Africa-Press – Burkina Faso. L’Afrique reste la région la moins performante à l’indice mondial de perception de la corruption de Transparency International. 4 pays seulement y ont obtenu des scores supérieurs à 50 points sur une échelle de 100, et 16 ont vu leurs notes régresser par rapport à l’édition 2024.
Les Seychelles, le Cap-Vert, le Botswana et le Rwanda restent les pays les moins corrompus d’Afrique, selon l’édition 2025 de l’indice de perception de la corruption (IPC) élaboré par l’ONG Transparency International. L’IPC classe 182 pays et territoires en fonction de la perception du niveau de corruption au sein de leur secteur public sur une échelle de 0 (forte corruption) à 100 points (peu de corruption), à l’aide de données provenant de 13 sources externes, dont la Banque mondiale, le Forum économique mondial, des sociétés privées de conseil/gestion des risques et des groupes de réflexion.
Avec un score de 68 points, les Seychelles occupent ainsi le 24e rang à l’échelle mondiale et restent le pays le mieux classé du continent africain, devant le Cap-Vert (62 points et 35e rang mondial). Le Botswana et le Rwanda arrivent ex aequo à la 3e continentale et au 41e rang mondial, avec un score de 58 points. Viennent ensuite Maurice (61è rang mondial), la Namibie (65è), le Sénégal (65è), le Bénin (70è) et Sao Tomé & Principe (70è). La Côte d’Ivoire et le Ghana qui se classent ex aequo au 76è rang mondial ferment le Top 10 africain.
Les scores les plus bas sur le continent sont attribués au Soudan (14), à l’Érythrée (13), à la Libye (13), à la Somalie (9) et au Soudan du Sud (9). Quatre pays africains seulement obtiennent des scores supérieurs à 50 points: Seychelles, Cap-Vert, Botswana et Rwanda. Au total, 14 pays africains ont amélioré leurs scores par rapport à l’édition 2024 de l’indice de perception de la corruption, tandis que 16 ont vu leurs scores régresser et 24 ont conservé les mêmes notes.
En termes de scores, les meilleures progressions par rapport à 2024 ont été réalisées par le Maroc, le Gabon et la Guinée équatoriale (+2 points pour chaque pays), tandis que les plus fortes régressions ont concerné les Seychelles, le Mozambique et Eswatini (-4 points pour chaque pays), ainsi que la Namibie, la Côte d’Ivoire, le Niger et Maurice (-3 points).
La corruption s’aggrave à l’échelle mondiale
Plus généralement, l’Afrique reste la région où la perception de la corruption est la plus forte à l’échelle mondiale. Transparency International s’inquiète du fait que ce fléau présent dans la gestion des fonds publics sur le continent témoigne d’un manque d’intégrité politique des dirigeants, entrave l’accès des individus à des services essentiels, et a des conséquences néfastes sur la vie quotidienne, les personnes les plus vulnérables étant les plus durement touchées.
À Madagascar par exemple, les problèmes persistants de corruption ont été l’un des éléments déclencheurs des soulèvements de la génération Z qui ont conduit à la chute du gouvernement en octobre 2025. Les manifestants, qui ont dénoncé les profits réalisés par les dirigeants et leurs proches, le détournement de fonds publics à l’origine de défaillances chroniques dans les services d’approvisionnement en eau, en électricité, etc., l’absence de responsabilité et l’impunité des fonctionnaires corrompus, ainsi que d’autres problèmes systémiques, exigeaient un changement.
Aux Seychelles, pays le mieux classé d’Afrique, la solidité des mesures de lutte contre la corruption est de plus en plus remise en question suite aux retards pris dans l’enquête et les poursuites relatives à une affaire de blanchiment présumé de 50 millions USD. Au plan mondial, le Danemark obtient le score le plus élevé de l’IPC (89 points). Il est suivi de près par la Finlande (88), Singapour (84), la Nouvelle-Zélande (81) et la Norvège (81).
Transparency International fait par ailleurs état d’une aggravation de la corruption à l’échelle planétaire, alors que l’ordre mondial est mis à rude épreuve par la rivalité entre les grandes puissances et le dangereux mépris des normes internationales. Cette année, pour la première fois depuis plus de dix ans, la moyenne mondiale de l’IPC a chuté jusqu’à seulement 42 sur 100. La grande majorité des pays ne parviennent pas à maîtriser la corruption, 122 États sur 182 obtenant un score inférieur à 50.
En outre, le nombre de pays obtenant une note supérieure à 80 est passé de 12 il y a dix ans à seulement 5 aujourd’hui. On observe une tendance inquiétante à la dégradation de la perception de la corruption dans certaines démocraties, comme les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France et la Suède.
Classement 2025 des pays africains à l’indice de perception de la corruption de Transparency International
1-Seychelles (24è rang mondial)
2- Cap-Vert (35è)
3-Rwanda (41è)
-Botswana (41è)
5- Maurice (61è)
6-Namibie (65è)
-Sénégal (65è)
8-Bénin (70è)
-Sao Tomé & Principe (70è)
10-Côte d’Ivoire (76è)
-Ghana (76è)
12-Afrique du Sud (81è)
13-Burkina Faso (84è)
-Tanzanie (84è)
15-Maroc (91è)
-Tunisie (91è)
17-Ethiopie (96è)
18-Gambie (99è)
-Lesotho (99è)
-Zambie(99è)
21-Algérie (109è)
-Malawi (109è)
-Sierra Leone (109è)
24-Angola (20è)
-Togo (120è)
26-Djibouti (124è)
-Niger (124è)
28-Egypte (130è)
-Kenya (130è)
-Mauritanie (130è)
31-Gabon (135è)
32-Liberia (136è)
-Mali (136è)
34-Cameroun (142è)
-Guinée (142è)
-Nigeria (142è)
37-Madagasacar (148è)
-Ouganda (148è)
39-Centrafrique (150è)
40- République du Congo (153è)
-Eswatini (153è)
42-Tchad (157è)
-Zimbabwe (157è)
44-Guinée-Bissau (161è)
-Mozambique (161è)
46-Comores (163è)
-RD Congo (163è)
48-Burundi (167è)
49-Guinée équatoriale (172è)
50-Soudan (175è)
51-Erythrée (177è)
-Libye (177è)
53-Somalie (181è)
-Soudan du Sud (181è)
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