Africa-Press – Burkina Faso. À l’audience, la défense de Urbain Meda a contesté avec fermeté l’infraction d’acceptation de cadeau indu retenue contre le magistrat. Les douaniers cités dans la procédure ont, selon ses avocats, déclaré ne pas le connaître et n’avoir jamais cherché à influencer une quelconque décision. Les conseils ont dénoncé l’absence d’éléments matériels probants et critiqué la méthode d’administration de la preuve du parquet, évoquant des déclarations obtenues sous la contrainte et une tentative de renversement de la charge de la preuve. Ils ont ainsi plaidé sa relaxe, au nom du respect strict des principes du droit.
Pour ce qui est de l’infraction d’acceptation de cadeau indu, les douaniers ont tous déclarés à la barre, ne pas reconnaître Urbain Meda. « Tous l’ont dit. Ils ne le connaissent pas. On attend maintenant que la partie poursuivante nous apporte des éléments concrets qui montrent que ce sont eux qui ont apporté un avantage quelconque à Urbain Meda, en vue d’influencer la décision qu’il viendrait à prendre », a-t-il rappelé.
Selon ses dires, le ministère n’a jusque là pas prouvé ce qu’il a reçu de manière concrète. « S’il a reçu quoi que ce soit, venez nous le prouver. Brandissez cela devant la juridiction, et nous on va le défendre sur cela… Mais vous n’apportez pas des éléments sur ça. Pour nous, cette infraction ne saurait être caractérisée » a-t-il estimé, avant de plaider pour la relaxe de son client.
Me Adama Kondombo dans sa plaidoirie, dit regretter du parquet le mode d’administration de la preuve qu’il a utilisée. « Moi j’aurais souhaité qu’on codifie le fait que lorsqu’un citoyen burkinabè va commettre une infraction, qu’on l’enlève et qu’on le torture pour obtenir des preuves, afin que nul n’en ignore ; afin que la conscience collective soit préparée. Mais tant qu’on a notre boussole qui est le code, qu’on le respecte », a-t-il exhorté.
Il souligne par ailleurs que le procureur a comme cautionné ce mode d’administration de la preuve. » Le parquet a dit ici qu’il faut renverser la charge de la preuve, considérer des déclarations obtenues sous la base de torture, de détention arbitraire… Voici les modèles de preuve rapportés dans ce procès par le parquet », a-t-il déploré avant de conclure: « le jour où ce sera vous-même, votre proche, ne criez pas au scandale, parce que c’est ce que vous avez voulu ! »
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