Africa-Press – Burkina Faso. Du 26 mars au 9 avril 2026, a lieu la première phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC). Placée sous le thème « Produisons burkinabè, consommons burkinabè: notre assiette, notre fierté ! », cette édition veut inscrire la consommation locale au cœur de la dynamique patriotique nationale. L’annonce a été faite ce 24 mars 2026 à Ouagadougou par Harouna Kadio, secrétaire général du ministère de la Justice, représentant le ministre de la justice.
Devant les journalistes réunis pour le lancement officiel de cette première phase, le secretaire général du ministère de la Justice, Harouna Kadio a insisté sur la portée symbolique et stratégique de cette initiative, désormais institutionnalisée dans le calendrier national. À ses côtés, Luc Damiba, conseiller spécial du Premier ministre, et Souleymane Diallo, directeur de communication du Service d’information du gouvernement (SIG), ont également pris part à cette conférence de presse. « Notre pays traverse une étape décisive de son histoire », a déclaré Harouna Kadio, rappelant que le Burkina Faso est engagé dans une période exigeante où la reconquête de la souveraineté nationale se conjugue avec la nécessité de raffermir les bases morales et civiques de la société. Selon lui, les JEPPC se veulent « un appel à l’éveil des consciences, une invitation à l’action, à un sursaut collectif ».
Pour cette troisième édition, le gouvernement a choisi d’orienter le message vers la souveraineté économique et alimentaire à travers un thème directement lié aux habitudes de consommation: « Produisons burkinabè, consommons burkinabè: notre assiette, notre fierté ! » Une orientation qui, selon les organisateurs, répond à plusieurs impératifs stratégiques.
D’abord, il s’agit de réduire la dépendance vis-à-vis des importations en soutenant davantage les producteurs nationaux. Ensuite, le gouvernement entend stimuler l’économie intérieure en renforçant les circuits locaux de transformation et de distribution. Cette démarche valorise également le monde rural, considéré comme l’un des socles essentiels de l’économie nationale. Pour Harouna Kadio, ce thème constitue aussi un levier de création d’emplois et de revenus, notamment pour les jeunes et les femmes, fortement impliqués dans les activités agricoles, commerciales et de transformation agroalimentaire. Au-delà de l’économie, il s’agit aussi d’un enjeu culturel: promouvoir les mets locaux revient à affirmer une identité nationale et à préserver des savoir-faire endogènes. « Consommer burkinabè ne relève plus d’un simple choix ; c’est un acte de patriotisme, un acte de responsabilité, un acte de souveraineté », a insisté le secrétaire général du ministère de la Justice.
Le programme annoncé pour cette première phase se veut dense. Environ 16 activités principales et plus de cent trente activités connexes seront organisées à travers le territoire national. L’objectif est d’ancrer concrètement les valeurs citoyennes dans les pratiques quotidiennes.
Parmi les activités phares figure la montée des couleurs nationales, accompagnée de l’exécution du Ditanyè en langues nationales et de la lecture du message présidentiel. Cette dimension symbolique vise à rappeler l’attachement à l’État et aux institutions. La valorisation culturelle occupera également une place importante avec l’encouragement au port des tenues traditionnelles telles que le Faso Dan Fani et le Koko Donda. Ce choix s’inscrit dans une logique plus large de promotion des productions nationales, non seulement alimentaires mais aussi textiles.
L’engagement citoyen prendra aussi une forme concrète comme pour les éditions précédentes à travers des journées de salubrité dans les administrations publiques, les universités, les collectivités territoriales ainsi que dans les quartiers et domiciles. Ces actions visent à renforcer le sens du civisme à travers l’entretien des espaces de vie collective. À cela s’ajoutent des conférences et activités de sensibilisation en milieu scolaire pour renforcer l’éducation civique auprès des jeunes générations.
Concernant la promotion du consommer local, plusieurs foires, expositions et dégustations de produits locaux sont prévues. Les autorités souhaitent également encourager l’intégration des mets locaux dans les habitudes alimentaires collectives, aussi bien dans les administrations que dans les espaces publics. Harouna Kadio a salué, au cours de cette conférence de presse, l’implication des organisations de la société civile, qu’il considère comme des partenaires essentiels dans la réussite de ces journées. Plusieurs initiatives citoyennes viendront compléter le programme officiel, notamment à travers des débats publics, des campagnes de sensibilisation et des actions communautaires.
Le ministère de la Justice insiste toutefois sur le fait que la réussite des JEPPC ne dépend pas uniquement des institutions publiques. Elle repose avant tout sur l’adhésion réelle des citoyens. Pour les autorités, chaque Burkinabè détient une part de responsabilité dans cette dynamique nationale. Soutenir les producteurs locaux, privilégier les produits du terroir, valoriser les savoir-faire nationaux et transmettre aux plus jeunes la fierté d’appartenir à la nation sont autant de gestes simples qui peuvent, selon le gouvernement, produire un impact durable.
Enfin, la conférence a été une occasion pour lancer un appel particulier aux médias. Le gouvernement attend des journalistes qu’ils jouent pleinement leur rôle de relais de sensibilisation et de mobilisation sociale. Harouna Kadio a rappelé que la diffusion des idéaux portés par les JEPPC reste un facteur déterminant pour toucher les populations dans toutes les localités du pays.
Instituées par le décret n°2024-0354 du 3 avril 2024, les JEPPC se tiennent chaque année en deux phases distinctes: une première du 26 mars au 9 avril, et une seconde du 2 au 16 octobre. Pour le gouvernement, il ne s’agit pas simplement d’organiser une succession d’activités ponctuelles, mais de créer un véritable mouvement d’adhésion citoyenne autour des valeurs de patriotisme, d’intégrité, de discipline, de solidarité, de sens du devoir et d’engagement pour le bien commun.
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