Africa-Press – Burkina Faso. Cet article projette les grands chantiers de coopération entre la Chine et l’Afrique qui doivent connaître leur vitesse de croisière en 2026 avec l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels qui pointe différents créneaux de coopération. Un accent sera mis aussi sur cette coopération entre la Chine et le Burkina Faso
Les relations entre la Chine et les pays africains ont été structurées via le FOCAC, forum qui regroupe la Chine et 53 pays africains. En effet, lors du sommet tenu à Pékin en 2024, dont le thème était « Joining Hands to Advance Modernization and Build a High-Level China-Africa Community with a Shared Future » a été un moment fort de construction de cette coopération Chine-Afrique. L’un des résultats est l’action de désigner 2026 comme l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels.
Les principaux objectifs de cette Année 2026
Cette initiative vise à renforcer l’amitié tous temps et la solidarité entre la Chine et l’Afrique. En plus on s’attèlera à promouvoir les échanges entre peuples, civils, culturels, scientifiques, éducatifs, touristiques entre la Chine et l’Afrique. (ex: formation, échanges de jeunesse, femmes, médias, etc.). On va s’appuyer sur la modernisation comme thème commun: la Chine s’engage à accompagner l’Afrique dans ses formes de modernisation, en s’adaptant aux conditions nationales africaines. Puis mettre en œuvre des « partenariats d’action » dans divers domaines (éducation, culture, technologie, connectivité, sécurité, etc) dans le cadre du plan 2025-2027.
Pourquoi cette Année 2026 est-elle pertinente? Elle marque un point d’étape: 2026 correspond au 70e anniversaire du début des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. La Chine et l’Egypte ont noué des relations diplomatiques en 1956. Elle essaie d’attirer l’attention des Chinois et des Africains sur l’importance des échanges humains, d’échanges culturels et sociaux et leur force mobilisatrice dans les coopérations économiques et technologiques.
Les grands axes des échanges entre les peuples
L’Année sino-africaine des échanges humains et culturels, axée sur la dimension populaire, l’intégration et le partage, couvrira plusieurs domaines tels que l’éducation, la culture, le tourisme, les sciences et technologies, ainsi que les questions de bien-être public. Elle rassemblera diverses forces, notamment les jeunes, les femmes, les médias et les think tanks, afin de construire une structure d’échanges couvrant de multiples domaines, impliquant divers groupes et favorisant une interaction à multiples niveaux.
Autour des orientations centrales, une série d’activités spécifiques aux caractéristiques distinctives seront organisées: Dans le domaine des échanges de jeunes, sont prévus le Rassemblement de la jeunesse Chine-Afrique, le Forum culturel des jeunes Chine-Afrique, le Dialogue des futurs leaders Chine-Afrique et un concours d’innovation et d’entrepreneuriat pour les jeunes. En matière d’échanges culturels, seront lancés le Mois des échanges de la Route culturelle Chine-Afrique, la Conférence du dialogue des civilisations Chine-Afrique, le Rassemblement des arts martiaux Chine-Afrique, ainsi que des diffusions de programmes audiovisuels, des interactions entre influenceurs en ligne et l’organisation mutuelle d’expositions photographiques et de salons du livre. Dans le domaine de la coopération bénéfique pour les populations, se tiendront la Conférence Chine-Afrique sur la réduction de la pauvreté et le développement, l’initiative « Cent équipes médicales, mille villages » pour les équipes médicales envoyées à l’étranger, et des stages d’échange et de formation pour les responsables locaux africains sur la réduction de la pauvreté, afin de promouvoir la création davantage de jumelages entre villes chinoises et africaines.
Dans le domaine touristique, il s’agira de promouvoir des destinations africaines auprès des touristes chinois. En outre, seront organisés des activités telles que le stage « Modernisation à la chinoise et développement de l’Afrique », le Forum Chine-Afrique sur l’innovation, la coopération et le développement, ainsi que la mise en œuvre de projets d’autonomisation comme le Programme de renforcement des capacités des femmes leaders africaines. L’Année des échanges débutera par une cérémonie d’ouverture au cours de laquelle sera dévoilée la liste des activités clés, et se conclura par une cérémonie de clôture retraçant les résultats obtenus et incluant une performance artistique, formant ainsi un cycle complet d’activités.
La coopération entre le Burkina Faso et la Chine: vers une coopération de « Cerveaux »?
L’horizon 2026 marque la fin de la période de « rodage » de la reprise des relations (depuis 2018). Le Burkina Faso ne se présente plus comme un simple receveur d’aide, mais comme un acteur stratégique qui utilise le partenariat chinois pour accélérer sa propre vision de développement.
La coopération entre la Chine et l’Afrique ne se limite jamais à une coopération de « Béton » (routes et bâtiments), mais pendant longtemps, les échanges culturels ne sont pas suffisamment valorisés par rapport aux échanges économiques. L’année 2026 inaugure l’ère du « capital intellectuel ». En plaçant les échanges peuple à peuple au sommet de l’agenda, la Chine et l’Afrique reconnaissent que la pérennité de leur alliance repose sur un respect réciproque en matière de civilisation et sur une bonne compréhension entre la jeunesse, les chercheurs et les entrepreneurs.
Le Burkina Faso peut s’appuyer sur l’Année des échanges humains entre la Chine et l’Afrique pour aligner précisément les ressources autour de quatre dimensions clés, transformant ainsi les échanges humains en moteur de développement. L’approche centrale repose sur « utiliser les plateformes, promouvoir les projets et assurer la durabilité ».
Les recommandations spécifiques sont les suivantes:
1. Renforcer l’éducation et la formation des talents: Organiser des cadres dans des domaines tels que l’agriculture, l’énergie et les technologies numériques pour participer aux programmes de formation chinois ; promouvoir la création de centres d’enseignement professionnel ou de plateformes « chinois + compétences professionnelles » en collaboration avec des institutions locales, et partager des ressources éducatives numériques ; approfondir la coopération universitaire pour former conjointement des talents et établir des centres de recherche.
2. Favoriser les liens industriels et économiques: Profiter des activités culturelles pour organiser des rencontres ciblées dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture, attirer les investissements des entreprises chinoises dans des projets tels que les parcs solaires et agricoles ; mettre en relation de jeunes entrepreneurs avec des ressources chinoises dans le numérique et le commerce électronique pour développer de nouvelles activités comme le commerce transfrontalier ; promouvoir les produits locaux caractéristiques et faciliter la reconnaissance mutuelle des normes commerciales.
3. Approfondir la coopération culturelle, touristique et médiatique: Inviter les professionnels du tourisme et de la culture à participer à des formations chinoises, co-créer des circuits touristiques et organiser des événements comme des semaines culturelles ; participer à des programmes de coopération audiovisuelle et éditoriale, coproduire des contenus médiatiques et traduire des œuvres locales ; former des influenceurs locaux pour promouvoir le tourisme et les industries spécialisées.
4. Améliorer les conditions de vie et les capacités de gouvernance: S’inspirer de l’expérience chinoise en matière de réduction de la pauvreté et mettre en œuvre des projets pilotes tels que le commerce électronique rural ; obtenir des dons d’équipements médicaux et des formations pour le personnel soignant, renforcer la participation des femmes à la gouvernance ; favoriser les jumelages de villes et la collaboration avec les organisations civiles pour élargir les canaux de ressources.
En somme, 2026 est l’année de l’enracinement. Elle offre au Burkina Faso une plateforme unique pour projeter sa culture et ses talents sur la scène mondiale, tout en accélérant sa transformation structurelle.
Pr Alain-Joseph SISSAO, Directeur de recherche, Institut des Sciences des Sociétés (INSS) Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST),
Source: lefaso
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