Burkina Faso: Projet Wakanda pour un développement durable

Burkina Faso: Projet Wakanda pour un développement durable
Burkina Faso: Projet Wakanda pour un développement durable

Africa-Press – Burkina Faso. La ville de Pô, située dans la région du Nazinon, a abrité, ce vendredi 27 mars 2026, l’atelier de clôture du projet « Gestion participative du développement durable en périphérie des aires protégées du paysage Ponasi », plus connu sous l’appellation projet Wakanda. Cette rencontre, riche en échanges et en enseignements, a marqué la fin de plus de cinq années d’engagement au service des communautés locales et de la préservation des ressources naturelles. La cérémonie a été présidée par la secrétaire générale de la région du Nazinon, Ouo Abibata Bamouni/Traoré, représentant la gouverneure. À ses côtés, plusieurs personnalités et autorités coutumières ont rehaussé l’événement par leur présence, notamment le préfet, président de la délégation spéciale de Pô, Ilassa Dianda, ainsi que le représentant pays de Nitidae, Koffi Mickael Yaméogo.

Financé par l’Union européenne à hauteur de 5,9 millions d’euros, soit près de 3,9 milliards de francs CFA, sur une période de 5 ans et demi, le projet Wakanda laisse derrière lui des résultats tangibles. Son approche multisectorielle a permis d’engranger des avancées significatives dans des domaines clés tels que l’agroforesterie et la foresterie, le maraîchage, l’agriculture, l’aviculture, le développement des produits forestiers non-ligneux, ainsi que les grandes cultures. À cela s’ajoutent la dynamisation des Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) et la promotion d’activités culturelles et sociales, contribuant ainsi à une amélioration globale des conditions de vie des populations.

Parmi les bénéficiaires du projet, Katié Yogo, venue du village de Bétaré, dans la commune de Guiaro, a livré un témoignage poignant sur les transformations opérées grâce à l’initiative Wakanda. Elle se souvient d’une période marquée par de nombreuses difficultés, où les opportunités étaient quasi-inexistantes pour les femmes du village. « Avant, c’était vraiment dur, on ne pouvait pratiquement rien faire », confie-t-elle. Mais l’arrivée du projet a marqué un véritable tournant, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives économiques et sociales pour les femmes, les jeunes et les enfants de la localité.

Aujourd’hui, grâce aux infrastructures et aux activités mises en place, elle confie que la vie des populations s’est profondément améliorée. Un site maraîcher d’un hectare, doté de forages et d’un château d’eau, permet aux femmes de produire divers légumes tels que le chou, l’oignon, la tomate ou encore les feuilles d’oseille. À cela s’ajoutent des activités comme l’aviculture et l’apiculture, ainsi que la transformation du beurre de karité, autrefois méconnue, mais désormais source de revenus. Ces initiatives permettent, affirme-t-elle, non seulement aux femmes de subvenir à leurs besoins, mais aussi de contribuer aux charges familiales, notamment la scolarisation et la santé des enfants. Par ailleurs, la construction d’un centre populaire de loisirs bien équipé a insufflé une nouvelle dynamique sociale dans le village, offrant des espaces de rencontre, de détente et d’épanouissement. Pour Katié Yogo, ces réalisations ont redonné espoir et dignité aux populations de Bétaré, désormais engagées sur la voie d’un mieux-être durable.

Le projet Wakanda, une initiative structurante

Au nom de la gouverneure, la secrétaire générale de la région du Nazinon a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs ayant contribué à la réussite du projet. Elle a exprimé sa reconnaissance à l’Union européenne pour son appui financier déterminant, ainsi qu’aux partenaires de mise en œuvre, notamment Nitidae, Naturama et CERDE, pour leur accompagnement constant aux côtés des communautés.

Elle a par ailleurs rappelé l’importance stratégique du paysage Ponasi, un espace transfrontalier entre les régions du Nazinon et du Nando, reconnu à la fois comme un réservoir de biodiversité remarquable et un territoire au cœur des enjeux liés à la gestion durable des ressources naturelles, à la cohésion sociale et au développement économique local. Dans un contexte marqué par des pressions croissantes sur les ressources et une volonté nationale affirmée de promouvoir l’autosuffisance alimentaire, le projet Wakanda apparaît comme une initiative structurante.

Au-delà des résultats obtenus, la représentante de la gouverneure a insisté sur la valeur ajoutée méthodologique du projet, fondée sur la participation active des communautés, l’implication des autorités locales et l’adaptation constante aux réalités du terrain. Une approche saluée également par les partenaires, notamment pour sa capacité à évoluer en fonction des besoins réels des bénéficiaires, gage de pertinence et de durabilité.

Si le projet s’achève, une dynamique vertueuse est désormais enclenchée. Les acquis enregistrés, notamment en matière de résilience des systèmes de production et de valorisation des ressources locales, s’inscrivent pleinement dans la vision nationale de souveraineté alimentaire et de développement endogène. Pour les autorités régionales, l’enjeu est désormais de consolider ces acquis, de renforcer les synergies entre acteurs et de poursuivre les efforts engagés.

Une approche participative saluée

Dans son intervention, le président de la délégation de Pô a souligné l’importance capitale de cet atelier de clôture, qu’il considère comme une étape décisive dans le processus d’évaluation et de capitalisation des acquis du projet Wakanda. Selon lui, cette initiative a permis de renforcer de manière significative la gestion durable des ressources naturelles, tout en contribuant à l’amélioration des conditions de vie des populations vivant en périphérie des aires protégées du paysage Ponasi. Au nom de la délégation spéciale de Pô et des bénéficiaires, il a exprimé sa profonde reconnaissance à Nitidae pour son engagement constant et son accompagnement aux côtés des communautés locales.

Le préfet a par ailleurs mis en avant les retombées concrètes du projet, notamment en matière de préservation des écosystèmes, de renforcement des capacités des populations et de promotion d’activités génératrices de revenus respectueuses de l’environnement. Il a salué l’approche participative adoptée, qui a permis d’impliquer activement les communautés dans la protection des aires protégées, tout en conciliant conservation de la biodiversité et développement socioéconomique. Une démarche inclusive qu’il considère comme un modèle à promouvoir et à pérenniser. En guise de perspective, Ilassa Dianda a émis le vœu de voir les acquis consolidés et les dynamiques engagées se poursuivre durablement, au bénéfice des populations actuelles et des générations futures.

Des réalisations concrètes au profit des populations

Tout au long de la journée, les participants ont été immergés dans l’univers du projet à travers une série d’activités variées: des projections d’images et de vidéos retraçant les différentes étapes de mise en œuvre, ainsi que des panels d’échanges autour des acquis et des perspectives. Autant de moments qui ont permis de mesurer l’ampleur du travail accompli depuis le lancement du projet en septembre 2020.

Le représentant pays de Nitidae au Burkina Faso, Koffi Mickael Yaméogo, a mis en lumière l’approche globale et multisectorielle du projet Wakanda, qui a touché à des domaines essentiels tels que la foresterie, l’agroforesterie, le maraîchage, l’agriculture, la gouvernance et surtout la cohésion sociale. Pour lui, cette dernière constitue un pilier fondamental, car « sans cohésion sociale, on ne peut rien construire de durable ». Il a insisté sur le fait que les efforts de développement peuvent être rapidement anéantis en l’absence de liens solides entre les communautés, d’où l’importance accordée à cet aspect tout au long de la mise en œuvre du projet. À cela s’ajoute la promotion des Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC), un levier clé d’autonomisation économique des populations.

« Ce qui compte, ce n’est pas ce que nous avons fait, mais ce que les communautés en retirent », a-t-il résumé. À l’écoute des populations, il estime que les résultats sont globalement satisfaisants, avec des dynamiques économiques locales renforcées, une meilleure préservation de l’environnement et de la biodiversité, ainsi qu’un renforcement des synergies entre les différents acteurs du territoire.

Sur le plan des réalisations concrètes, Koffi Mickael Yaméogo a fait état de la mise en place de 25 sites maraîchers dans autant de villages, de centres populaires de loisirs favorisant les activités socio-culturelles, ainsi que de sites agroforestiers contribuant à la reforestation dans une zone fortement sollicitée pour le bois et le charbon. Le projet a également accompagné plus de 70 producteurs dans leurs activités agricoles et soutenu une soixantaine d’apiculteurs, contribuant ainsi à la diversification des sources de revenus. Mais l’un des succès majeurs reste, selon lui, la mise en place de 57 AVEC, bien au-delà des prévisions initiales, avec des résultats jugés « hyper intéressants », notamment en matière d’autonomisation financière des femmes.

Enfin, il s’est réjoui du niveau d’appropriation du projet par les communautés, qu’il considère comme la plus grande réussite. Selon lui, les bénéficiaires ont acquis des compétences durables et une meilleure compréhension des opportunités économiques, notamment dans le maraîchage, désormais perçu comme une activité rentable dans des zones où il était peu pratiqué. Se projetant dans l’avenir, il a exprimé le souhait de voir ces acquis se consolider et se développer davantage, avec des exploitations qui s’agrandissent et des initiatives locales qui se multiplient. Pour lui, le projet entre désormais dans une nouvelle phase, celle de son appropriation totale par les communautés et les autorités locales, avec pour ambition de contribuer durablement à l’autosuffisance alimentaire et au développement endogène du Burkina Faso.

L’atelier de clôture du projet Wakanda aura ainsi été bien plus qu’un simple bilan: un moment de projection vers l’avenir. Un appel à l’appropriation des résultats par les communautés, véritables artisanes du changement, et à la poursuite d’un processus engagé vers un développement plus autonome, inclusif et résilient dans le paysage Ponasi.

Hamed Nanéma

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