Benjamin Roger
Africa-Press – Burkina Faso. Parmi eux, le lieutenant-colonel Evrard Somda, ex-chef d’état-major de la gendarmerie nationale, qui a été enlevé le 14 janvier à son domicile de Ouagadougou par des hommes armés en treillis.
Quatre mois après l’annonce d’une tentative de coup d’État contre Ibrahim Traoré, la tension est à nouveau palpable à Ouagadougou. Dimanche 14 janvier, le lieutenant-colonel Evrard Somda a été enlevé à son domicile de Ouagadougou par des hommes armés en treillis. Chef d’état-major de la gendarmerie nationale, il avait été démis de ses fonctions début octobre pour son implication présumée dans l’affaire de déstabilisation survenue fin septembre. Selon un de ses proches, il a été emmené avec son chauffeur sans opposer de résistance. Depuis, il reste introuvable.
La veille, en début de soirée, plusieurs dizaines d’individus avaient investi le rond-point des Nations unies dans le centre-ville de la capitale, répondant à l’appel lancé sur les réseaux sociaux par des partisans de la junte d’Ibrahim Traoré. D’après eux, un nouveau « complot » contre le régime est en préparation – certains allant jusqu’à évoquer un projet « d’assassinat » du président de la transition. Selon nos informations, outre Somda, au moins trois militaires ont été arrêtés le 13 janvier en lien avec cette affaire. D’autres sont toujours recherchés.
Quelques civils ont aussi été interpellés. Parmi eux, Prosper Bassolé, le directeur de cabinet de Mahamadou Bonkoungou, influent homme d’affaires et patron du groupe Ebomaf, qui a été enlevé par des individus armés ce lundi 15 janvier, vers 6h, à son domicile de Ouagadougou.
Plusieurs officiers arrêtés ou écartés
Fin septembre, quatre officiers avaient déjà été arrêtés dans l’affaire de tentative de déstabilisation de la transition – un autre avait été tué lors de son interpellation quelques jours plus tard. Ces hommes sont toujours en détention. Dix autres autres officiers, suspectés d’avoir pris part à ce projet, ont été envoyés fin décembre pour deux ans et demi de « stage » en Russie contre leur volonté.
Depuis cette affaire, Ibrahim Traoré a nettement renforcé son dispositif de sécurité pour protéger son régime. Il a notamment accéléré son rapprochement avec Moscou, qui a dépêché plusieurs dizaines d’éléments à Ouagadougou où certains apportent un soutien technique et opérationnel à l’Agence nationale de renseignement (ANR).
Source: JeuneAfrique
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