Conférence régionale sur les loisirs : La Boucle du Mouhoun a accueilli la quatrième édition

Conférence régionale sur les loisirs : La Boucle du Mouhoun a accueilli la quatrième édition
Conférence régionale sur les loisirs : La Boucle du Mouhoun a accueilli la quatrième édition

Africa-Press – Burkina Faso. La direction générale des loisirs a organisé des échanges avec les populations de la région de la Boucle du Mouhoun ce jeudi 20 octobre 2022 sur des implications des loisirs dans la crise sécuritaire que le Burkina Faso traverse. C’était autour d’une conférence tenue à Dédougou en présence d’autorités régionales et celles du ministère en charge des sports. Les loisirs peuvent, entre autres, sur le plan social, contribuer à la culture de la solidarité et du sentiment d’appartenance à une même communauté, selon les conférenciers.

« Contribution des loisirs à la résilience des populations face à la crise sécuritaire : enjeux et défis », tel a été le thème de la quatrième édition des conférences régionales sur les loisirs qui a déposé cette fois-ci ses bagages dans la région de la Boucle du Mouhoun. Animée par deux conférenciers à savoir Gouriyamba Ouédraogo et Omar Koudougou Bamogo, la conférence se veut un cadre de sensibilisation sur les loisirs qui, à bien des égards, demeurent un domaine méconnu des populations à la base, selon le directeur général des loisirs, Vohoun Tamini.

Le premier sous-thème développé par le doctorant en récréologie Gouriyamba Ouédraogo a porté sur « Quelle compréhension retenir des loisirs ? ». Le conférencier a souligné de prime abord que le but de sa communication est de « contribuer à une meilleure compréhension des loisirs afin de faciliter leur usage au profit du développement ».

En guise de définition, il a attribué aux loisirs, l’ensemble des activités auxquelles l’individu peut s’adonner de plein gré soit pour se reposer soit pour se divertir soit pour développer son information ou sa formation désintéressée, sa participation sociale volontaire et sa libre capacité créatrice après s’être dégagé de ses obligations professionnelles, familiales et sociales. Le doctorant a insisté que lesdites activités doivent être divertissantes et constructives donc productrices d’une plus-value. Elles doivent en d’autres termes concourir à un développement ou encore à une amélioration des conditions de vie du pratiquant tout en se conformant aux normes sociales et juridiques.

« C’est eu égard à cette importance des loisirs que depuis 1924, la Conférence internationale du travail (CIT) a reconnu aux loisirs leur valeur », a déclaré Gouriyamba Ouédraogo. Depuis cette date, précise-t-il, le domaine des loisirs va connaître un regain d’intérêt à travers le monde par le biais de la création d’institutions et de textes juridiques consacrés à ce secteur. Le Burkina Faso n’est pas resté en marge de cette évolution. En effet, le pays a créé en 2002 un ministère chargé de la promotion des loisirs, a laissé entendre le conférencier avant d’ajouter que depuis 2017 cinq catégories de loisirs sont répertoriées au niveau national dont des loisirs sportifs et de plein air, socioéducatifs et scientifiques.

A en croire M. Ouédraogo, ces différentes catégories de loisirs sont pratiquées au Burkina Faso et sont susceptibles de jouer un rôle au niveau du développement sanitaire, économique, social, éducatif et culturel. Ainsi, sur le plan social par exemple, le doctorant en récréologie explique que les loisirs contribuent à l’éclosion de la solidarité, du sentiment d’appartenance à un même groupe social, au renforcement de la convivialité et de la sociabilité au sein de la communauté.

Quant à Omar Koudougou Bamogo, deuxième conférencier du jour, il a décortiqué le sous-thème relatif aux « Loisirs et résilience des populations dans le contexte de crise sécuritaire ». Doctorant en géographie des loisirs, ce communicateur a assené que les loisirs constituent un couteau à double tranchants, c’est-à-dire que les loisirs mal utilisés sont un problème pour la société. Bien manipulés, ils sont un tremplin pour le développement de la cité. Dans le cas échéant de la crise sécuritaire qui secoue le Burkina Faso, il a relevé trois segments de loisirs qu’il dit avoir un lien avec l’avènement du terrorisme. Il s’agit d’abord de la mauvaise utilisation des temps libres, ensuite des activités contraires aux normes sociales utilisées pour meubler les temps libres et enfin l’absence de contrôle des lieux où sont pratiqués les loisirs.

Toutefois, M. Bamogo reconnait que les loisirs peuvent être un catalyseur pour remonter la pente en favorisant une certaine résilience des populations face à la crise sécuritaire. A ce propos, il révèle que la pratique bien organisée des loisirs au sein des populations permet de cultiver des valeurs qui concourent à la cohésion sociale, élément clé de la résilience.

Son point de vue fait bon ménage avec celui de la secrétaire générale de la région de la Boucle du Mouhoun, Adjara Kientega. Représentant le gouverneur à cette conférence régionale, elle a fait comprendre que les loisirs sont un instrument fédérateur, rassembleur d’où l’importance de s’en servir pour parer aux chocs qui déstabilisent la société.

La conférence régionale sur les loisirs tenue cette année 2022 à Dédougou, capitale de la région de la Boucle du Mouhoun, est la quatrième du genre après Bobo-Dioulasso en 2019, Banfora en 2020 et Tenkodogo en 2021.

Yacouba SAMA

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