
Kaya abrite ce mardi 20 janvier 2026, l’atelier bilan et de capitalisation du projet « Renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés les plus vulnérables au sein des populations déplacées et hôtes de la région des Koulsé ». Le projet mis en œuvre par l’ONG Care, a couvert les communes de Kaya et de Boussouma. Débuté en décembre 2024, il s’achève le 31 janvier 2036. D’où l’importance de passer en revue les acquis engrangés, de tirer les leçons apprises, de relever les défis rencontrés et de formuler des recommandations en vue d’améliorer les prochaines interventions de Care dans la région.
Le projet « Renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés les plus vulnérables au sein des populations déplacées et hôtes de la région des Koulsé » a pour objectif de renforcer la résilience des communautés, dont la vulnérabilité est exacerbée par la crise sécuritaire et humanitaire que traverse le Burkina Faso. Ce sont au total 10 villages des communes de Kaya et de Boussouma, qui ont bénéficié des interventions du projet, qui se sont étalées sur 14 mois.
Ces interventions ont été structurées autour de 4 axes principaux que sont l’assistance alimentaire adaptée, la mise à disposition d’intrants agricoles pour soutenir les moyens d’existence, le renforcement des connaissances et pratiques nutritionnelles essentielles ainsi que la prévention et la prise en charge de la malnutrition au niveau des formations sanitaires, en collaboration étroite avec les districts sanitaires concernés.
Le présent atelier, qui réunit les acteurs de mise en œuvre, les partenaires, les bénéficiaires ainsi que les autorités régionales, a permis d’apprécier les résultats atteints, d’analyser les défis rencontrés, de capitaliser les leçons apprises et bonnes pratiques, et de formuler des recommandations.
Des résultats jugés satisfaisants par les acteurs de mise en œuvre
À l’heure du bilan, c’est un satisfecit général qui se dégage au niveau des acteurs de mise en œuvre du projet. Selon le coordonnateur de zone de Care Burkina Faso, Jean-Marie Zongo, les objectifs escomptés ont été atteints et tous les indicateurs attestent des bonnes performances enregistrées.
Au-delà des indicateurs, ce sont des populations qui ont été relevées et sorties de la précarité et qui ont vu leurs conditions de vie s’améliorer. Ce sont environ 7 000 personnes qui ont été touchées par les activités déployées sur le terrain dans les 10 villages d’intervention.
En ce qui concerne le renforcement du système de santé, ce sont 911 agents de santé qui ont été formés. Les districts sanitaires de Kaya et de Boussouma ainsi que le CHR de Kaya ont été dotés en médicaments et en matériels médico-techniques. Pour ce qui est de la nutrition, plus de 1 900 séances de sensibilisation en lien avec les bonnes pratiques nutritionnelles ont été organisées, des mères ont été formées dans la fabrication de bouillie enrichie, 1 200 enfants ont été dépistés et 511 référés vers les centres de santé pour une prise en charge de la malnutrition, a fait savoir Jean-Marie Zongo.
Les communautés bénéficiaires ont également été dotées en vivres, en intrants agricoles pour la production et en petits ruminants pour pratiquer l’élevage. Plusieurs membres de ces communautés ont aussi vu leurs capacités renforcées en pratique d’agriculture hors-sol. Déplacée interne résidant au secteur 6 de Kaya, Tipoko Mariam a bénéficié de l’accompagnement du projet. Elle indique avoir reçu des vivres ainsi que des petits ruminants, ce qui lui permet de pratiquer l’élevage. Cette activité lui permet, confie-t-elle, de subvenir aux besoins de sa famille et de scolariser ses enfants. La précarité est désormais un lointain souvenir pour elle et les siens.
Hamado Sawadogo, quant à lui, accueille plusieurs personnes déplacées internes. Celles-ci ont bénéficié de vivres, de dotation en petits ruminants, de formation en agriculture hors-sol et de renforcement en bonnes pratiques nutritionnelles. Il salue ces différentes initiatives portées par le projet et qui permettent selon lui aux bénéficiaires de retrouver une vie normale, loin de la misère et du dénuement.
Le haut-commissaire de la région des Koulsé, Idrissa Gamsonré, qui préside les travaux de l’atelier bilan, a exprimé sa profonde satisfaction quant aux activités menées par l’ONG Care dans le cadre de ce projet. « Ces interventions ont permis aux populations de faire face à la situation qu’elles vivaient et d’être plus résilientes. À travers les dotations obtenues, elles ont pu faire une bonne campagne agricole. Ces interventions ont permis aux populations de retrouver leur dignité », a-t-il laissé entendre.
Il faut noter que le projet « Renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés les plus vulnérables au sein des populations déplacées et hôtes de la région des Koulsé » a un coût global d’environ 600 millions de FCFA et est financé par Latter Day Saints.
Armelle Ouédraogo