Renouvellement du Parc Automobile par la Maison de l’Entreprise

Renouvellement du Parc Automobile par la Maison de l'Entreprise
Renouvellement du Parc Automobile par la Maison de l'Entreprise

Africa-Press – Burkina Faso. La Maison de l’entreprise du Burkina Faso (MEBF) a tenu, ce jeudi 26 février 2026 à Tenkodogo, un atelier d’information et de sensibilisation à l’intention des opérateurs de transport de la région du Nakambé. Placée sous les auspices de Lucie Diala/Zongo, directrice régionale de la mobilité, cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet régional de corridor économique Lomé-Ouagadougou-Niamey (PCE-LON), qui prévoit un mécanisme de financement destiné au renouvellement du parc automobile.

Après une première étape à Bobo-Dioulasso le 24 février, l’équipe du projet poursuit ainsi son marathon d’information à Tenkodogo avec le même objectif, celui de permettre aux opérateurs de transport de mieux comprendre les conditions d’accès au dispositif et de les rassurer de leur accompagnement dans la constitution de leurs dossiers de renouvellement.

Améliorer la connectivité et la compétitivité

Selon Yacouba Séré, spécialiste en transport du PCE-LON, le projet ambitionne d’améliorer la connectivité régionale et les infrastructures socio-économiques le long du corridor reliant Lomé, Ouagadougou et Niamey.

« Ce projet va contribuer à la compétitivité du transport routier, à la fluidité, mais aussi à la sécurité dans l’approvisionnement », a-t-il expliqué.

Le PCE-LON entend capitaliser sur les acquis du Projet d’appui à la modernisation du secteur des transports et à la facilitation du commerce (PAMOSET-FC), qui avait permis de renouveler environ 140 véhicules, malgré certaines insuffisances relevées.

Un mécanisme incitatif et encadré

Le directeur de l’appui-conseil et du marketing de la MEBF, Ismaël Sawadogo, a détaillé les avantages du mécanisme. Il prévoit une subvention couvrant 30 % du coût d’acquisition du véhicule, une prime à la casse comprise entre 5 et 10 millions de FCFA par véhicule hors limite d’âge, un appui technique pour la mobilisation d’un financement bancaire complémentaire.

Le dispositif s’adresse aux entreprises de transport routier public opérant dans le transport de marchandises diverses, d’agrégats, d’excrétas et d’ordures, ainsi que de matières dangereuses telles que les hydrocarbures et le gaz.

Pour être éligible, Ismaël Sawadogo a indiqué que le demandeur doit être légalement constitué et titulaire d’une licence de transport de type T1 correspondant aux catégories autorisées. L’entreprise doit posséder au moins un véhicule ayant dépassé la limite d’âge réglementaire, en état de fonctionnement et disposant des documents requis. En contrepartie, elle s’engage à mettre à la casse un nombre de véhicules usagés équivalent au nombre de nouveaux véhicules sollicités.

Un apport personnel d’au moins 10 % du coût total du projet est exigé. Le promoteur doit également disposer de garanties suffisantes pour mobiliser un crédit bancaire.

Concernant les transporteurs ayant perdu des véhicules lors d’attaques terroristes dans le cadre de l’approvisionnement du pays, une preuve du sinistre (constat de police, de gendarmerie ou de l’armée) est requise. « Si on ne met pas cette condition, on laisse la porte ouverte à des dérives », a précisé M. Séré, en réponse aux inquiétudes soulevées par des transporteurs.

Transparence et accompagnement renforcé

« Bien que ce soit une compétition, nous sommes près de vous pour vous accompagner », a rassuré Ismaël Sawadogo.

Dans sa communication, il a indiqué que le MEBF prévoit des sessions de renforcement des capacités axées sur le coaching bancaire et l’éducation financière afin de mieux outiller les transporteurs. Elle accompagnera également les bénéficiaires dans l’élaboration de leurs plans d’affaires, la constitution des dossiers de demande de licence et de crédit, ainsi que dans le suivi auprès des structures de financement.

Un appel à candidatures sera lancé prochainement pour sélectionner les opérateurs souhaitant renouveler leurs véhicules. « Nous avons mis tous les atouts de notre côté pour garantir une grande transparence dans la sélection des dossiers », a indiqué Ismaël Ouédraogo.

Satisfaction de la faîtière

Présent à l’atelier, Pato Nacoulma, vice-président chargé du transport des minerais au sein de la Faîtière unique des transporteurs routiers du Burkina (FUTRB), s’est réjoui de l’initiative.

« Cet atelier est le bienvenu. La plupart de nos camions sont vétustes alors que nous avons l’obligation d’approvisionner l’ensemble du territoire. L’acquisition de nouveaux véhicules nous permettra d’être plus compétitifs aux plans national et international. Le transport sera plus moderne, avec moins de tracasseries et plus de célérité », a-t-il déclaré.

D’une durée de cinq ans (janvier 2022-septembre 2027), le PCE-LON est doté d’un budget global de 145,5 milliards de FCFA. Il est financé à hauteur de 2,5 milliards par l’État burkinabè et de 143 milliards par la Banque mondiale, dont 71,5 milliards de crédits IDA et 71,5 milliards de dons. Le mécanisme de renouvellement du parc automobile bénéficie d’une enveloppe de 3,6 milliards de FCFA.

Fredo Bassolé

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