Africa-Press – Burkina Faso. À Boussouma, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a remis des Attestations de possession foncière rurale (APFR) à neuf propriétaires terriens qui, en retour, cèdent une partie de leurs terres sécurisées aux ménages déplacés internes pour répondre à leurs besoins en abris et en activités agropastorales.
Vendredi 17 avril 2026 à Boussouma, dans le Sandbondtenga, neuf propriétaires terriens ont reçu des Attestations de possession foncière rurale (APFR). Cette initiative portée par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), en partenariat avec la Délégation spéciale de Boussouma, vise à garantir aux personnes déplacées internes (PDI) un accès sécurisé à des terres cultivables mises à disposition par les communautés hôtes et à favoriser ainsi leur autonomie et la cohabitation pacifique.
Dans le cadre du suivi du « Projet appui à l’accès et sécurisation des terres au profit des personnes déplacées internes, retournées et hôtes », dont l’objectif principal est de promouvoir l’accès sécurisé des PDI à la terre pour le logement et la production agropastorale, 17,82 ha ont été sécurisés à travers la délivrance de neuf Attestations de possession foncière rurale (APFR) au profit de neuf propriétaires terriens.
Pour atteindre cet objectif, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, en collaboration avec les autorités locales, a mis en place un mécanisme de solidarité plurielle, visant à appuyer les propriétaires terriens de Boussouma qui acceptent de mettre à disposition une partie de leurs terres au profit des personnes déplacées internes (PDI). Cet appui consiste à sécuriser les terres concernées par la délivrance d’Attestations de possession foncière rurale (APFR), préalable indispensable avant tout prêt de terres aux ménages PDI.
Ce vendredi, huit déplacés internes ont reçu à leur tour des documents légaux de prêts fonciers. Sans leur conférer un droit de propriété, ces documents reconnaissent officiellement leur droit d’exploiter les parcelles mises à leur disposition en toute sécurité, sans risque de conflits.
« L’objectif est de prévenir les conflits futurs entre propriétaires terriens et personnes déplacées internes », explique Aboubacar Maman Gambo, chef de bureau de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés à Kaya. « Le document légal de prêt protège la PDI qui exploite la terre, tandis que l’APFR sécurise l’autochtone qui l’a mise à disposition: C’est un mécanisme gagnant-gagnant. »
De son côté, la Délégation spéciale de Boussouma y voit un exemple emblématique de cohésion sociale. « La remise de ces attestations va bien au-delà d’un simple acte administratif. Elle permet de prévenir d’éventuels conflits entre propriétaires terriens et exploitants, tout en consacrant le geste solidaire de ceux qui ont accepté de partager leurs terres avec les déplacés internes. Cela témoigne d’une entente harmonieuse et d’une solidarité sincère entre les communautés », souligne M. Madjoa Lompo, préfet et président de la délégation spéciale de Boussouma.
Sur le terrain, le soulagement se lit sur les visages. « Nous sommes heureux parce que les populations hôtes nous ont donné des terres cultivables et nous leur adressons nos sincères remerciements. Nous n’avons plus peur parce qu’à travers ce document de prêt, les propriétaires terriens tiendront leur engagement, à savoir de ne pas nous expulser de ces terres avant trois ans.
On nous a expliqué les règles à respecter sur ces terres, et nous sommes prêts, engagés à nous y conformer », confie le représentant des personnes déplacées internes.
Même opinion pour le chef du village de Boré. « Moi j’ai donné des portions de terre à près de six ménages PDI. Au début, nous avions peur de ne plus pouvoir rentrer en possession de nos terres. Mais avec ce document, nous sommes rassurés et nous remercions le HCR et les autorités pour leur appui », a-t-il dit.
Cette activité s’inscrit dans une chaîne d’initiatives concrètes qui, partout dans le pays, redonnent espoir, dignité et perspectives à des milliers de ménages PDI.
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