Soutien de 22,25 milliards CFA aux vulnérables au Burkina

Soutien de 22,25 milliards CFA aux vulnérables au Burkina
Soutien de 22,25 milliards CFA aux vulnérables au Burkina

Africa-Press – Burkina Faso. Le Conseil des ministres de ce jeudi 19 février 2026 a adopté cinq rapports majeurs au titre du ministère de l’Économie et des Finances. À travers ces décisions, le Gouvernement burkinabè confirme une orientation stratégique articulée autour de la finance inclusive, du désenclavement routier, de la mobilisation des recettes internes, du renforcement de la souveraineté minière et de la relance industrielle ferroviaire.

Derrière la technicité des textes adoptés, se dessine une même ambition, celle de consolider les bases d’une économie plus résiliente, plus inclusive et davantage orientée vers la transformation structurelle.

Un soutien de la Banque ouest-africaine de développement

Le premier rapport porte sur une ordonnance autorisant la ratification de l’accord de prêt n°2025053/PR BF 2025 38 00, signé le 4 décembre 2025 entre le Burkina Faso et la Banque Ouest-africaine de développement (BOAD). Ce financement s’inscrit dans le cadre de la troisième tranche du Projet de promotion de la finance inclusive pour l’accès des populations à faibles revenus aux services financiers (PPFIP). Le coût global du projet est estimé à 44,372 milliards de francs CFA, dont 12,250 milliards de francs CFA financés par la BOAD.

L’objectif général du PPFIP est d’améliorer les conditions socioéconomiques des populations à la base. De manière spécifique, il vise à favoriser l’accès aux services financiers à travers les institutions de microfinance (IMF) ; renforcer la protection sociale et la résilience des ménages vulnérables ; développer des services financiers de proximité adaptés et inclusifs. À cela s’ajoutent la mise en place des mécanismes d’appui garantissant la pérennité des institutions de financement décentralisées. Les principaux bénéficiaires sont les femmes rurales et périurbaines à faible revenu, les groupements d’agriculteurs et d’éleveurs, les jeunes actifs dans l’agriculture et l’artisanat, les petits commerçants ainsi que les PME.

Dans un contexte marqué par des fragilités économiques et sécuritaires, l’inclusion financière apparaît comme un levier essentiel de stabilisation sociale et de relance économique. L’accès au crédit, à l’épargne et à l’assurance constitue un outil puissant d’autonomisation et d’intégration dans le circuit économique formel.

Financement du tronçon Yargo-Bourzanga

Le deuxième rapport, lui, autorise la ratification d’un autre accord de prêt conclu avec la BOAD, d’un montant de 10 milliards de francs CFA. Il concerne le financement du tronçon Yargo-Bourzanga dans le cadre du projet de construction et de bitumage de la route nationale n°22 (RN22) reliant Kongoussi à Djibo. Ce projet revêt une dimension stratégique majeure. Au-delà de l’amélioration des infrastructures routières, il contribue à la résolution de la crise sécuritaire et humanitaire dans la zone du Sahel par le désenclavement de la région.

En effet, une route praticable toute l’année facilite notamment l’acheminement des vivres et de l’aide humanitaire, la mobilité des populations, la reprise des activités commerciales, et le redéploiement des services publics. Le désenclavement est souvent la première étape vers la reconstruction du tissu économique local. En investissant dans la RN22, l’État agit simultanément sur la sécurité, l’économie et la cohésion territoriale.

Encadrement de la perception des recettes

Au sujet du troisième rapport, celui-ci concerne un projet de décret autorisant la perception de recettes relatives aux prestations de service de certaines structures du ministère de l’Enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique. Ces prestations incluent notamment l’autorisation d’occupation des postes de censeur et de comptable dans les établissements privés ; l’habilitation ou le renouvellement d’habilitation des entreprises formatrices ; les frais d’inscription aux examens et concours. À cela viennent s’ajouter la délivrance de duplicatas de diplômes ; l’analyse de documents pédagogiques ; la formation pédagogique demandée par les promoteurs privés.

L’enjeu ici est double: clarifier les modalités de perception et renforcer la mobilisation des ressources propres de l’État. Dans un contexte de contraintes budgétaires, l’optimisation des recettes internes constitue ainsi un pilier de la soutenabilité financière. Cette mesure participe d’une logique de gouvernance plus rigoureuse et de transparence dans la gestion des services publics.

La participation de l’État dans le capital de KIAKA SA passe à 40%

Le quatrième rapport porte sur un projet de décret autorisant une prise de participation supplémentaire de l’État burkinabè dans le capital social de la société KIAKA SA. Située dans la commune de Gogo, province du Zoundwéogo (région du Nazinon), KIAKA SA détient un permis d’exploitation minière couvrant 54,02 km2. Conformément au Code minier de 2024 et aux textes d’application en vigueur, l’État prendra une participation additionnelle de 25%, portant sa part totale à 40% du capital social.

Cette décision traduit une volonté affirmée de renforcer la souveraineté nationale sur les ressources minières. En augmentant sa participation, l’État espère accroître ses revenus directs issus de l’exploitation ; renforcer son contrôle stratégique ; et garantir une meilleure redistribution des retombées économiques. Dans un pays où le secteur minier constitue un moteur essentiel de croissance, cette orientation marque un tournant vers une gouvernance plus active et plus souveraine des ressources naturelles.

Sécuriser le foncier pour un complexe industriel ferroviaire

Le cinquième rapport enfin, est consacré au projet de décret portant déclaration d’utilité publique, définition d’une zone de servitude foncière et constitution de réserves foncières autour du site d’implantation du complexe industriel ferroviaire de la société d’économie mixte Faso Rails. Dans le cadre de la politique nationale d’industrialisation et de renaissance du secteur ferroviaire, le Gouvernement a engagé la création d’un complexe intégré dédié à la fabrication et à la pose de rails.

Le site retenu couvre une superficie de 59,3368 hectares à Kotédougou, dans la commune de Bobo-Dioulasso, le long de la RN1, à proximité du nouveau péage. La déclaration d’utilité publique vise à sécuriser le foncier et à garantir la mise en œuvre effective des infrastructures industrielles, logistiques et ferroviaires prévues, notamment les ouvrages annexes nécessitant une zone de servitude périphérique.

Ce projet symbolise une ambition industrielle forte, celle de réduire la dépendance extérieure en matière d’infrastructures ferroviaires et de stimuler une chaîne de valeur locale autour du rail. Une vision cohérente d’inclusion, de souveraineté et d’industrialisation. À travers ces cinq rapports, le Conseil des ministres du 19 février 2026, dévoile clairement sa stratégie économique qui repose sur trois piliers majeurs: l’inclusion financière et sociale, avec le PPFIP ; le désenclavement et les infrastructures structurantes, avec la RN22 ; la souveraineté économique, via la montée en capital dans le secteur minier et l’industrialisation ferroviaire. À cela s’ajoute une volonté de renforcer la mobilisation des ressources internes pour consolider les finances publiques.

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