaissance de l’hospitalité légendaire de la ville et de son engagement en faveur du vivre-ensemble.
La culture comme facteur de résilience et de cohésion
Prenant la parole au nom des ministres en charge de la culture des pays de l’AES, le ministre malien de l’artisanat, de la culture, de l’industrie hôtelière et du tourisme, Mamou Daffé, a salué la vision des chefs d’État du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Il a notamment rendu hommage au capitaine Ibrahim Traoré, au général Abdourahamane Tiani et au général Assimi Goïta, dont l’engagement constitue, selon lui, le socle de la dynamique de fraternité en cours.
Revenant sur la première édition tenue à Ségou, il a indiqué qu’elle a permis de poser les bases d’un dialogue culturel fécond entre les peuples du Sahel. « Cette semaine n’est pas une simple rencontre, elle est une affirmation collective de notre volonté de faire de la fraternité un pilier de notre espace commun », a-t-il déclaré. Insistant sur le rôle central de la culture, il a rappelé qu’elle relie les peuples à travers leurs langues, leurs récits et leurs pratiques. Dans un contexte marqué par de nombreux défis, la culture apparaît, selon lui, comme un facteur de résilience et de cohésion. Il a également lancé un appel à la jeunesse, l’invitant à s’approprier cette dynamique et à œuvrer pour la consolidation de cette fraternité dans la durée.
La culture un levier essentiel d’intégration et de développement
Au nom du gouvernement burkinabè, le ministre des affaires étrangères et de la coopération, Karamoko Jean-Marie Traoré, a livré le message du Premier ministre. Il a salué la présence des délégations du Mali et du Niger, y voyant un symbole fort de solidarité et d’engagement commun. Selon lui, la Confédération des États du Sahel incarne une vision stratégique visant à bâtir un espace intégré, souverain et résilient.
Dans son discours, il a mis en exergue le rôle fondamental de la culture comme mémoire collective, socle identitaire et instrument de souveraineté. « La culture est une force unificatrice qui transcende les siècles et les frontières », a-t-il souligné, rappelant ainsi que les peuples du Sahel partagent des valeurs communes d’hospitalité, de solidarité et de courage.
Il a décliné les ambitions culturelles de l’AES, qui portent notamment sur la valorisation des patrimoines, la structuration des industries culturelles et créatives, la mobilité des artistes et le développement d’une diplomatie culturelle forte. La jeunesse, a-t-il insisté, doit être au cœur de cette dynamique, en tant qu’acteur clé de transformation et d’innovation. Cette deuxième édition de la Semaine de la fraternité, prévue du 26 avril au 1er mai 2026, propose un programme riche mêlant panels, prestations artistiques, expositions et dégustations. Autant d’activités conçues pour renforcer les liens entre les peuples et promouvoir une meilleure compréhension mutuelle.
Romuald Dofini
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