Africa-Press – Burkina Faso. Le rapport souligne que le poids croissant des fonds locaux en Afrique fournit à l’écosystème continental du capital-risque une base d’investisseurs stable, qui lui donne un certain degré de résilience lorsque les acteurs étrangers courent aux abris en temps de crise.
Les investisseurs basés en Afrique ont représenté 30 % du total des acteurs du capital-risque ayant injecté des fonds dans des entreprises africaines en 2025, contre 28 % pour les fonds basés en Amérique du Nord et 25 % pour ceux originaires d’Europe, selon un rapport publié le mardi 10 février par l’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque (AVCA).
Intitulé « Venture Capital in Africa Report 2025 », le rapport précise que les fonds locaux, qui ont été les plus actifs pour la deuxième année consécutive, représentent une base d’investisseurs de plus en plus importante et stable, fournissant à l’écosystème africain un certain degré de résilience aux turbulences économiques qui motivent souvent le retrait de certains internationaux.
Les 188 investisseurs africains ayant misé dans des entreprises opérant sur le continent durant l’année écoulée sont notamment basés en Afrique du Sud, en Égypte, au Nigeria et au Kenya. 7 fonds africains figurent dans le Top 10 des investisseurs ayant réalisé le plus grand nombre de transactions. Il s’agit de Launch Africa Ventures (Maurice, 14 transactions), Renew Capital (Éthiopie, 8), All On (Nigeria, 7), Azur Innovation Management (Maroc, 7), Beltone Venture Capital (Égypte, 7), ESquared Investments (Afrique du Sud, 7) et Holocene Venture (Afrique du Sud, 7).
Au total, le nombre d’investisseurs actifs dans le paysage africain du capital-risque en 2025 s’est élevé à 625, contre 614 en 2024, avec 70 % de fonds internationaux. Cette forte présence s’explique par plusieurs facteurs interdépendants, dont la quête d’opportunités africaines alignées sur leurs objectifs stratégiques et opérationnels, comme l’accès aux talents locaux et le potentiel de rendement à long terme.
La valeur des financements par dette progresse de 91 %
Parallèlement, les gestionnaires de fonds issus de la diaspora ont joué un rôle essentiel dans la mise en relation des pools de capitaux internationaux avec les marchés africains. La dernière dynamique en jeu est l’importance des capitaux philanthropiques provenant d’organisations telles que la société belge EDFI Management Company. Le rapport révèle d’autre part que les acteurs locaux et étrangers de l’industrie du capital-risque ont investi un montant global de 3,9 milliards USD dans le cadre de 506 transactions en Afrique en 2025, contre 3,6 milliards USD en 2024. Ces investissements sont répartis entre equity (prises de participations) et financements par dette (venture debt).
Les financements en equity ont baissé de 21% comparativement à 2024, pour s’établir à 2,1 milliards USD, tandis que le volume des transactions est resté quasiment stable à 432 opérations. Les financements par dette comme les prêts directs et les prêts convertibles en actions, ou encore le financement mezzanine, ont connu un grand essor en 2025, avec 74 transactions réalisées (+ 23 % en glissement annuel) et une valeur totale en hausse de 91 %, à 1,8 milliard USD. Ce mode de financement non-dilutif a ainsi représenté 15 % du volume des transactions, mais 47 % de la valeur totale des investissements.
La répartition des investissements globaux (equity et dette) recensés l’an passé par sous-région montre que l’Afrique du Nord arrive en tête de liste en termes de valeur (762 millions USD) devant l’Afrique australe (560 millions USD), l’Afrique de l’Ouest (547 millions USD), l’Afrique de l’Est (426 millions USD) et l’Afrique centrale (27 millions USD). Les investissements réalisés dans des entreprises opérant dans plus d’une sous-région (multi-régionales) ont quant à eux atteint 1,56 milliard USD.
L’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque souligne en outre que 34 opérations de sorties (exits) ont eu lieu en 2025, contre 26 en 2024.
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