Africa-Press – Burkina Faso. Le 4 septembre, des soldats du 12e Régiment d’infanterie commando (12e RIC) ont été encerclés par des jihadistes dans cette commune proche de Ouahigouya. Selon un bilan officiel, 17 d’entre eux et 36 VDP, des supplétifs civils de l’armée, ont été tués.
L’armée burkinabè, habituée à une certaine omerta sur les pertes subies par ses hommes sur le terrain, a finalement publié un communiqué sur l’attaque de Koumbri. Le 5 septembre, la direction de la communication et des relations publiques de l’État major général des armées (EMGA) a confirmé ce dont bruissaient les réseaux sociaux depuis la veille : la mort de 17 militaires et de 36 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) dans une attaque contre un détachement du 12e Régiment d’infanterie commando (12e RIC) dans cette commune située à une trentaine de kilomètres de Ouahigouya.
Le 2 septembre, deux jours avant l’attaque, des soldats du 12e RIC, appuyés de VDP, ont débarqué à Koumbri en provenance de leur base de Ouahigouya. Depuis le départ d’un précédent détachement militaire – lui-même attaqué à deux reprises – en 2020, la zone est sous l’administration de groupes jihadistes. Ces derniers mois, Koumbri et plusieurs de ses villages sont inaccessibles, forçant certains habitants à faire un grand détour par le Mali pour y accéder.
Pour le capitaine Ibrahim Traoré, la prise de Koumbri aux groupes jihadistes serait donc une victoire de prestige montrant, comme il l’a promis lors de son arrivée au pouvoir il y a bientôt un an, que l’armée poursuit son opération de reconquête du territoire national.
Parmi les soldats qui y ont débarqué début septembre, des éléments aguerris des « Mambas verts » et des VDP, lesquels ont fait face à différentes poches de résistance jihadistes avant de rallier Koumbri. Une fois sur place, ils ont procédé au ratissage progressif des maisons abandonnées occupées par les jihadistes.
Seulement des ambulances
Le 4 septembre, au petit matin, les soldats déployés se retrouvent pris sous un important feu ennemi. « Les éléments ont été encerclés au cours de la matinée », fait savoir une source dans la mission. D’après nos informations, les jihadistes, après avoir attaqué les militaires et les VDP, sont restés sur les lieux jusque tard dans la soirée sans être inquiétés.
Pourtant, dans son communiqué, l’armée affirme que des renforts ont rapidement été dépêchés pour appuyer les soldats encerclés à Koumbri. « Les opérations de riposte, immédiatement déclenchées et appuyées par plusieurs vecteurs aériens, ont permis […] de neutraliser plusieurs assaillants en déroute et de détruire leur matériel de combat », indique le texte. Or, selon notre source sécuritaire présente sur place, « il n’y a pas eu d’appui en tant que tel, sauf l’arrivée d’ambulances autour de 10 heures le lendemain matin pour le rapatriement des morts et des blessés ».
Outre celle de Koumbri, deux autres attaques ont visé, début septembre, des détachements militaires à l’est du pays, dans les localités de Foutouri et de Tawori. Mais ces attaques d’envergure n’ont, elles, pas fait l’objet d’une communication officielle de l’armée.
Source: JeuneAfrique
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