
Au Tribunal correctionnel de Koupéla, les débats ont été marqués par la présentation d’audios et de captures d’écrans versés par le parquet. Confronté aux éléments extraits de son téléphone, Alban Somé a contesté leur exploitation sans son consentement, tout en reconnaissant le don de 500 000 francs CFA de Désiré Nikiema. Les magistrats ont par ailleurs déclaré l’origine et l’acquisition de leurs biens.
Après les longs débats du jour sur les pièces apportées par le parquet, le président a autorisé que les preuves soient présentées. Des audios et captures d’écrans de M. Alban Somé. A la question de savoir s’il reconnaît les éléments extraits de ses conversations avec Désiré Nikiéma, le prévenu soulignera ne pas vouloir répondre à toute question en lien avec les éléments extraits de son téléphone, car ayant été extraits sans son consentement.
A la barre, M. Nikiéma a été confronté aux audios. Il explique avoir effectivement donné de l’argent au juge Somé, mais seulement à l’occasion de la fête de Paques. « J’ai eu à cœur de lui donner 500 000 francs CFA parce que Dieu est passé par lui pour ressusciter ma carrière. Il n’y a aucun lien entre le fait qu’il ait traité mon dossier et le don que je lui ai fait » a-t-il clarifié. Il ajoute en outre que si le droit est dit en sa faveur pour cette fois-ci, il sera reconnaissant vis-à-vis du président.
Dans les audios, on peut aussi entendre des audios, que M. Nikiéma appelle couramment le juge Somé, « grand père ». A la question de savoir la raison de cette appellation, le prévenu répondra que les dagara sont les grands parents des mossé. C’est seulement à ce titre qu’il l’appelait ainsi. « Si j’avais soudoyé le juge, je n’aurais pas évoqué le nom de Dieu dans notre affaire » a insisté M. Nikiéma devant la barre du tribunal correctionnel de Koupéla.
Rappelé à la barre, le juge Somé a fait l’état de ses biens immobiliers au Tribunal. Il possède deux terrains à Dano, acquis en 2015 et 2025. « Le premier m’a coûté 3 millions. Le second 7 775 000 francs CFA. J’ai un autre terrain à Oronkua. Je ne l’ai pas acheté. C’est une attribution de la mairie. Un terrain acheté à Bobo à 6 millions en 2015. Un terrain acheté et Bâti à Loumbila, à 5 millions. J’ai un autre terrain à Nioko 2, un don d’un ami », a-t-il détaillé.
Par ailleurs, il rappelle totaliser bientôt treize années de service et a acquis tous ses biens par prêt bancaire. « Je n’ai pas d’héritage. J’ai payé un véhicule en 2015 à 3 500 000 francs CFA… Les 500 000 francs que j’ai reçus n’ont pas été utilisés pour acquérir un bien, seulement dans les dépenses de la vie courante… Ces déclarations sont aussi disponibles à l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) », a-t-il rappelé.
Les autres prévenus dans le cadre de cette affaire se sont succédé à la barre puis se sont prêtés au même exercice, avant que le Tribunal ne déclare les débats clos. L’audience reprend le jeudi 12 février 2026, à 9h.
Erwan Compaoré